Comme par hasard, c’est à partir des années 30, que les premières mesures répressives envers les protestants sont prises par le pouvoir royal. Henri II fait sienne cette fermeté paternelle quand il monte sur le trône en 1547, mais le culte réformé gagne toujours plus de terrain, surtout dans les élites.
En réaction, certains catholiques durcissent leurs positions.Le drame s’échauffe. Tant que le roi est fort, il somnole encore. Seulement Henri II meurt lors d’un tournoi en 1559. Il laisse une veuve et quatre fils. La veuve, c’est l’indécise Catherine de Médicis. Le premier fils s’appelle lui François II ; il n’a que quinze ans, et une santé fragile. Il meurt en quelques mois et laisse le pouvoir à son cadet, Charles IX, dix ans à peine. La cour se déchire entre les partis : catholiques menés par les Guise, protestants par les Condé, « politiques » qui veulent d’abord préserver l’unité du royaume et la grandeur de l’État, et Médicis qui s’affole au beau milieu de tout ça, se précipitant d’un camp à l’autre. Les murs ne tiennent plus, alors l’épée peut parler.
Lire aussi : Bataille d’Eylau : la cavalerie s’élance
C’est chose faite ce dimanche premier mars 1562. Le duc François de Guise revient de ses terres lorraines vers Paris, accompagné d’une large escorte armée. Alors qu’il traverse la Champagne, il avise dans le bourg de Wassy, encore sous sa suzeraineté, une grange où est célébré un culte protestant. Or les réformés n’ont selon un édit récent pas le droit de pratiquer leur religion à l’intérieur des villes. Guise envoie des messagers vers la grange signifier aux fidèles d’appliquer la règle. Ces derniers sont reçus par des insultes puis des jets de pierre. Guise, en retrait à quelques mètres, en reçoit une lui aussi.
C’en est trop pour celui qui est un des hommes les plus puissants du royaume. Il prend d’assaut la grange à la tête de ses hommes et massacre une cinquantaine de protestants, femmes et enfants compris, et en blesse autour de deux cents. Immédiatement, l’affaire enflamme un royaume qui n’attendait quelle. À son retour dans la capitale, Guise est accueilli en héros par le petit peuple parisien, farouchement fidèle à Rome. Dans beaucoup de villes, les catholiques imitent le duc et assassinent massivement les protestants. Ces derniers, déjà organisés clandestinement en milice depuis plusieurs années, réagissent promptement et s’emparent de plusieurs cités majeures comme Lyon, Poitiers et Rouen, à l’époque deuxième ville du royaume. La France est coupée en deux, et Guise force la main à la famille royale pour diriger la reconquête anti-protestante. Celle-ci occasionne un an de combats particulièrement durs, qui ne prennent véritablement fin qu’avec la mort sous les balles de François de Guise, qui permet à Catherine de Médicis de négocier une fragile paix de compromis avec les protestants, qui ne durera que quatre ans.





