Skip to content

Mitterrand le petit

C’est parfois à se demander si Emmanuel Macron ne règle pas son pas sur le pas de son père : François Mitterrand. En encore moins bien, certes, mais dans la tactique, il y a plus qu’une inspiration. Comme des airs de copier-coller.

Partage

©DR

Dans Révolution (XO), l’ouvrage qu’Emmanuel Macron a publié à l’automne 2016, le nom de François Mitterrand n’est cité qu’une fois. Comme celui de Giscard. Celui qui prétend à la fonction suprême préfère se référer à de Gaulle, qui « avait, plus qu’aucun autre, le sentiment de la grandeur de la France ». À l’approche du scrutin de 2017, il conte toutefois au Parisien : « Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine ». Et une fois élu, c’est à la pyramide du Louvre, voulue par Mitterrand, qu’il apparaît. Officiellement le lieu, entre Bastille et Concorde, a été choisi pour marquer le « ni droite, ni gauche ». La mise en scène, cependant, a des airs de déjà vu, avec ses longues minutes de marche solitaire et empesée dont même le cadrage paraît copié sur la déambulation de Mitterrand au Panthéon, avec, aussi, cet Hymne à la joie que le premier président socialiste de Ve République aimait tant.

LA FRANCE UNIE EN MARCHE

Même si on a pu le comparer à Giscard, ce qui n’est guère plus valorisant, Emmanuel Macron fait surtout du Mitterrand. Et pas à la manière de Monsieur Jourdain : en le sachant très bien. En lançant à Marine Le Pen le 4 avril 2017 lors du Grand Débat d’avant le premier tour « le nationalisme, c’est la guerre », c’est mot pour mot du Mitterrand cru 1995, devant le Parlement.

« Dans mon panthéon personnel, il y a de Gaulle et Mitterrand : deux moments de rupture très forte dans notre histoire contemporaine »

Comme c’est du Mitterrand, cru 1988 cette fois, qu’il répète tel un mantra au printemps dernier, en mars, puis en avril, en appelant à « la France unie » face au virus avant d’en faire lui-même un « hashtag » sur Twitter. Il s’en était resservi à l’automne aux Mureaux pour y armer que « la laïcité, c’est le ciment de la France unie ». Une préfiguration de sa campagne pour sa réélection ? Peut-être.

Car « La France unie », c’était le slogan principal de la campagne Mitterrand de 1988. Affiches et tracts partout. Avec une variante, qui avait fini par s’imposer et qui a dû s’imprimer dans l’esprit du petit garçon qu’il était à l’époque : « La France unie est en marche » ! Traduction : faites confiance au chef de l’État sortant pour maintenir l’unité de la nation face au péril qui monte.

L’ART DE LA DUPLICITÉ

Sans pousser l’analogie jusqu’à écrire que le « en même temps » d’Emmanuel Macron n’a rien à envier à la constante duplicité de Mitterrand, qui avait fait avaliser par sa majorité tout et son contraire, on ne peut s’empêcher de penser que le Macron post-Gilets jaunes, comme celui du « quoi qu’il en coûte », a su opérer, en sens inverse mais avec un même aplomb, un revirement comparable au « tournant de la rigueur » de 1983[...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest