De retour de plongée dans le lagon, les expats débraillés s’ébrouent. La barge qui embarque les derniers policiers de la PAF et leur Dacia cabossée par les coupeurs de routes s’éloigne vers Petite-Terre dans le couchant. À la terrasse du Camion blanc, la bière glacée écume et trinque avec cette mer épaisse qui lèche le muret de l’embarcadère et lève une brise à peine rafraîchie. Scène ordinaire d’un dimanche à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, 9e région ultra-périphérique de l’Union européenne parfumée à l’ylang-ylang au bout de l’Afrique dans l’archipel des Comores. « Mayotte, c’était l’île aux parfums, aujourd’hui c’est l’île aux parpaings » ironise Benoit, un m’zungu brestois du genre pince-sans-rire, prof de maths en poste au collège de Sana, l’un des trois établissements pilotes de l’île. Tongs, chapeau de paille et regard noir quand il évoque l’avenir de«son»île,où il est arrivé un peu par hasard après un divorce chahuté. « L’insécurité est devenue la plaie de ce petit paradis où il faisait si bon vivre il y a encore dix ans… Aujourd’hui c’est l’enfer ! On a peur de circuler à la tombée de la nuit et de croiser ces bandes déchaînées qui surgissent des collines à la sortie de la ville en brandissant des machettes. Le ministre de l’Intérieur leur a déclaré la guerre en 2023 à grand renfort d’annonces et de gendarmes, on a remplacé le préfet et la ministre des Outre-mer, mais rien n’a changé. Peu après, ils ont jeté une brique dans le casque d’un jeune prof qui a perdu un œil et son travail… Franchement, je pense à partir comme plusieurs de mes collègues. »
11 semaines. C’est l’échéance du nouveau plan anti-délinquance et émigration clandestine, annoncé début avril en préfecture par la ministre Marie Guévenoux au cours d’une nouvelle visite express censée rassurer nos compatriotes. Après Wuambushu 1 en 2023, vive l’opération rebaptisée “Mayotte place nette”… « Mama France s’agite beaucoup depuis le début de l’année, rouspète Babakar, un collègue éducateur social. On veut simplement vivre en sécurité… » Cette fois, le gouvernement n’hésite plus à relier l’arrivée des clandestins et l’explosion de la criminalité sur l’île, où la moitié de la population réelle, estimée à près de 600 000 habitants quand l’INSEE en recense 321 000, est d’origine étrangère. La plupart en situation irrégulière avec des mineurs non accompagnés et des « ni ni » – ni expulsables ni intégrables– à cause de cet étrange visa local dit « territorialisé » qui les empêche de quitter Mayotte.
Mayotte place nette » : un plan plutôt flou
Dans le collimateur des fins limiers de la place Beauvau, le « décasage » de 1 300 bangas (cases de tole) qui poussent comme des champignons à flanc de collines autour de Mamoudzou, l’arrestation de 60 chefs de bandes et la chasse aux clandestins en provenance des îles voisines de l’Union des Comores et notamment de l’île d’Anjouan, à une demi-journée de mer de Mayotte. Des mesures qui font l’unanimité en ville. « Souhaitons que ça marche, s’exclame le patron d’un Duka Bé, enseigne alimentaire très populaire à Mayotte. On a besoin de travailler sans avoir la peur au ventre. Une dizaine de jeunes ont dévalisé mon collègue à Tsoundzou 2, se souvient-il. Cagoulés et armés de machettes, ils ont fait irruption à l’intérieur du magasin et embarqué des vivres et des cartons de bière devant des familles terrorisées. Par chance, ce jour-là, personne n’a été blessé… »
Solidarité Mayotte recherche un terrain pour installer un camp permanent de réfugiés
Les soignants de Mamoudzou constatent eux aussi la dérive criminelle de l’île. « On la subit doublement », avoue Nathalie, médecin urgentiste qui vient régulièrement de métropole
pour assurer des remplacements grassement payés et pallier le manque criant de personnel soignant sur l’île. « D’abord, on craint pour notre sécurité sur le trajet de l’hôpital ; je ne sors jamais sans avoir vérifié l’état du trafic sur notre groupe Facebook inforoute Mayotte qui renseigne la présence de coupeurs de routes en temps réel. Ensuite, l’aggravation des blessures par armes blanches constatée aux admissions est réellement inquiétante. J’ai vu arriver des bras entaillés, des coupures à la tête, une main arrachée par un chombo, le coupe-coupe local. On fait de la médecine de guerre… »
En première ligne face aux bandes qui défient désormais ouvertement les forces de l’ordre, les policiers municipaux de Mamoudzou interviennent souvent dans des quartiers où des policiers moins aguerris hésitent à s’aventurer sans dispositif lourd : « Nous connaissons le terrain, les familles et les bandes, explique le brigadier-chef principal Luc. Certains d’entre nous sont nés dans ces quartiers réputés dangereux. » Le major Phil a grandi à Kaweni où les affrontements entre bandes rivales, hérités de rivalités villageoises ancestrales, ont fait de nombreux blessés avec des razzias spectaculaires, s’en prenant à des voitures, à des motos et même à des cars scolaires, désormais sous surveillance policière aux heures de sortie.
Les bandes des collines veulent se faire du Bleu
En chemin vers le quartier dit du Brésil où l’on ne compte plus les garages clandestins, notre patrouille passe par le lycée Younoussa Bamana. Sur le qui-vive en pleine journée, les fonctionnaires installent leur dispositif en triangle, armés de leur flashball, d’une matraque télescopique et de leur Glock 17 à la ceinture, puisqu’à Mamoudzou la police municipale dispose du port d’arme. « Les jeunes nous narguent avec leur upanga (machette) et ils sont prêts à tout pour se faire du bleu… » Ils s’affichent même sur les réseaux sociaux en mode gangsta. Des saisies d’armes à feu ont eu lieu à Majicavo, où nous croisons des voitures et des maisons calcinées, souvenir d’un règlement de comptes entre bandes. Terrain de guerre qui a coûté la vie à un jeune, tué par balle, et a laissé sur le carreau un rival, qu’on a retrouvé avec une lame dans le thorax…
« On ignore la réalité de la situation en métropole où Mayotte évoque souvent la mer, les tortues et le lagon… Il faut voir l’état de nos voitures prises pour cible par des moellons et des fers à béton aiguisés pour traverser la tôle et nous tuer. Ici, les propriétaires des maisons incendiées ont tout abandonné du jour au lendemain, heureux d’avoir échappé à la mort… » Les violences contre les personnes et les pillages sont devenus un tel fléau que la lutte contre le trafic de drogue passe au second plan. « Quand 50 ou 60 gamins descendent des collines pour mater le village voisin, caillasser un bus scolaire, incendier un engin de chantier de la ville ou se faire des flics, on n’a pas le droit à l’erreur… »
À l’entrée d’une favéla à flanc de colline où des gosses gambadent pieds nus entre les carcasses de voitures, un kid du quartier, le bob mili sur le coin de l’œil, une feuille de cannabis en pendentif, consent à dire sa vérité près d’une porte de garage défoncée et couverte de tags, sans quitter des yeux les policiers postés en contrebas : « Ici t’es au Brésil mec, ça rigole pas. C’est les gangs, les chombos et les guns. Nous, on a grandi avec eux… » Il montre un gamin de la tête : « Lui, il est encore petit, faudra faire sa vie en métropole, loin de tout ça. Y’a rien pour les jeunes, ici… »
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L’électorat très courtisé des outre-mers
Cette fois, avec l’annonce d’un projet de loi sur la fin du droit du sol, la suppression du titre de séjour territorialisé propre à Mayotte – une « prison à ciel ouvert » dit-on qui enkyste la délinquance – le contrôle des ventes de machettes et l’autorisation d’euthanasier les chiens de combat des racailles, le territoire espère un retour à la normale avant l’hiver austral. On peut toujours rêver. « Après la vice-présidente de l’Assemblée nationale, le président de la Commission des lois et un train de sénateurs venus auditer la situation sur place, c’est au tour des partis politiques d’envoyer leurs ténors, analyse un élu du département. Mayotte ne doit pas devenir le Lampedusa de l’océan Indien… » Marine Le Pen, en escale à Mayotte, ne dit pas autre chose : « Nous n’avons pas de stratégie globale d’arrêt de l’immigration sauvage ; “Mayotte place nette”, c’est de la com ! »
Redoutant chaque jour un peu plus l’arrivée des bulldozers de la préfecture et la destruction de leur habitat de fortune sur la route de la carrière, les étrangers « statués » de M’tsapéré attendent avec impatience le passage de Céline, l’infirmière libérale du ghetto, à Mayotte depuis 22 ans… « Nous sommes ici dans le plus gros désert médical de France. On est débordé. La situation sanitaire des familles qui vivent dans ces bangas de tôles et de terre, sans eau ni électricité, est très précaire. La majorité de ces Comoriens d’Anjouan sont diabétiques. On recense 800 cas de choléra aux Comores, ça arrive à Mayotte ; j’agis à ma hauteur, suivant la loi du colibri… »
Ali vit près de la rivière. D’origine comorienne, ce jeune mécanicien auto dénonce le double langage des élus mahorais qui font porter la responsabilité de la crise migratoire sur la communauté « étrangère » d’Anjouan. « Les Mahorais ne nous aiment pas. Ils se disent Français mais ça n’efface pas leur origine. Nous sommes tous cousins de l’archipel des Comores, venus d’Afrique, de tradition bantoue et de langue swahilie… » Pour rappel, lors de l’indépendance de l’Union des Comores le 6 juillet 1975, Mayotte (française depuis la vente de l’île en avril 1841 à un officier de marine français par un sultan local) a choisi la France par « référendum » – version contestée par les Comores qui revendiquent la « comorianité » de Mayotte. Ali poursuit : « D’ailleurs, ils sont bien contents de nous embaucher à 200 €/mois sans être déclarés et de vendre des certificats de paternité à nos femmes pour leur permettre d’acquérir la nationalité française. Personne ne le dit mais c’est la vérité : les bébés de papier, c’est eux ! Ils ne veulent pas des Comoriens à Mayotte mais ils viennent nous chercher pour travailler à leur place et partent toucher l’argent magique des allocations à la Réunion, où ils ne sont plus les bienvenus… »
Crise de l’eau, émigration, délinquance et corruption rampante, les mahorais sont nombreux à espérer la victoire du RN en 2027
Des nouvelles routes d’émigration vers la France
Depuis quelques années, une nouvelle voie d’émigration aggrave la situation sanitaire et sécuritaire de Mayotte : la route africaine des grands lacs. L’évacuation le mois dernier du stade de Cavani, occupé par 700 clandestins et demandeurs d’asile, et le rapatriement de 308 Africains en région parisienne ont mis en évidence la nouvelle menace que cette filière venue de RDC, Tanzanie, Ouganda, Burundi, Rwanda ou Somalie fait peser sur le 101e département et, à terme, sur le pays tout entier. Lucien est Congolais. Protégé par le droit d’asile, il espérait profiter d’un logement après le démantèlement des bangas de Cavani. « Les gendarmes m’ont fait sortir pour être recensé avec les autres et disposer enfin d’un abri décent. Je les ai crus. Mais une fois dehors, rien. On nous a abandonnés sur le trottoir ; le stade vidé, la ministre et les officiels sont passés en voiture devant nous sans s’arrêter… »
De son côté, le collectif des habitants de Cavani pointe les associations humanitaires qui organisent les demandes d’asile des nouveaux arrivants. « Un appel d’air insupportable », s’insurge Fatimati, qui dénonce l’insalubrité, l’insécurité et la profanation d’un sanctuaire animiste de tradition bantoue, converti en latrines par les clandestins. Nous avons pu assister à une rencontre improvisée complètement surréaliste avec des élus locaux et le nouveau directeur de Solidarité Mayotte, partenaire officiel de l’État dans le parcours d’insertion des migrants. Il se dit ouvert à la discussion et s’amuse des accusations de connivence avec les passeurs. Son credo : la collégialité et… l’installation de camps de réfugiés sur les terrains de l’État pour canaliser les flux de nouveaux arrivants ! Des camps de transit dans un département français au nom du droit international ? Après la réquisition sans concertation du château de Grignon pour loger les Africains de Mayotte, la France de Macron va-t-elle faire de Cavani le laboratoire de camps de réfugiés gérés par des ONG immigrationnistes qui envahiront demain la métropole ? Drôle de façon de faire « place nette », conforme en tout cas aux engagements pris par la France au Forum mondial sur les réfugiés 2 023 sous l’égide de l’UNHCR « pour transformer les camps de réfugiés en installations intégrées ».
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Nous avons sollicité Estelle Youssouffa, députée très médiatique de la première circonscription de Mamoudzou. La chatouilleuse1 de Mayotte qu’on sait pugnace et investie pour son île n’a pas donné suite. Pour ménager l’action du ministre de l’Intérieur, à qui elle apporte désormais son soutien ? L’occasion de rappeler qu’au-delà du blocage de l’île par les Mahorais en début d’année, bon nombre d’élus locaux courtisent ouvertement le pouvoir qui distribue postes, titres et subventions. « Ici, le préfet a rang de gouverneur, la promesse d’un mandat électif peut conduire à des délits de favoritisme, la corruption rôde sur les marchés publics et les francs-maçons font la loi », me confie un avocat. « Mayotte, martèle Fatihou Ibrahim du collectif des citoyens, c’est toujours la Françafrique… »
12 000 naissances par an au CHM dont 90% d’origine étrangère
Chaque nuit, des dizaines de passeurs échappent à la surveillance des « baskets » au bout des criques ou à la Pointe du crocodile. Ces unités mobiles de la Police de l’Air et des Frontières reconnaissables au jaguar qui barre leur t-shirt noir sont chargées de traquer au pas de course les clandestins qui débarquent par dizaines de boutres surchargées venues d’Anjouan. Les migrants sont interpellés par grappes sur les plages de l’île ; souvent des femmes enceintes, bien décidées à accoucher au CHM. En quelques années, triste record, le centre hospitalier de Mayotte serait devenu a première maternité d’Europe avec plus de 10 000 naissances par an et probablement 12 000 en 2024, dont 90 % sont d’origine étrangère. Mission ingrate, de l’aveu même d’un fonctionnaire fraîchement débarqué de métropole, qui sous couvert d’anonymat, dit douter de l’efficacité d’un dispositif qui mobilise 1 700 policiers et gendarmes « pour vider le Titanic à la petite cuiller ». Sans compter qu’il est déjà question de soulager le dispositif policier fin mai à l’approche des J.O. autrement plus sensibles dans un contexte géopolitique à hauts risques.
Jack a bourlingué dans l’océan indien. Il a même fricoté avec Mister Denard et ses mercenaires
et connaît des passeurs de l’île, dont beaucoup sont, paraît-il, d’honnêtes pêcheurs qui arrondissent leur fin de mois. Il est moins tendre avec l’administration qu’il juge, comme beaucoup de Mahorais, bien trop laxiste avec ces « dakou » (voleurs de zébus) qui pourraient mener Mayotte à la guerre civile si rien n’est fait pour les stopper. « À Anjouan, il n’y a pas de délinquance. Quand un gosse a fait une connerie, il est guéri en sortant de la gendarmerie, où il prend une bonne branlée qui lui passe l’envie de se faire reprendre. Mais en France, les juges trouvent des excuses aux coupeurs de routes qui ne craignent plus la police… »
En 2011, Mayotte est devenue le 101ème département français mains n’a pas les mêmes droits que les autres
« Ça pourrait mal finir si les Comores ne jouent plus le jeu avec la France », ajoute-t-il. De fait, le président des Comores, alors président de l’Union africaine, parlait cet automne à la tribune des Nations unis de la « comorianité » de l’île de Mayotte, malgré l’enveloppe de 150 M € versée par la France à Moroni pour renforcer les missions des garde-côtes de la marine comorienne. Les Mahorais savent à quoi s’en tenir sur le président Azali Assoumani, « cher ami » de la France félicité par Emmanuel Macron, après la Chine, la Russie et l’Iran, suite à sa réélection en 2024 à la présidence de l’Union des Comores…
Chine, Russie, Iran menacent Mayotte
Au-delà des salamalecs diplomatiques avec le maître des Comores, qui monnaye cher sa bonne volonté dans le dossier migratoire, Mayotte se trouve en première ligne face aux encombrants amis du président Azali : la Chine, qui a déjà financé des infrastructures et une unité hospitalière équipée par le Qatar, la Russie dont les consultations ont repris avec une offre de services jubilatoire des ex-Wagner pour reconquérir Mayotte. Et la république islamique d’Iran qui verrait d’un bon œil l’expansion chiite dans la zone sud de l’océan indien, et la mélopée des muezzins au creux des grandes oreilles françaises de la DGSE stationnée en Petite-Terre et défendue par la Légion étrangère.
L’islam tolérant mâtiné d’aninisme bantou, modèle de tolérance et de rituels peuplés de djinns et de sacrifices colorés, résistera-t-il à la radicalisation qui menace la formation des jeunes imams sunnites de l’île, financée notamment par la Jordanie et l’Arabie saoudite ? Mayotte cheval de Troie du frérisme ultramarin ? Ambdilwahedou Soumaïla, le maire de Mamoudzou, se dit confiant pour les 17 communes et les 13 cantons : « Dans un pays à 95 % musulman, la pratique religieuse n’est pas en cause ni le port du salouva, le voile traditionnel brodé des Mahoraises. En 2011, la départementalisation a conduit à renoncer à des droits coutumiers ; nous devons néanmoins maintenir la place de nos Cadis (juges civils musulmans aujourd’hui médiateurs – ndlr) qui veillent à ce que l’islam mahorais ne dérape pas […] Nous savons l’influence de certaines mouvances qui pourraient embrigader des porteurs de bombes ; la France doit sécuriser nos frontières face à la déstabilisation des Comores qui instrumentalisent les clandestins, face au transit de terroristes et demain de mercenaires comme en Afrique. Les Russes savent faire… »
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Présidente de Mayotte Channel Gateway, gestionnaire du port de Longoni depuis 2013, le poumon économique de l’île, Ida Nel est une personnalité très écoutée et jalousée à Mayotte. « Il faut stopper sans délai l’insécurité pour permettre à Total d’établir sa base logistique à Mayotte ! À une heure de vol du Mozambique, notre île peut jouer un rôle stratégique dans l’exploration gazière aux côtés de la Chine, de la Malaisie et du Mozambique. L’opérateur réclame la stabilité, la sécurité et la liberté de circuler dans l’île, enjeux de sa compétitivité. Il y aura des emplois à la clef… » Le Quai d’Orsay aurait dans ses cartons un projet à la chinoise avec son ancienne colonie, alternative au rideau de fer tendu par notre Marine nationale dans les eaux territoriales françaises pour couper la route des kwassa kwassa. « Il n’y a pas encore de French bashing aux Comores, confirme l’ex-présidente de la CCI. La France pourrait acheter une concession sur l’île d’Anjouan pour y accueillir, soigner et former les Comoriens avant de les envoyer travailler en France dans les secteurs en tension et l’invasion migratoire cessera… »
Outre les clandestins en errance, armée des ombres de l’économie souterraine locale, nos services de renseignement suivent, selon nos sources, des fichés S venus de métropole. Seraient-ils tentés de retourner cette jeunesse abandonnée qui massacre nos compatriotes à coups de machette ? Dans le spectre des menaces, à la surveillance de la zone portuaire, porte d’entrée d’explosifs et de drogues de synthèse, la DGSI aurait ajouté un réseau de mosquées et d’écoles coraniques qui concurrencent les shioni mahorais où les élèves apprenaient le respect et la morale. À Mayotte en effet, les gosses fréquentent assidûment les madrassas à l’aube, avant de partir à l’école de la République, qu’on sait en état de mort cérébrale faute de sélection et d’enseignants. Un douanier mahorais en poste à l’aéroport de Daoudzi m’avait prévenu : « Nous ne sommes pas en Hongrie ou à la frontière mexicaine. Mayotte a une double barrière de corail qui nous offre l’un des plus beaux lagons du monde, mais elle n’arrête ni les cyclones, ni les requins-tigres… »





