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[Portrait] Nicolas Battini : evviva a Patria

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Publié le

22 avril 2024

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« Le jour des attentats du Bataclan, la prison est en liesse, de quoi faire réfléchir. Progressivement, le nationalisme de Nicolas Battini prend une teinte différente. Il ne colle plus au credo des années 70-80, considérant l’État colonial français comme l’unique source de toutes les souffrances.»
© Benjamin de Diesbach pour l'Incorrect

Neuilly-sur-Seine. « Dans la diaspora corse », précise-t-il. Son père est gardien de la paix, sa mère est secrétaire de l’Éducation nationale. « Dans ma famille, on ne compte que des militaires et des fonctionnaires », résume Nicolas Battini. Suite à la mutation de son père en 1997, la famille retourne sur la terre natale et s’installe à Corte, berceau du nationalisme corse. Dans les montagnes, là où perdure la culture ancestrale, Nicolas Battini poursuit son bonhomme de chemin : l’école primaire puis le collège à Corte. Un itinéraire de premier de la classe. À 15 ans, il largue les amarres avec l’école pour suivre un enseignement agricole.

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Pour lui, le travail de la terre doit s’effectuer avec un engagement nationaliste radical. Cela tombe bien car l’ambiance est à l’affrontement avec l’État français. La condamnation en 2009 d’Ivan Colonna à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Érignac provoque émeutes et manifestations massives. En Corse, les esprits s’échauffent. Le 1er avril 2012, la sous-préfecture de Corte subit un attentat à la voiture bélier. Les policiers retrouvent le long de la voiture calcinée un extincteur rempli de poudre.

Un an plus tard, alors qu’ils n’ont pas encore vingt ans, Nicolas Battini, Stéphane Tomasini et Joseph-Marie Verdi sont arrêtés pour l’attentat de Corte. « Passer de mon village de montagne à la prison de la santé fut un dépaysement brutal », se rappelle Battini. « Pour autant, je ne me suis pas effondré. J’ai considéré la prison comme un autre terrain de lutte. » Cette lutte, Battini va la mener sur le terrain des idées. À peine les portes du pénitencier se referment que Nicolas reprend ses études : d’abord le bac puis un master en langue corse.

La condamnation en 2009 d’Ivan Colonna à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Érignac provoque émeutes et manifestations massives. En Corse, les esprits s’échauffent.

Transféré à la prison de Bois d’Arcy, il découvre la population carcérale en provenance des cités de la drogue. « Ce fut un choc car j’ai réalisé pour la première fois que je faisais partie d’une minorité ethnique. Je me suis aperçu que je n’étais pas simplement corse mais aussi chrétien et européen. » Le jour des attentats du Bataclan, la prison est en liesse, de quoi faire réfléchir. Progressivement, le nationalisme de Nicolas Battini prend une teinte différente. Il ne colle plus au credo des années 70-80, considérant l’État colonial français comme l’unique source de toutes les souffrances. Nicolas Battini perçoit une autre menace sur le peuple corse : l’invasion islamiste.

Après trois années de réclusion préventive, Battini est condamné en 2016 à la lourde peine de 8 ans de prison. Seule indulgence accordée par l’institution judiciaire, il est transféré en Corse à la prison de Borgu. Par fierté et par nationalisme, Nicolas Battini refuse alors la possibilité d’une liberté conditionnelle qui exige la reconnaissance des faits délictuels. « J’ai remercié le juge pour sa proposition en lui conseillant de garder mon bracelet électronique pour le mettre à son chien » Le 30 mars 2019, le nationaliste est libéré. En décalage complet avec les jeunes de son âge, il poursuit ses études et devient conférencier. Au cours d’une réunion, il rencontre Gilles Simeoni, le président de l’Assemblée de Corse. Les deux nationalistes s’accordent sur la nécessité de défendre l’identité corse et de combattre les dérives mafieuses. Mais Simeoni demeure bloqué sur le vieux logiciel tiers-mondiste. D’un côté, il fustige la présence de l’État colonial français; de l’autre, il fait la promotion de l’immigration de masse, de l’écriture inclusive et de la théorie du genre. Cette position est inacceptable pour Nicolas Battini qui rompt en 2022 avec Simeoni lors de l’assassinat d’Ivan Colonna par un islamiste. « Gilles Simeoni ne voulait pas évoquer le caractère islamiste de l’attentat. Il se raccrochait à la thèse ab- surde d’une exécution organisée par Macron. »

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Avec une quinzaine de militants, il claque la porte du parti nationaliste majoritaire pour créer Palatinu, une association prônant la défense de l’identité corse : chrétienne et européenne. « Le nationalisme corse est par essence de droite. La défense de l’identité ne peut se résumer à la langue, c’est aussi la défense des valeurs traditionnelles de la famille, de la ruralité. » Aujourd’hui, fort de ses huit cents militants, Nicolas Battini lance son mouvement politique : Mossa Palatina. « Nous allons nous présenter à toutes les élections, nous sommes prêts à nous allier avec la droite souverainiste française, à condition qu’elle abandonne le jacobinisme. » Nicolas Battini est le type d’homme dont le nationalisme a besoin aujourd’hui. Pas un homme surdiplômé, ni un pleurnichard habile. Nicolas Battini est un homme tout court, loyal et conquérant. Le 6 octobre 2016, à l’énoncé de la lourde condamnation de huit années de réclusion, amis et familles courbèrent le dos. Seul Nicolas Battini garda la tête haute pour proclamer à la face des juges : « Evviva a Patria, vive le peuple corse ». La terre… Toujours la terre !

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