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La playlist du fabo

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Publié le

19 juillet 2019

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Notre fabo, après avoir durement travaillé à redresser la France toute l’année, a bien besoin de souffler. Il part donc dans l’un de ses lieux de villégiature favoris, en compagnie de ses amis. Mais pour accompagner d’amicales bacchanales, il faut une bande-son. Or, la lyre d’Apollon semble un peu dépassée de nos jours. Alors au réveil, pour se mettre en forme, le fabo optera pour le Dies Irae, de Verdi. Pour une bonne journée de détente, il faut être tôt sur le pied de guerre, et non lézarder ! Car vient vite l’heure de l’apéro, le premier, pendant laquelle le fabo et ses amis se galvaniseront en écoutant, selon la sensibilité, « Chouans », ou « Camerone », de Jean-Pax Méfret.

 

 

Après avoir descendu quelques bouteilles d’un bon blanc sec, nos fabos un peu grisés pourront allègrement se diriger à table, où les aliments valseront au gré d’un Nino Ferrer. « Le Sud » peut se tolérer si l’on se trouve dans la région, mais les esthètes préféreront « Fallen Angels », morceau certes en anglais, mais tiré du méconnu Blanat. Le repas devant forcément tirer jusqu’au dessert, puis au pousse-café, on conseillera l’écoute d’« Opium », de Jacques Dutronc. À ce moment, il est déjà quatorze heures, le soleil est à son zénith. Il est temps de se retirer à l’ombre, écouter une musique plus crépusculaire. « La marche des arthropodes », de Teknomom, semble tout indiquée, par sa durée (près de 30 minutes), et sa froideur de rigueur. On se repose un peu, on lit, on somnole…puis vient l’heure de se réveiller. Pour cela, un seul médicament possible : « La marche des Scythes », de Joseph-Nicolas-Pancrace Royer. De quoi attaquer sereinement l’apéritif, pour lequel « L’an Mil », de Michel Sardou, est obligatoire, surtout si on a la chance de se trouver à l’ombre de vieilles pierres ou de croix millénaires.

 

Lire aussi : L’Été du fabo

 

Selon son âge, le fabo choisira de sauter le dîner, ou non. S’il fait partie de la vénérable génération qui a besoin de se sustenter en fin de journée, on ne peut que lui conseiller l’écoute de Midnight Radio, de Bohren & Der Club of Gore, ou de la bande-originale de Mulholland Drive. S’il choisit de passer directement au deuxième apéro, vient le moment d’une musique plus agressive. Car il va falloir passer à l’attaque de la soirée. Pour cela, « La Chouanne », dans la version de Forbidden Site (l’originelle, indépassable), ou d’Anorexia Nervosa. Il pourra ensuite aller, l’esprit conquérant, se mêler à ses concitoyens (dont il n’a pas peur, contrairement à son pendant le bobo), voire aux quelques touristes étrangers passant par là. Embrassant son esprit gaulois, il expliquera, au son de « Vive la France », des Musclés, à cette Américaine que « bien sûr que les Américains sont allés sur la Lune, mais on est quand même mieux au bras d’une belle brune ». La soirée s’échauffant, la griserie montant, il sera alors temps de passer à l’arme d’unification massive : « Les lacs du Connemara », de Michel Sardou. Et après avoir prouvé sa supériorité sur la piste de danse, il sera temps d’écouter « Le temps béni des colonies », du même artiste.

 

En rentrant chez lui, le fabo chantera hardiment « Vive Henri  IV », en appuyant tout particulièrement sur ces mots : « Au diable guerres, rancunes et partis, comme nos pères, chantons en vrais amis, au choc des verres, des roses et des lys ». Car le fabo est bon perdant, mais il est encore meilleur gagnant.  

 

 

 

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