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Partout, les saints : Sainte Bernadette Soubirous

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29 octobre 2024

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On ne peut qu’être ému par la simplicité et la bonté de Bernadette, figée à tout jamais sur des photos en noir et blanc, où elle nous apparaît très familière, comme une petite demoiselle du sud-ouest, avec ses yeux sombres et son nez un peu fort. Une sainte sans argent, sans éducation, sans diplômes, que la Sainte Vierge, comme bien souvent, a choisie pour son bon cœur, c’est tout.

Bernadette Soubirous est née près de Pau, comme d’Artagnan (qui, lui, venait de Tarbes), mais n’a absolument rien à voir avec la figure légendaire et flamboyante du mousquetaire. Dans ce sud-ouest humide et déshérité, elle a vu le jour en 1844, au sein d’une famille très pauvre, et a passé son enfance à Lourdes, petite bourgade sans intérêt, poussée le long du gave de Pau comme une moisissure sur un lambris. Quatre mille habitants survivent dans cette bourgade obscure, et la famille Soubirous fait partie des plus modestes : elle s’entasse d’ailleurs dans un « cachot », c’est-à-dire un rez-de-chaussée sordide composé d’une seule pièce. À quatorze ans, Bernadette ne sait encore ni lire ni écrire, et ne comprend ni ne parle le français. Un scénario à la Ken Loach avec l’accent de Bernard Laporte.

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Le 11 février 1858, Bernadette va ramasser du bois sur la rive du gave, avec sa sœur et une amie. Elle est alors attirée par une lumière dans la grotte de Massabielle et s’approche. Une petite demoiselle, qu’elle décrira comme aussi grande et âgée qu’elle (14 ans, 1m40), lui sourit et dit son chapelet, que Bernadette, pieuse enfant, dit avec elle. Ses parents, évidemment, ne la croient pas lorsqu’elle revient chez elle. Bernadette, pourtant, ne sait même pas à qui elle s’adresse : elle l’appelle « Aquero », « cela » en gascon. Et « cela » ne fait pas grand-chose pour l’aider, lors des apparitions suivantes, à l’exception de quelques indices : elle parle patois à Bernadette mais la vouvoie ; elle sourit gentiment quand Bernadette, redoutant une apparition diabolique, lui jette de l’eau bénite ; elle demande qu’on fasse pénitence pour la conversion des pécheurs… et surtout, le 25 mars, jour de l’Annonciation, quand la jeune fille lui demande qui elle est, sa réponse est sans appel. « Que soy era Immaculada Councepciou », « Je suis l’Immaculée Conception ». Ce dogme, proclamé quatre ans plus tôt par Pie IX, est inconnu de Bernadette : elle ne peut pas l’avoir inventé. En juillet de la même année, les apparitions s’arrêtent, puis Bernadette Soubirous, quelques années plus tard, entre au couvent, à Nevers, où elle mourra en 1879. L’Église la canonise pour l’héroïcité de ses vertus en 1933.

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On peut dire tout ce qu’on veut sur Lourdes, la tristesse de ses pèlerins qui attendent un miracle, ses marchands du temple, ses orgies au Roi Albert, sa piété superstitieuse. Tout ça, au fond, est finalement très médiéval, et nous montre que la nature humaine, attention spoiler, ne change jamais vraiment beaucoup. En revanche, on ne peut qu’être ému par la simplicité et la bonté de Bernadette, figée à tout jamais sur des photos en noir et blanc, où elle nous apparaît très familière, comme une petite demoiselle du sud-ouest, avec ses yeux sombres et son nez un peu fort. Une sainte sans argent, sans éducation, sans diplômes, que la Sainte Vierge, comme bien souvent, a choisie pour son bon cœur, c’est tout. N’est-ce pas l’occasion de refaire un saut à Lourdes ?

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