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Pierre Robin : Violence urbaine, le temps passé des voyous blancs

Auteur récent de L’Esthétique Contre-Cool, essai illustré contre la coolitude et ses ravages en milieux urbain et culturel, Pierre Robin nous propose un regard sur l’actualité via ses souvenirs, préjugés et obsessions. Envers et contre-cool !

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© This is England - Warp Films et Film4

La prise de conscience de certains inconvénients du « vivre ensemble » semble avoir fait un bond cet été, même si ça fait bien une trentaine d’années que le décor est planté et les acteurs implantés. Avant le déluge, du temps des rois, disons sous Pompidou et Giscard, on parlait déjà des violences en milieu jeune et urbain. Je n’avais que 5 ans (et demi) lorsque les blousons noirs (de race blanche) entrèrent dans la légende (urbaine) en mettant à sac, le 24 février 1961, le Palais des Sports de la porte de Versailles à l’occasion d’un concert de Johnny Hallyday. Mes premiers souvenirs sur le sujet remontent au temps du lycée dans les premières années 70. Alors florissait toute une belle jeunesse française et masculine en pattes d’éph’, blousons jeans, boots zippées et cheveux longs ou mi-longs, sillonnant ma banlieue sur ses mobylettes ou ses bruyantes fausses motos 49,9 cm3 de marque italienne – Malaguti, Flandria, Gitane Testi, Itom.

Des mobs aux scooters

Je n’ai souffert véritablement de cette violence-là qu’une fois et encore pas gravement et pas longtemps. Abordant un beau jour de l’année 1974, sur ma Peugeot TSR 49,9 cm3 (une fausse moto à la française) un virage en sortant de mon lycée dans la très résidentielle commune de Montmorency (95), je serrai de trop près un de ces loubards pilotant lui-même son cyclomoteur : le type, un petit blond énervé, me bloque, descend de son deux-roues et m’expédie un direct qui me surprend un peu. Puis il se jette sur moi en m’insultant (mais pas en verlan ou en dialecte wesh wesh) et nous roulons par terre. Le proviseur du lycée, qui passait par là, nous sépare. Peu de choses en somme sinon un bleu à la lèvre pour moi. Je dois dire que 45 ans plus tard, et à la lumière de l’actualité, j’ai presque une forme de nostalgie de ce type de voyou-là, bien de chez nous. Mon agresseur portait, je m’en souviens bien, le traditionnel ensemble en jean, et j’aime bien les clichés, même en pareille circonstance. 

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