Skip to content

Mouche : une adaptation cynique et stupide

Par

Publié le

1 août 2019

Partage

[vc_row][vc_column css= ».vc_custom_1564615094771{margin-right: 25px !important;margin-left: 25px !important;} »][vc_column_text]

Parce que la pop culture, malgré ses joyaux, est avant tout une sous-culture de masse, il ne faudrait pas oublier de prendre du recul et de la gifler tous les mois. L’Incorrect tient à votre hygiène mentale, voici la rubrique Antipop.

 

Adaptation de la série anglaise Fleabag (BBC 3) pour Canal +, Mouche tient en six épisodes d’une trentaine de minutes, et autant dire tout de suite que la version française ne jouira certainement pas de l’immense succès d’estime de l’originale britannique qui fut autant saluée par la critique (« d’une énergie sans limite, presque sauvage », d’après le New York Times) que par les spectateurs. En effet, quoique portée par plusieurs acteurs acclamés, dont la toujours excellente Camille Cottin dans le rôle-titre, qui resplendit dans les rôles de connasses névrosées (notamment la lesbienne dominante qu’elle incarne dans Dix pour Cent), Mouche rate pourtant sa cible. Les mésaventures de cette Parisienne dépressive incapable de trouver l’amour et une profession rémunératrice, et qui n’a pour seul réconfort que l’amour vache d’une sœur qui a (tout juste un peu) mieux réussi, finissent par nous faire bâiller. C’est que les tribulations pathétiques de cette propriétaire de bar à thé, déraillant dans le cliché, ne déclenchent que quelques rires cyniques.

 

MORALINE POUR EX-MÉNAGÈRES DIVORCÉES

 

Les personnages, plus agaçants les uns que les autres, peinent à nous émouvoir, à la notable exception de Mouche – peut-être aussi la sœur et le beau-frère. C’est qu’ils sont tous caricaturalement « bobos », mais du genre qu’on ne croise plus depuis 2005, lâches ou prétentieux, parfois les deux. Supposément comédie dramatique, la série tend irrémédiablement vers le drame à mesure que les épisodes s’enchaînent, et quoi qu’on puisse parfois rire à certains dialogues, évidemment vulgaires, étant donné que Mouche est obsédée par la pornographie en ligne et la sodomie (qu’elle consent à pratiquer quand un homme fait l’effort de passer la voir).

Contrairement aux apparences, Mouche est tout sauf une série transgressive : la moraline et les bons sentiments ne sont jamais bien loin dans cette fiction qu’on croirait spécialement écrite pour ex-ménagères divorcées ayant eu pour parents des boomers égoïstes au sein de familles dysfonctionnelles, ce qui doit correspondre à la moitié des femmes nées entre 1969 et 1989.

Hypersexualité et misère affective vont ici de pair, comme s’il s’agissait d’une évidence. Contrairement aux apparences, Mouche est tout sauf une série transgressive : la moraline et les bons sentiments ne sont jamais bien loin dans cette fiction qu’on croirait spécialement écrite pour ex-ménagères divorcées ayant eu pour parents des boomers égoïstes au sein de familles dysfonctionnelles, ce qui doit correspondre à la moitié des femmes nées entre 1969 et 1989. Il était donc difficile de rater une cible aussi large.

 

 

Lire aussi : Le point zéro des routes

 

 

INVRAISEMBLABLE ET LOURD

 

Jeanne Herry, réalisatrice et scénariste de cette création Canal + paraît n’avoir pas remarqué combien son personnage est totalement déconnecté de la réalité, même de celle des franges les plus aisées de la population. On songe par exemple à l’immense maison du père de Mouche située en plein cœur de Paris, un bien qui devrait probablement valoir plusieurs millions d’euros, et en dépit duquel celui-ci n’aurait pourtant pas 10 000 euros à donner à sa fille pour qu’elle éponge les dettes de son nullissime salon de thé outrancièrement girly ?

Au lieu de nous faire aimer ses personnages, Jeanne Herry nous les rend profondément haïssables.

Ce genre d’invraisemblance plombe encore un récit déjà lourdaud, dénué d’enjeux narratifs et de suspense. Au lieu de nous faire aimer ses personnages, Jeanne Herry nous les rend profondément haïssables. À se demander si l’exercice télévisuel n’était pas exclusivement masturbatoire, à l’instar des loisirs de Mouche qui consacre l’essentiel de son temps à prendre ses parties génitales en photo avant de les stimuler. Cet instantané de la bêtise vide et méchante de notre époque ne mérite qu’un prompt oubli. 

 

 

 

Gabriel Robin

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest