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[Opéra] In the shadows : genèses de Wagner

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Publié le

28 mai 2024

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Dans In the shadows, Michael Spyres le ténor caméléon au répertoire sans limites, nous révèle une fois encore sa virtuosité naturelle avec ce récital d’une authenticité bouleversante.
© Michael Spyres
© Michael Spyres

On avait toujours cru Wagner l’incarnation du génie romantique, titan sans racines terrestres, venu d’un autre monde pour servir sa muse et bâtir un art nouveau. Un mythe que lui-même aimait à alimenter, avec un succès formidable. Il est temps d’ouvrir les yeux, au risque d’une cruelle déception : le maître de Bayreuth est lui aussi un enfant de son siècle. Sa musique est baignée d’influences multiples et, contre toute apparence, doit beaucoup à ses prédécesseurs. Pas seulement à Beethoven, Weber ou autres fondateurs de l’opéra allemand, ni à ce Marschner, aujourd’hui oublié, dont il prendra un thème de la « Walkyrie ». Mais aussi aux artisans du grand-opéra français, y compris Meyerbeer, que le compositeur de Tannhäuser, à l’humilité moins éclatante que son talent, aura autant méprisé en paroles qu’émulé en actes.

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Et l’ascendance de Wagner remonterait jusqu’à Rossini, selon Michael Spyres – le ténor caméléon au répertoire sans limites – qui dans son dernier album, consacré aux sources (plus ou moins) cachées de Wagner, inclut l’air de Leicester dans « Elisabetta, regina d’Inghil- terra », une preuve de plus de sa virtuosité surnaturelle (avec un saut de presque trois octaves !). Mais la démonstration de bravoure n’est que l’effet secondaire d’un programme conçu, avec originalité et intelligence, autour d’un propos éminemment musical : montrer comment le traitement de la voix de ténor évolue pendant un demi-siècle (1807-1850) à travers l’Europe, préparant ainsi l’avènement du heldentenor (le ténor héroïque de Tristan ou de Siegfried), juste après l’éclat encore belcantiste de Lohengrin, que Michael Spyres révèle, à la fin de ce récital, dans toute sa bouleversante authenticité.



IN THE SHADOWS, airs de Méhul, Beethoven, Rossini, Meyerbeer, Weber, Auber, Spontini, Bellini, Marschner et Wagner – MICHAEL SPYRES, ténor – LES TALENTS LYRIQUES, dir. CHRISTOPHE ROUSSET – Erato, 17,99 €

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