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Le repas estival du fabo

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Publié le

28 juillet 2019

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Pour assurer le succès de sa table familiale, le fabo s’appuie pendant ses vacances sur deux ouvrages indispensables à toute activité estivale de bouche. D’abord La cuisine de Caroline (La Table Ronde, 370 p. – 8,70 €), incontournable livre de recettes rassemblées par Caroline Haedens, la femme de Kléber, qui faisait le bonheur des déjeuners de Roger Nimier et Antoine Blondin quand ils descendaient chez leurs amis du Lauraguais, au pied des Pyrénées. Le fabo y trouve l’incontournable recette du cassoulet, celle de la choucroute ou encore celle de la bouillabaisse.

 

Les plats y sont roboratifs et Charles Maurras ou Léon Daudet y trouveraient leur bonheur. Bon, pour la ligne on repassera, mais le fabo n’est pas filiforme, il laisse ça aux autres, ceux qui bectent des graines en lisant Derrida. L’autre livre, c’est le Petit Lapaque des vins de copains (Actes Sud, 208 p., 16,30 €) écrit par un gastronome illibéral bernanosien qui hante les pages du Figaro littéraire, de la Revue des Deux mondes et du Monde diplomatique. En conséquence le fabo commande le vin naturel du domaine ardéchois du philosophe paysan Gustave Thibon, le Mas de Libian (07700 Saint-Marcel-d’Ardèche), exploité de fort belle façon par Hélène Thibon, sa petite-fille. Il se délecte également des cuvées du domaine des Terres promises (Chemin de la Persévérance, 83136 La Roquebrussanne) élaborées par Jean-Christophe Comor, qui fut dans une autre vie un cadre politique souverainiste, servant tour à tour Philippe Séguin, Charles Pasqua et Jean-Pierre Chevènement.

 

Lire aussi : L’été du Fabo

 

Bistronomie et vin naturel sont donc les deux mamelles du fabo qui sait ainsi réconcilier sans modération aucune la vraie tradition et l’esprit tendance. On comprendra donc que la période de la « nouvelle cuisine » pourtant promue il y a 40 ans par deux réactionnaires patentés (Henri Gault et Christian Millau) soit considérée par le fabo comme celle des heures les plus sombres de notre histoire culinaire. Quant aux bordeaux trop boisés qui sévissent depuis les années 1980, ils sont évidemment proscrits de la table de notre ami.  

Jérôme Besnard

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