« On fait nos bails dans nos zones en restant vaillants / Mes racailles vendent des sapes venant de Thaïlande / Leur triple système est plus que terrifiant / Nos faits divers sont devenus divertissement », expliquent Joe Lucazz, Nakk et Alkpote dans la chanson On fait nos bails. Les juristes, propriétaires et locataires doivent encore naïvement croire que le terme bail s’accorde au pluriel sous la forme irrégulière de « baux ». Mais les bails de notre belle jeunesse française ne sont que de lointains descendants de nos baux ruraux poussiéreux.
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En jeunistan, faire ses bails signifie faire des « affaires », ayant souvent une connotation graveleuse et implicitement sexuelle. D’aucuns prétendent d’ailleurs que les « bails » se borneraient aux préliminaires accomplis avant le coït. Étrange terme pudique pour cacher la crudité des mots dans leur pleine nudité que ce « bail » à caractère licencieux, comme si les gazouillis sous les couettes des lits n’étaient au fond que des petits contrats intuitu personae entre adultes – qu’on espère – consentants. Pourtant, un examen plus approfondi du terme nous montrera que « bails » est issu du créole antillais « bagay » (à prononcer baay), signifiant « chose ». C’est donc « faire la chose » que « faire les bails », ce qui ne manque pas de piment de Cayenne quand on songe que la chose se réduit à ses entrées.





