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Retour sur la place importante des prostituées dans la Bible. Le Père Laurent Sentis précise le point de vue de l’Église sur le plus vieux métier du monde.
Qu’une femme accepte une relation sexuelle avec un homme en échange d’une contrepartie financière, c’est semble-t-il une pratique aussi ancienne que l’humanité et répandue à peu près partout. Cette pratique ne fait pas en général l’objet de louanges. On peut toutefois constater une certaine discrétion de la Bible dans la condamnation de la prostitution. Ce qui fait l’objet d’une condamnation réitérée, c’est en fait l’adultère, tout particulièrement l’infidélité de l’épouse. Celle-ci est perçue comme une injustice grave à l’encontre du mari, à cause des enfants illégitimes. Cette extrême sévérité à l’égard de l’adultère féminin est présente dans la Bible comme dans la plupart de cultures.
En même temps, l’existence de femmes non mariées se livrant à la prostitution ne retient guère l’attention des législateurs.
En même temps, l’existence de femmes non mariées se livrant à la prostitution ne retient guère l’attention des législateurs. Tout se passe comme si l’on admettait cette activité non comme un bien, mais comme une réalité inévitable. Ce qui est condamné, ce n’est pas la prostitution comme telle, mais par exemple le fait pour un homme de livrer sa fille à la prostitution (Ex 19,29). La Bible évoque souvent la prostitution comme symbole de l’idolâtrie. Si la prostitution n’est jamais louée, la Bible nous présente une prostituée de façon étonnamment positive. Il s’agit de Rahab (Jos2,1-21). Celle-ci est même nommée dans la généalogie de Jésus (Mt 1,5). Ainsi sans doute est préparée la célèbre remarque de Jésus sur les prostituées qui précèdent les pharisiens au royaume des cieux (Mt 21,28-32). Par Sa Parole Dieu montre que le pécheur peut espérer en Sa miséricorde.
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Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) dit que la prostitution porte atteinte à la dignité de la personne qui se prostitue. Prise comme telle elle est gravement peccamineuse. Pour une juste évaluation morale il convient de tenir compte des circonstances (misère, chantage, pression sociale) pouvant atténuer la gravité de la faute. En revanche celui qui paie fait l’objet d’un jugement moral plus sévère et plus explicite. Le CEC signale en outre que la prostitution peut concerner des enfants et des adolescents. Il précise qu’alors ce fléau social se double d’un scandale. Non seulement nous approuvons ce jugement mais nous percevons l’urgence de dénoncer ce scandale et d’agir efficacement pour l’éradiquer.
Père Laurent Sentis
La prostitution en chiffres
En France, il y aurait:
30000 à 40000 prostitués dont
85 % de femmes
15 % d’hommes, « transgenres » compris
93 % de prostituées étrangères dont :
43 % d’Europe de l’Est (Roumanie, Bulgarie)
39,5 % d’Afrique noire (Nigeria, Ghana)
La « quasi-totalité » victime de trafic d’êtres humains
15 % de mineurs identifiés en 201762 % d’actes négociés par internet, 30 % dans la rue et 8 % en salon, bar à hôtesses…
3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel
soit 86 000 euros par prostitué(e) 853 millions d’euros annuels d’évasion fiscale
100 policiers et gendarmes luttant contre la traite et l’évasion fiscale
Sources: Rapport de l’OCRTH 2014 Enquête Nid/Pystel ProstCost 2015 Rapport « France » Fondation Scelles 2019
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