Agathe est née à Catane, en Sicile, en 231, dans une famille de la noblesse sicilienne. C’est une jeune fille magnifique et très pieuse, qui a décidé de consacrer sa virginité au Seigneur. Cette décision n’arrange pas du tout les affaires de Quintien, proconsul de Sicile, qui est tombé sous son charme, et pense probablement, avec un brin d’arrivisme, qu’une jeune fille si belle, mais également si riche et si bien née, ne déparerait pas dans son ascension politique.
Lire aussi : Partout, les saints : saint Laszlo
Hélas, comme il fallait s’y attendre, le proconsul prend un fameux râteau, parce qu’il n’est pas évident de rivaliser avec le Bon Dieu, même avec un PEL bien garni et une carrière prometteuse dans la fonction publique. L’amoureux éconduit se change alors en monstre sadique : il envoie tout d’abord Agathe passer un mois dans un bordel, en chargeant la maquerelle Aphrodisie, la bien nommée, de lui faire abandonner son Dieu et accepter ce mariage. Pas du tout convaincue par cette plongée dans l’univers de la débauche, qui n’est peut-être pas, rétrospectivement, le meilleur argument à fournir à une vierge consacrée, Agathe décourage toutes les espérances d’Aphrodisie. Quintien, furieux, fait torturer la jeune fille.
Hélas, comme il fallait s’y attendre, le proconsul prend un fameux râteau, parce qu’il n’est pas évident de rivaliser avec le Bon Dieu, même avec un PEL bien garni et une carrière prometteuse dans la fonction publique.
On lui arrache notamment les seins avec des tenailles et on la jette en prison. En pleine nuit, dans le cachot, un vieillard se présente à Agathe avec des onguents. C’est saint Pierre en personne, qui se dévoile dans une aveuglante lumière et la guérit miraculeusement. Effrayés par ce halo surnaturel, les gardes se sont enfuis, mais la vierge sicilienne refuse d’en profiter pour s’échapper, laissant une nouvelle fois au Seigneur le soin de décider de son destin.
Quelques jours plus tard, amenée devant Quintien comme si rien ne s’était passé, Agathe affirme sans crainte qu’elle a été guérie par une intervention divine. Le proconsul la fait étendre nue sur des charbons ardents, mais à ce moment même, un violent tremblement de terre secoue Catane, et le peuple attribue ce phénomène aux tourments que Quintien fait subir à la jeune fille. Craignant un soulèvement, celui-ci fait alors reconduire Agathe en prison où, le nom de Dieu sur les lèvres, elle expire le 5 février 251, à l’âge de vingt ans. L’année suivante, l’Etna en éruption menace Catane : les habitants dressent alors, devant la coulée de lave, le voile qui recouvrait le tombeau d’Agathe. Le magma s’arrête net. La ville est sauvée. Quintien, lui, s’est enfui en char ; ses chevaux s’emballent, il tombe dans un fleuve et on ne le retrouvera jamais.
On lui arrache notamment les seins avec des tenailles et on la jette en prison. En pleine nuit, dans le cachot, un vieillard se présente à Agathe avec des onguents.
Canonisée en 1228, après de nombreux miracles, sainte Agathe est la patronne de la Sicile, des nourrices et des fondeurs. Son martyre a été raconté par Jacques de Voragine dans La Légende dorée, recueil médiéval des plus fameux martyres de la chrétienté. Michel Onfray, jamais hyper inspiré quand il s’agit de se moquer des cathos, avait lourdement ironisé, dans son cours de philo sur France Culture, sur cet ouvrage sadique et cruel. Ça vaut donc le coup de le relire, malgré le côté ouvertement grand-guignolesque des légendes qui y sont racontées.
Lire aussi : Partout, les saints : saint Raphaël, archange
On note pour finir qu’une délicieuse pâtisserie, les « minne di Sant’Agata » (en sicilien « minnuza di virgini », seins de vierge), à base de pâte d’amande et ricotta, ornée d’une cerise confite figurant le téton, est toujours confectionnée à Catane le jour de la Sainte Agathe. Une manière populaire et gentiment irrévérencieuse de rendre hommage à celle qui incarna à la perfection ce proverbe sicilien : « Megghiu sufriri na vota, ca viviri timutu » (« Il vaut mieux souffrir une fois que vivre dans la peur »).





