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Liban : un président, enfin !

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Publié le

5 mars 2025

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Depuis le 9 janvier dernier, après plus de deux ans de vacance du pouvoir, les députés libanais ont, enfin, élu un nouveau président de la République, le général Joseph Aoun.
© DR

Au pays du Cèdre, le Pacte national de 1943 prévoit une répartition confessionnelle des postes à responsabilité. Ainsi, le président de la République est obligatoirement un chrétien maronite, tout comme le chef des armées. Le Premier ministre est un musulman sunnite ; le président du Parlement un chiite, etc. Ce n’est pas constitutionnel, mais tout comme… Il s’agit de préserver, dans ce pays multiconfessionnel, chaque composante de la société.

Les manifestations de joie, qui accompagnent habituellement les jours de victoires, ont été plutôt modestes

Le 9 janvier, le général Joseph Aoun, commandant des Forces armées a donc été élu président de la République. Son prédécesseur, le général Michel Aoun – aucun lien de parenté entre les deux – avait quitté le pouvoir en octobre 2022. Il aura donc fallu attendre plus de deux ans pour mettre fin au blocage institutionnel.

Le Hezbollah affaibli

Ce qui a permis cette solution, c’est avant tout la faiblesse du Hezbollah. Éreinté par sa guerre contre Israël et le changement de gouvernement en Syrie, le mouvement chiite qui paralysait la vie politique libanaise doit désormais faire profil bas, ou du moins revoir ses ambitions à la baisse. Dans son discours d’investiture, le nouveau président n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner, insistant lourdement sur sa volonté d’« assurer le droit de l’État à détenir le monopole des armes » et de « permettre à l’État libanais, je le répète, à l’État libanais, d’éradiquer l’occupation israélienne et de repousser ses agressions sur l’ensemble des territoires libanais ». Suivez mon regard…

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Cette élection s’est aussi faite sous la pression des États-Unis, de l’Arabie saoudite, et dans une moindre mesure, de la France. Gebran Bassil, le chef de file du Courant patriotique libre – un des deux grands partis chrétiens, allié du Hezbollah – l’a rappelé, estimant que Joseph Aoun « est un président élu par le Parlement, une institution qui, dans ce cas, a été influencée par des directives extérieures ». Des directives tellement marquantes qu’un député a inscrit sur son bulletin de vote le nom de Yazid ben Farhane, l’émissaire saoudien au Liban, tandis qu’un autre votait pour « Joseph Amos ben Farhane », mêlant les noms de Joseph Aoun, Yazid ben Farhane et Amos Hochstein, l’envoyé américain. De son côté, Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial de la France, était présent physiquement au parlement libanais le jour de l’élection.

Et les Libanais dans tout cela ? Ils attendaient la fin de cette vacance présidentielle, mais accueillent aujourd’hui avec retenue l’arrivée du nouveau président. Les manifestations de joie, qui accompagnent habituellement les jours de victoires, ont été plutôt modestes. Même à Ashrafieh, le principal quartier chrétien de Beyrouth. La réputation d’honnête homme – ce qui est rare dans la classe dirigeante libanaise – et le profil apolitique de Joseph Aoun rassurent. Mais dans le même temps, tous sont conscients qu’une élection ne va pas régler tous les maux du pays. Des espoirs déçus, les Libanais en connaissent depuis trop longtemps… La reconstruction du Liban est un vaste chantier qui peut s’enrailler à n’importe quel moment. Cela s’est déjà vu. Mais les témoignages de terrain le confirment maintenant, il y a un chef d’État, et il n’y a plus d’excuses pour que le pays n’avance plus…

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