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Les critiques musicales de janvier

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Publié le

29 janvier 2021

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Les critiques musicales du mois de janvier par Alexandra Do Nascimento et Joseph Achoury Klejman.
Critiques musicales

ATTENTION AUX TURBULENCES

Pondicergy Airlines de Stéphane Edouard, Label Cjazz Productions/Absilone, 22 €

Pondicergy Airlines est le premier album solo du percussionniste Stéphane Edouard. Pas si seul que ça si l’on en juge par la participation exceptionnelle de trente-deux renommés compagnons de route internationaux à ses côtés, du départ, Pondichéry, l’ancien comptoir français du sud de l’Inde, pour arriver à Cergy la ville de son enfance, le répertoire musical du cinéma indien Bollywood et la musique classique indienne demeurant ses premières sources d’inspiration. « Je rends hommage à mes parents en évoquant musicalement les réunions familiales où nous nous retrouvions pour chanter et jouer. Cergy représente une autre part de mon enfance vécue en parallèle, rock, jazz, et world m’ont ouvert de nouveaux horizons totalement exaltants. Mon cœur a trouvé la juste mesure entre ces deux cultures. » Un touché unique qui concilie l’aspect moins évident du jazz avec l’accessibilité à un langage musical festif, savant et généreux. Un embellissement des sections rythmiques en un jeu orchestral autour du tempo en attaque avant la pulsation, ou juste une double croche après, pendant que d’autres suivent scrupuleusement l’andamento : le groove, en quelque sorte ! Alexandra Do Nascimento

INCLASSABLE

Last Night When We Were Young de Sandro Zerafa, PJU Records, 22 €

Inutile de s’échiner à vouloir coller une étiquette à la musique de Sandro Zerafa. Directeur artistique du Malta Jazz Festival, membre fondateur du collectif/label Paris Jazz Underground, ce guitariste/compositeur maltais analyse l’effervescence du jazz du haut de ces observatoires privilégiés et ne manque pas d’en faire bénéficier le département jazz et musiques actuelles du Conservatoire Nina Simone à Pontault-Combault dont il est le coordinateur et professeur titulaire. Sa polyvalence et son éclectisme le mènent vers des chemins de traverse qu’il emprunte sans ambages, échappant ainsi à la gravité d’un langage codifié. Il s’attaque cette fois-ci aux grands standards américains, selon lui ultime lieu d’une liberté entre tradition et innovation. De Cole Porter à George Gershwin et bien d’autres, Last Night When We Were Young, ce cinquième album de reprises – largement réinterprétées – revêt la forme de duo avec le pianiste Vincent Bourgeyx, puis de trio avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Antoine Paganotti à la batterie, et sa proposition du Who cares de Gershwin est une petite merveille. Incontournable. ADN

Lire aussi : Station opéra : Vaine sophistication

MÉDITATIF

Persiennes d’Iran d’Atine, Accords Croisés, 15 €

« Atine » est un mot persan signifiant « réunies » mais aussi « inédit ». Les cinq musiciennes se réclamant de ce nom arpentent une musique savante et populaire à la fois, revisitant les thèmes romantiques de l’ère Kadjar (1786 à 1925) et les poèmes du XIIIe siècle du conteur persan Saadi. Sans redites ni imitations, elles illustrent le raffinement de la musique persane servie par la viole de gambe européenne de Marie-Suzanne de Loye. Persiennes d’Iran poursuit ainsi la recherche musicale déployée dans Paradoxe pour le spectacle du danseur contemporain iranien Shahrokh Moshkin Ghalam créé en 2019. Aida Nosrat, chanteuse et violoniste issue de l’Orchestre Symphonique de Téhéran, Sogol Seyedmirzaei, virtuose du târ (cordophone traditionnel), la percussionniste Saghar Khadem officiant tant au Conservatoire National de Téhéran qu’à la Göteborg Music Academy en Suède, et Christine Zayed au qanûn (cithare), étoile montante palestinienne de la musique arabe classique et contemporaine : voilà quelle est l’élite réunie pour raviver la tradition. ADN

LE FÉMINISME QU’ON AIME

Plastic hearts de Miley Cyrus, RCA Records, 15 €

Quelle mouche a donc piqué Miley Cyrus ? L’ancienne égérie Disney devenue icône pop trash a décidé de se plonger dans le passé, et pas n’importe lequel, avec ce dernier album, Plastic Hearts. L’interprète de Wrecking Ball convoque en effet sur ce nouveau disque l’essence du punk rock féminin délicieusement badass, rappelant une époque délicieusement surannée où les femmes faisaient du rock sans se poser de questions, et sans rien demander à personne. Si l’on retrouve bien entendu des incunables de la pop actuelle, telle Dua Lipa, sur l’excellent Prisoner, Miley Cyrus se permet surtout le luxe de frayer avec des grands noms du rock’n’roll, dépoussiérant au passage Billy Idol, ainsi que Joan Jett, ou encore Stevie Nicks. Produit notamment par l’orfèvre pop rock Mark Ronson, qui transforme tout ce qu’il touche en or, Plastic Hearts est un cri d’amour à une époque révolue, où l’on pouvait conduire vite, manger gras, fumer dans les bars, et n’en avoir rien à foutre. Ça suinte le glam, le je m’en foutisme, et le rock’n’roll. Pas mal pour échappée de chez Mickey ! Joseph Achoury Klejman

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