L’Été du fabo

@ Louis Lecomte pour L'Incorrect - Dessins de Romée de Saint-Céran

Le fabo, qui était-il ? C’est vous, c’est nous. Du moins c’est comme cela que nos confrères de Technikart nous ont nommés, en nous agrafant comme un pin’s des années 80 à leur Une. Un besoin soudain de montrer au monde qu’ils étaient encore vivants, eux, ces pauvres cultureux de la rive gauche que la France avait oubliés.

 

Un fabo donc, un facho-bohème, l’extrême droite à basket précisent-ils en sous-titre. Certes la diffamation comme l’insulte sont leurs armes principales, mais tout de même, se faire taxer de bohème, avouez que c’est baroque, d’autant que même lors de nos footings matinaux nous gardons nos santiags aux pieds. « Nommer appartient au domaine réservé du souverain », écrivait Sun Tzu, nous les laisserons donc profiter de la couronne qu’ils se sont octroyée sans autorisation encore quelque temps et acceptons ce titre d’ennemi officiel. Nous sommes des fabos, mais encore faut-il nous ausculter des pieds à la tête, car nous ne nous satisfaisons pas d’être simplement désignés fébrilement du doigt comme on le faisait autrefois, au temps des années les plus sombres.

 

Rien de plus naturel donc que de commencer par les vacances, le moment du lâcher-prise, où le fabo baisse la garde et se révèle aussi bio qu’un navet de permaculture et équitable qu’un café Max Havelaar. 

 

Retrouvez notre dossier à découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et tout l’été en ligne pour les abonnés.

 

 Arthur de Watrigant

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adewatrigant@lincorrect.org

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