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Le public normand attendait depuis 2013 le retour des plus beaux voiliers du monde. Pendant une dizaine de jours, « L’Armada » a fait revivre les plus belles heures de l’histoire maritime rouennaise. En vain ?
Depuis que les conteneurs, les silos et les grues se sont déplacés plus en aval de la Seine, vers Petit-Couronne, les rives de la nécropole des ducs de Normandie se sont transformées en promenade. Les bars et les commerces donnent une seconde vie aux docks. Mais la Seine, canalisée par des pénétrantes routières, coupe la ville en deux. La rive droite, ancienne et bourgeoise, toise toujours la rive gauche, populaire et reconstruite après la guerre.
Jean-Claude est chauffeur poids lourd et fait quotidiennement la route entre Maromme et Le Tréport. Ce samedi, il est venu en famille voir les goélettes, gréements et trois- mâts parmi lesquels le Belem, la Belle-Poule ou l’Hermione. Sa fille, piercing vert sur la langue, attend de pouvoir sortir du navire-école de la flotte brésilienne, mais elle a pu faire un selfie avec un matelot: «Les Russes sont nettement moins accueillants », soupire Cindy. Chaque équipage rivalise pour donner le plus de lustre à ses couleurs mais le rythme des visites est harassant. Quelques badauds se laissent distraire par un clown immobile. Des vedettes de la chanson se succèdent sur scène : Magic System, Benabar, L.E.J ou Dadju. La foule se presse enfin pour le feu d’artifice.
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Les collectivités locales qui financent l’événement ne veulent pas faire de l’armada un banal rendez-vous culturel et historique, mais insistent sur les retombées commerciales et les chiffres de la fréquentation. « Sept soirées exceptionnelles de musique et de danse sont prévues », s’enthousiasme Le Courrier cauchois. On apprendra donc peu de choses sur la marine à voile : il ne faudrait pas que les millions de visiteurs s’ennuient à regarder de jolis voiliers.
Texte Hadrien Desuin
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