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Pour une Éducation réellement nationale

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Publié le

12 juin 2020

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Education

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La crise a remis l’école au centre des débats. L’école française a besoin d’être sauvée d’elle-même. Une conception conservatrice pourrait bien être la bonne réponse.

 

Lors de la crise sanitaire du coronavirus, nombre de familles se sont aperçues que la pédagogie et l’éducation ne sont pas innées, qu’il s’agit d’un métier. Et pas n’importe lequel dans une France où il concerne plus de 12 millions d’élèves et 1 million de personnels.

 

L’Éducation nationale n’est pas un mammouth, c’est un immense paquebot dont la nation a besoin, le fleuron d’une marine, celle de la civilisation des mœurs sur laquelle nos sociétés se sont fondées avant de subir les assauts d’un progressisme persuadé que toute innovation serait bonne par elle-même. Ce n’est pas le cas. Il est de vieux pots dans lesquels se font d’excellentes soupes. L’Éducation nationale, que l’on pourra nommer instruction publique, telle que nous la connaissons maintenant ne fonctionne plus guère.

 

Il est de vieux pots dans lesquels se font d’excellentes soupes. L’Éducation nationale, que l’on pourra nommer instruction publique, telle que nous la connaissons maintenant ne fonctionne plus guère.

 

Les établissements scolaires n’enseignent plus aux enfants de France ce qu’il convient : lire, écrire, compter et la culture française. Les élèves eux-mêmes le savent, habitués à fonctionner dans un univers de mensonge perpétuel, s’adaptant simplement ou pas, univers prétendant apprendre, faire preuve d’autorité, éduquer ou être un espace d’égalité quand ce ne sont que des illusions. Derrière les prétendues « compétences », dernière usine à gaz issue de la plus récente réforme, une masse d’élèves ne sont plus capables d’écrire un paragraphe correctement, de compter ou de comprendre un texte simple. Et ce sont les inégalités hors école qui font le tri. Ce n’est pas l’école d’avant 1914 qui a provoqué cela, c’est l’école d’aujourd’hui. Le simple fait que l’on réforme sans cesse des réformes qui elles-mêmes venaient à peine de réformer d’autres réformes suffit à démontrer l’échec permanent.

 

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L’école a besoin d’un changement de paradigme, de s’affranchir des conceptions idéologiques progressistes qui ont amplement démontré leur vacuité. De réaffirmer des choses simples, comme le fait que rien ne s’acquiert sans efforts. Pourquoi un adolescent se donnerait-il du mal pour obtenir un brevet qu’il ne peut rater, sauf à le décider ? Pire : pourquoi faire l’effort de travailler si l’on sait que l’on « passera » automatiquement de classes en classes ?

 

Une remise en ordre conservatrice de l’Éducation nationale devra être fondée sur la réhabilitation de la notion d’effort.

 

Une remise en ordre conservatrice de l’Éducation nationale devra être fondée sur la réhabilitation de la notion d’effort. Cela pourrait passer par un examen de fin d’année, à chaque niveau, autorisant ou non l’accès dans la classe supérieure, et donc la remise en œuvre du redoublement. Atteinte à l’égalité ? Non, simple remise en pratique du principe d’équité : celui qui s’en donne la peine obtient ce qu’il mérite. Effort et équité, deux premiers principes fondamentaux.

 

L’autorité aussi, celle du savoir, de la transmission et des enseignants que l’on devra de nouveau appeler professeur. L’idée d’un élève auto-construisant son savoir est une des sources de l’état de l’école progressiste, la période de confinement le montre : si l’Éducation Nationale est parvenue à mettre en place un enseignement transitoire à distance, les élèves ont très vite réclamé leur retour dans les classes et affirmé qu’ils comprenaient enfin clairement à quoi servent les professeurs.

 

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Il y a des délinquants scolaires, minoritaires, aisément identifiables, comme il y a des délinquants de la route ou de petits délinquants urbains. Ils portent atteinte au Bien commun ? Cela devra faire l’objet de mesures fortes, impliquant les familles.

 

Bien sûr, tout cela ne suffira pas : c’est de l’ouverture d’un chantier dont nous parlons. La France doit reconnaître la réalité de l’échec social de l’immigration, une des causes majeures de l’échec de l’école dans les « quartiers difficiles », là où deux « enseignants » sont chargés d’une classe parce que le niveau est trop faible et surtout parce que la langue et la culture ne sont pas françaises. L’école doit transmettre l’amour du pays. Valeur qui va à l’encontre des concepts surannés, vieillis et naufragés du progressisme idéologique.

 

Les professeurs auront un rôle clé dans tous les domaines. Leur travail doit être reconnu, ils doivent être mieux et réellement formés, mieux payés. Ils doivent aussi pouvoir travailler sur place, dans les établissements scolaires, ne pas avoir à financer leurs outils de travail (quelle autre entreprise impose cela à ses salariés ?), disposer de bureaux pour rencontrer et aider les élèves en dehors des heures de cours ou mener des projets interdisciplinaires, être présents durant 35 heures par semaine pour ce faire, et donc rentrer dans un chez eux redevenu véritablement espace privé. Voilà ce que pourrait être l’école conservatrice de demain.

 

 

Matthieu Baumier

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