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Musée Carnavalet : après quatre ans de travaux, enfin la réouverture !

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Publié le

4 juin 2021

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Après une longue rénovation, la réouverture du musée Carnavalet est un véritable succès qui permet de redécouvrir en immersion le Paris que nous aimons. Malheureusement, les raccourcis historiques assombrissent le tableau.
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Rue de Sévigné, dans le Marais : touristes et Parisiens ont suivi pendant quatre ans, faute de pouvoir y entrer, la rénovation du plus vieux musée de l’histoire de Paris. Constitué de l’hôtel de Carnavalet et de l’hôtel Le Peletier de Saint-Fardeau, il retrace l’épopée parisienne du Paléolithique à nos jours avec ses 140 salles et ses 3 900 m2 d’exposition.

Une rénovation parfaitement réussie

Le 29 mai dernier, le musée a enfin rouvert ses portes. Pour l’occasion étaient organisés un concert baroque dans les salles d’exposition et une danse contemporaine dans la cour. Les visiteurs peuvent désormais apprécier un nouveau parcours chronologique, qui permet une meilleure compréhension des bouleversements culturels, sociaux, politiques et urbains ayant secoué l’histoire parisienne.

Lire aussi : Le carnaval de Carnavalet

Le bâtiment a une vieille histoire. La veuve de François de Kernevenoy acheta cet hôtel particulier en 1578. Plus d’un siècle plus tard, Madame de Sévigné en fit sa résidence principale. C’est en 1866 que la ville de Paris l’acheta pour en faire un musée sur l’histoire de Paris. Depuis le 1er janvier 2013, il est dirigé par l’établissement public administratif Paris Musées, qui a décidé d’en fermer les portes en octobre 2016 pour faire peau neuve. La rénovation du musée, qui a coûté 43 millions d’euros, a permis de refaire façades, baies, cours et parquets. Le parcours de la visite a été modifié, et de nouveaux espaces ont été aménagés, notamment deux salles d’introduction sur la ville, sur les symboles et sur les donateurs du musée. Au sous-sol sont exposées diverses collections allant de la Préhistoire à la Renaissance. De nombreuses projections ainsi que des extraits d’archives, des cartes interactives et des espaces d’écoute jonchent le parcours, et l’on peut féliciter le musée d’avoir réussi à fondre dans le décor ces dispositifs numériques habituellement disgracieux.

Visite culturelle en immersion

Au-delà du nouvel agencement du bâtiment, les travaux ont permis de restaurer près de 4 000 pièces exposées et de renouveler les collections. Pendant ces quatre années, divers corps de métier ont rassemblé, protégé, numérisé et exposé près de 625 000 œuvres allant de la peinture à la photographie en passant par l’enseigne, l’estampe, l’affiche, le mobiliser, la numismatique ou encore la sculpture.

Autre belle surprise, la bijouterie Fouquet décorée par Alfons Mucha a été reconstituée

Le musée Carnavalet regroupe des collections exceptionnelles, et le choix des œuvres exposées témoigne d’un alliage de bon goût entre le respect de l’héritage et les nouvelles créations. Les salles foisonnent d’œuvres connues comme les portraits de Madame de Sévigné, de Juliette Récamier ou encore de Franz Liszt. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen trône dans l’espace réservé au début de la Révolution française. Le mobilier de la chambre de la famille royale, lorsque celle-ci fut enfermée dans la prison du Temple, confère une intimité touchante à la visite. Les amateurs du Paris de la Belle Époque apprécieront les salles exposant des tableaux d’opéras, de cafés, de théâtres, mais aussi diverses enseignes comme celle du Chat-Noir dessinée par Adolphe Léon Willette. Autre belle surprise, la bijouterie Fouquet décorée par Alfons Mucha a été reconstituée. Enfin, les parties du musée évoquant les deux guerres mondiales, mai 68 ou les récents attentats regroupent des photos et des objets plus contemporains. La gratuité de la visite pour les collections permanentes reste l’un des grands atouts du musée.

Carnavalet prend le pli du politiquement correct

En mars dernier, le musée a fait l’objet d’une polémique en remplaçant des chiffres romains par des chiffres arabes. Si les noms des rois et des empereurs gardent bien la numérotation romaine, le musée a effectivement opté en faveur des chiffres arabes pour « 170 textes de médiation universelle accessibles à tous les publics ». La direction motive ce choix pour des raisons pédagogiques, afin de rendre le musée plus accessible aux enfants, aux étrangers et aux personnes porteuses d’un handicap. Rappelons que de telles mesures ont déjà fait leur nid dans quelques galeries du Louvre, mais n’ont heureusement pas vocation à se diffuser dans tous les espaces de ces lieux culturels.

Bien que la période médiévale ait été positivement abordée voire magnifiée, les galeries réservées aux Lumières et à la Révolution française ont indéniablement subi le joug de la police de la pensée

De la visite, ce sont le politiquement correct et les raccourcis historiques qui ont retenu notre attention. Bien que la période médiévale ait été positivement abordée voire magnifiée, les galeries réservées aux Lumières et à la Révolution française ont indéniablement subi le joug de la police de la pensée. Les panneaux explicatifs de la convocation des états généraux, du serment du Jeu de Paume ou encore de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen louent grossièrement les révolutionnaires et mettent au ban le vilain monarque « absolutiste ». Autant d’explications qui permettent la glorification caricaturale du nouveau monde sur l’ancien.

L’exemple le plus significatif concerne le célèbre tableau de Louis XVII. Un affichage informe le visiteur de l’emprisonnement du dauphin avec sa famille, puis évoque en quelques mots la mort du jeune garçon. La construction de la phrase fait pourtant croire aux moins avertis que Louis-Charles de France est mort aux côtés de ses proches, alors qu’il a été lâchement abandonné dans une cellule pendant huit mois, sans aucun contact extérieur, avant d’y mourir. L’honnêteté historique et intellectuelle patientera encore.

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