Skip to content

Les sacrifices humains sont-ils de droite ?

Par

Publié le

24 août 2018

Partage

[vc_row][vc_column][vc_column_text css= ».vc_custom_1535122840908{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »]

Selon Megan Fox, l’inoubliable April des Tortues Ninja 1 et 2, les producteurs de films pratiqueraient le sacrifice humain en n’étant pas assez attentifs aux idées créatives des actrices. Quant aux auteurs de South Park, ils soutiennent que la rotation rapide des jeunes chanteuses, jetées en pâture aux médias et au public et littéralement consumées, est un sacrifice propitiatoire pour assurer de bonnes récoltes.

 

Il semblerait que notre époque fabrique ainsi à la chaîne des victimes, plus ou moins consentantes, qui vivent une existence exaltante avant d’être brusquement jetées à bas des piédestaux où elles avaient été juchées. Le schéma est récurrent. Si l’on n’est pas encore dans la production industrielle, on a quitté le stade de l’artisanat d’art: héros de téléréalité ou politiques, Nabila ou Najat, tous victimes de ce goût pour la mise à mort publique, collaborative et virtuelle, en mode open sacrifice 3.0. Mais ce ne sont que de piètres succédanés de sacrifice humain, une purge régulière de nos mauvais instincts voluptueux qui laissent le peuple en attente de la véritable cérémonie.

Le sacrifice humain, aujourd’hui comme hier, obéit à des normes sociales strictes. Il doit permettre, par exemple, de contempler avec une horreur satisfaite le spectacle de nos propres défauts, cristallisés dans la mort scandaleuse de la victime ; la victime, par ailleurs, doit avoir été sacrifiée de façon éclatante et collective ; enfin, et logiquement, la victime doit pouvoir se prêter à une liturgie expiatrice où son corps est éparpillé aux quatre vents des commentaires, des éditoriaux, des déclarations et des courroux torrentiels, solennels et officiels,; chaque citoyen de seconde classe ayant, lui, le droit de s’épancher en disant à qui veut l’entendre sa colère, son incompréhension et son indignation, surtout son indignation, qui lui sert de dignité. Les rites sont immuables.

On n’est pas loin du service public. Et l’être véritable des victimes se dissout à proportion qu’elles symbolisent un mal, comme dans les procès de Moscou. Le sacrifice humain contemporain renoue d’ailleurs avec d’autres sûres intuitions antiques (qu’il s’agisse d’enfants brûlés en hommage à Moloch ou de cœurs arrachés chez les Aztèques) : cérémonies encadrées, certes, mais aussi mises à mort spectaculaires et sécurisation des sources de victimes potentielles. Encourager la traversée de la Méditerranée par les immigrants est ainsi le strict équivalent des razzias pour constituer un stock de prisonniers. Mais l’époque y ajoute sa charmante inconséquence. S’horrifier des noyades qu’on a suscitées revient à frémir en voyant le sang cascader du haut des pyramides. S’indigner à chaque attentat islamique, c’est regretter que les chrétiens n’aient pas eu le bon goût de se dévorer entre eux et aient nécessité quelques lions. On pourrait multiplier les exemples de victimes consenties par le pouvoir. Résumons-nous: la pratique sacrificatoire, aujourd’hui, est une œuvre sociale, reconnue d’intérêt public, solennisée par les médias de référence, servant à purger les humeurs sans changer de politique. Le sacrifice humain est de gauche.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest