Pour son premier film, l’audacieux Romain Quirot ambitionne de s’incruster sur le terrain de jeu favori d’Hollywood, la science-fiction. Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie. Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît. Si le Dernier Voyage souffre de sérieux problèmes d’écriture, entre dialogues simplistes et quelques trous scénaristiques, il offre pourtant l’une des plus belles propositions de cinéma de ces dernières années.
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Si les premières minutes lorgnent chez Mad Max et Melancholia, le voyage de Quirot s’échappe rapidement de ses lourdes références pour offrir un univers singulier fait de souvenirs dans un noir et blanc somptueux et de paysages post-apocalyptiques filmés comme un western. Ses images imprègnent la rétine, on pense au Petit Prince, ses comédiens croient dur comme fer à leurs personnages et la dernière ligne droite embarque tout sur son passage dans un onirisme épique assumé. Et lorsqu’on ose chorégraphier des bastons dans un rade miteux paumé dans le désert avec Eddy Mitchell en bande son et terminer sur du Barbara, on se dit que c’est beau les voyages, même à la fin du monde :« Ah ! Les voyages, Aux rivages lointains, Aux rêves incertains, Que c’est beau, les voyages Qui effacent au loin Nos larmes et nos chagrins, Mon Dieu ! Ah ! Les voyages. Comme vous fûtes sages De nous donner ces images ».
Le dernier voyage (2021) de Romain Quirot avec Hugo Becker, Lya Oussadit-Lessert et Paul Hamy





