En 2015, les candidats du Rassemblement national y avaient cru. Sérieusement. En tête, et souvent largement, dans onze cantons sur les dix-sept que compte le département, présents partout au deuxième tour, il ne leur restait plus qu’à transformer l’essai. Las. Une semaine plus tard, seuls six élus des cantons de Carpentras, Le Pontet et Monteux faisaient leur entrée au Conseil départemental. Insuffisant pour peser sur l’élection du président face à la gauche et à la droite même en y ajoutant les quatre élus de la Ligue du Sud. Finalement, le LR Maurice Chabert avait été élu à la tête du département. Au bénéfice de l’âge. Six ans plus tard, le RN ne veut plus laisser passer son tour. Pour cela, il compte surfer sur l’« effet Mariani », qui conduit la liste RN pour les élections régionales en Paca. Mariani est un Vauclusien pur jus. Maire de Valréas durant seize ans, longtemps conseiller général et député dans le département, il y conserve une notoriété que les candidats RN entendent bien faire fructifier.
Pour accéder au second tour, le mode de scrutin contraint les candidats à recueillir les suffrages de 12,5 % des électeurs inscrits.
« Thierry Mariani est un bon booster pour une campagne », nous confirme Hervé de Lépinau, candidat sortant à Carpentras, qui vise même « le grand chelem » : le département et la région ! Un sondage Opinion Way donne Mariani gagnant au second tour. Les autres études le donnent au coude à coude avec le président sortant, Renaud Muselier (LR).
Peu d’électeurs = pas de triangulaire
Sur le papier, le département, c’est jouable. André-Yves Beck, responsable pour le RN de la campagne des départementales, a pointé des victoires possibles dans douze cantons. Un objectif ambitieux ? Sans doute. Mais qui pourrait être servi par l’abstention. Pour accéder au second tour, le mode de scrutin contraint les candidats à recueillir les suffrages de 12,5 % des électeurs inscrits. Mais le candidat arrivé en deuxième position est automatiquement « repêché », quel que soit son score. Un tel scénario peut profiter au RN. Si ses candidats arrivés en tête au premier tour, comme en 2015, se retrouvent seuls face à la gauche, aux écologistes ou aux macronistes, ils pourront tirer leur épingle du jeu dans un département où l’électeur de droite vote sans état d’âme pour un candidat du Rassemblement national. Et ce d’autant plus, ajoute Hervé de Lépinau, qu’« aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui est diabolisé, pas nous! ».
Lire aussi : Investitures RN en Nouvelle-Aquitaine : choix logiques ou parachutages ?
Une liste pro-Zemmour menée par Bompard
Reste la question des Bompard. Jacques Bompard, qui vient de se réconcilier avec Jean-Marie Le Pen, demeure fâché à mort avec le RN. En 2015, les quatre élus de la Ligue du sud avaient fini néanmoins par voter pour Lépinau à la présidence du département. Qu’en sera-t-il cette année ? Dans la famille Bompard, Yann, fils et premier adjoint du maire d’Orange, sera à nouveau candidat. Avec de bonnes chances de l’emporter. Marie-Claude, l’épouse, a annoncé à ses proches qu’elle sera candidate à Bollène. Une élection compliquée pour celle qui a perdu sa mairie l’an passé. En face, avec l’espoir de conquérir le canton ou au moins de la faire trébucher, le RN envoie une de ses anciennes adjointes. Marie-Claude Bompard sera également la tête de liste départementale, aux élections régionales, d’une liste voulant pousser Éric Zemmour à se présenter à la présidentielle ! Si la liste sort à 3 % sur l’ensemble de la Paca, pas sûr que ça ait l’effet escompté.





