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Cancel culture : la revanche des sauvages

En 2019, les membres d’un obscur conseil scolaire canadien ont rendu à « Mère Terre » les cendres d’ouvrages considérés comme « insultants » et vecteurs de préjugés envers les autochtones. Des révolutionnaires qui effraient plus par leur nullité que par leur radicalité.

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© DR

Le wokisme a encore frappé, et ce qui était d’abord un scandale est devenu un cirque. Cela a commencé en 2019, lorsque le Conseil scolaire catholique Providence (CSCP), un réseau d’écoles francophones de l’Ontario au Canada, avait recensé 30 000 livres à retirer de leurs bibliothèques, car jugés racistes à l’égard des autochtones, dont 5000 ouvrages voués à la destruction par le feu et le déchiquetage.

Cette opération intitulée Redonnons à Mère Terre fut menée par un comité dont les membres – qui n’ont pas encore été dévoilés – proviendraient du CSCP et réunirait des accompagnateurs autochtones ainsi que des représentants du ministère de l’Éducation (ce dernier a nié toute participation). Il y a, à leur tête, la « Gardienne du savoir » Suzy Kies, qui se veut responsable du rassemblement de toutes les connaissances autochtones. Chercheuse indépendante qui se dit d’ascendance indienne, elle est aussi coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada depuis 2016. Ensemble, les membres ont énuméré les bandes-dessinées, romans, encyclopédies et ouvrages d’histoire qui, dans un but « éducatif » lors de cérémonies spirituelles, devaient être réduits en cendres, puis en engrais. En effet, le comité souhaitait planter des arbres sur les terrains des écoles et ainsi faire d’une pierre trois coups : transformer « le négatif » de la discrimination raciale en « éléments nutritifs » au moyen d’une « purification par la flamme » ; faire croître un arbre afin de remplacer ceux qui furent abattus pour la fabrication des livres interdits ; et, finalement, envoyer un signal fort, un « geste d’ouverture envers les autres communautés présentes dans l’école et notre société », selon Lyne Cossette, porte-parole du CSCP. Un projet à encourager auprès des autres minorités, donc.

La porte-parole a annoncé regretter la collaboration avec une imposteuse, sans pour autant remettre en question l’acte en tant que tel, abominable, de brûler des livres

Qu’est-ce qui, à leurs yeux, justifie cet incendie ? Les personnages autochtones dans les bandes-dessinées telles que Lucky Luke, Tintin en Amérique ou Astérix et les Indiens y seraient perçus comme toujours trop méchants ou exotiques ; les ouvrages de fiction, eux, sont responsables entre autres d’avoir répandu des informations « erronées » ;  le livre d’histoire La Conquête de l’Ouest : les Amérindiens, les pionniers et les colons fut, lui, détruit puisque le mot « Conquête » dans le titre évoquait trop le rabaissement. Plusieurs autres livres au sujet des Indiens ont fait les frais de cette purge tout simplement parce que les auteurs n’étaient pas eux-mêmes autochtones. « Jamais à propos de nous, sans nous », résume madame Kies. [...]

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