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Le tonton Germain

Mitterrand, en signant le traité de Maastricht, a ouvert les portes au déclin de la souveraineté nationale. Cette union entre les pays européens profite à l'Allemagne dont la France est comparée à une femme battue.

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À l’aube de sa vie publique, François Mitterrand s’engage en tant que fonctionnaire du gouvernement de Vichy. Il s’investit notamment au sein de la Légion française des combattants – pour un organe de propagande né d’un armistice, un tel intitulé frise l’ironie. Jusqu’en 1943, Tonton tète le téton teuton ; puis il tourne casaque quand le vent de la guerre change définitivement de cap. Déjà alors, le natif de Jarnac brille par son opportunisme teinté de cynisme.

À l’époque où le jeune Mitterrand collabore, la presse parle déjà d’une « Grande Europe » dont le destin serait de vivre et de prospérer sous la tutelle du Reich. Celui-ci prétend alors sacrifier ses meilleurs fils à seule fin de préserver le Vieux Continent de l’ogre bolchevique et de l’impérium américain. Européiste et antinational, Mitterrand le demeurera obstinément tout au long de sa carrière politique. En 1964, dans Le Coup d’État permanent, il déclare : « Une France nationaliste oblige ses partenaires ou bien à l’imiter et donc à s’isoler, ou bien à s’abolir dans un atlantisme qui, sous couvert du “plus grand occident”, étouffera ce que la civilisation européenne contient d’irremplaçable ». À l’heure où le démantèlement de nos nations atteint son parachèvement, l’on aimerait connaître l’avis d’outre-tombe du grand homme à propos de la politique d’indépendance européenne vis-à-vis des États-Unis.

En sacrifiant sa souveraineté monétaire sur l’autel de la concorde continentale, elle a tourné le dos à une tradition qui fit pourtant son succès : celle de la dévaluation stratégique

 Au crépuscule de son existence, Tonton revient à ses premières amours d’outre-Rhin en ratifiant son testament politique : Maastricht. Traître de vocation, il livre à l’ancien occupant les clefs de la souveraineté française. Calqué sur le mark, l’euro doit selon lui limiter la puissance de l’Allemagne réunifiée par son ami Helmuth Kohl. Y croit-il un seul instant ? À la lumière de vingt années de monnaie commune, il est permis d’en douter : en adoptant l’euro, la France a accéléré son déclin. En sacrifiant sa souveraineté monétaire sur l’autel de la concorde continentale, elle a tourné le dos à une tradition qui fit pourtant son succès : celle de la dévaluation stratégique. En choisissant une monnaie inadaptée à sa structure économique et commerciale, elle a payé chèrement les traumas d’une Allemagne hantée par le souvenir de Weimar et de ses brouettes de deutschemarks, une Allemagne désormais convertie à l’École de Chicago et au dogme sacré de la stabilité des prix [...]

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