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Le pape François et l’Orient

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Publié le

9 mai 2025

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Décédé le 21 avril dernier, le pape François n’a pas manqué, tout au long de son règne, d’évoquer et de prier pour les chrétientés orientales persécutées et martyrisées. Rapide rétrospective d’un pontificat, vu d’Orient.
© DR

Élu depuis quelques mois seulement et alors que la guerre en Syrie fait rage, le pape François convoque place Saint-Pierre une veillée de prières tout spécialement à l’intention de la « Syrie bien-aimée et martyre ». Le 7 septembre 2013, près de 100 000 personnes répondent présent à Rome, tandis que l’événement est relayé dans le monde entier. Dans le même esprit, au printemps 2014, son premier voyage est en Terre Sainte. Cette attention particulière ne se dément pas. Ainsi, en octobre dernier, il consolait encore les habitants du Proche-Orient touchés par la guerre, leur déclarant notamment : « Je suis avec vous, habitants de Gaza, meurtris et épuisés, qui êtes chaque jour dans mes pensées et mes prières. » Et de demander une nouvelle journée de jeûne et de prière à leur intention.

Afin de marquer cette affection aux catholiques de rites orientaux, il crée plusieurs cardinaux issus de ces chrétientés. C’est le cas en 2015, avec le cardinal Berhaneyesus, archéparque d’Addis-Abeba, en 2018, avec le patriarche des chaldéens Louis-Raphaël Ier, ou encore fin 2024, avec le cardinal Bychok, évêque gréco-catholique ukrainien en Australie.

Un voyage historique en Irak

Mais si, vu d’Orient, il fallait garder une image du pontificat du pape François, ce serait sûrement celle de son voyage en Irak, en mars 2021. Premier déplacement du Souverain pontife après les restrictions du COVID, ce déplacement est aussi le premier d’un pape dans cette région, « la terre des deux fleuves, la patrie d’Abraham », comme il l’écrit dans son autobiographie Espère. « Tant que je vivrai, continue-t-il dans le même ouvrage, l’Irak restera toujours en moi : nous devons nous montrer dignes de l’engagement de ces chrétiens et du sacrifice de ce peuple. »

Lire aussi : François, le pape des ruptures : entretien avec Christophe Dickès

En Irak, le pape François est très touché par ses visites à Mossoul et à Qaraqosh, des villes portant encore les stigmates de la présence de l’État islamique : maisons incendiées, églises détruites, statues martelées, etc. Il est aussi marqué par les témoignages de plusieurs familles irakiennes et notamment par celui d’une mère ayant pardonné aux bourreaux de ses enfants. Là, il demande aux chrétiens d’Irak de pardonner, de garder l’espérance et de reconstruire. Une position qui peut sembler en contradiction avec certains de ses propos sur l’immigration qu’il tient en Europe.

À l’intention des autorités politiques, il rappelle que « la présence très ancienne des chrétiens sur cette terre et leur contribution à la vie du pays constituent un riche héritage qui veut pouvoir se poursuivre au service de tous. Leur participation à la vie publique, en tant que citoyens jouissant pleinement de droits, de liberté et de responsabilité, témoignera qu’un sain pluralisme religieux, ethnique et culturel peut contribuer à la prospérité et à l’harmonie du pays ».

Enfin, durant ses douze années de règne, le pape François établit de nombreux liens avec les Églises orientales séparées de Rome. À Cuba, le 12 février 2016, il salue le patriarche Cyrille de Moscou. À plusieurs reprises, il rencontre Théodore II, pape copte orthodoxe d’Alexandrie, réunissant ainsi les « successeurs de saint Pierre et de saint Marc ». De ces rencontres est rendue possible la vénération des reliques des vingt-et-un martyrs coptes, égorgés par l’organisation de l’État islamique sur une plage de Syrte, le 15 février 2015.

Ce 20 avril, grâce à la concordance exceptionnelle des calendriers julien et grégorien, catholiques et orthodoxes ont fêté Pâques le même jour. Le pape François souhaitait travailler avec les patriarches orthodoxes à unifier la date de Pâques. C’est un chantier qu’il n’a pas pu terminer…

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