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Ron DeSantis, l’homme qui pourrait faire chuter Trump

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Publié le

30 mai 2023

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Figure montante du Parti républicain, Ron DeSantis a annoncé le 24 mai sa candidature à la primaire républicaine, au cours de laquelle il affrontera notamment Donald Trump. Mais qui est Ron DeSantis, sur quelle ligne va-t-il faire campagne et peut-il faire chuter son ancien mentor ? Analyse.
Ron DeSantis

« Je suis candidat à la présidence des États-Unis pour mener notre grand retour américain. Nous savons que notre pays va dans la mauvaise direction, nous le voyons de nos yeux et nous le sentons dans notre chair » a affirmé Ron DeSantis, le 24 mai dernier, pour officialiser sa candidature à la primaire républicaine lors d’un Twitter space en compagnie d’Elon Musk et modéré par l’homme d’affaires républicain David Sacks. Une conférence en ligne  qui a tourné au fiasco en raison d’importants problèmes techniques. Juste après, Ron DeSantis a donné une interview à Fox News pour confirmer sa candidature sur un média plus traditionnel.

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Cette annonce fait suite à une longue période de détérioration des relations entre Ron DeSantis et Donald Trump – dont on connaît les velléités de revanche sur Biden. En effet, les deux hommes politiques étaient très proches depuis l’élection de Trump à la tête des États-Unis en 2016, au point que le président avait soutenu sa candidature en expliquant que DeSantis ferait « un grand gouverneur de Floride ». En 2022, Trump a même suggéré qu’il pourrait en faire son vice-président lors des élections de 2024. Mais les mid-terms ont tout changé : alors que Trump n’a pas obtenu le succès escompté pour asseoir sa candidature, DeSantis a été largement réélu à son poste de gouverneur de Floride. De quoi nourrir des ambitions nationales.

Muscler le corps et l’esprit

Le parcours de Ron DeSantis est pour le moins atypique. Né à Jacksonville en 1978, après avoir étudié à l’université de Yale, il devient pendant un an coach sportif et professeur d’histoire dans un lycée privé. Par la suite, il entre à l’université de droit de Harvard d’où il sort diplômé en 2005. Au même moment, il s’engage dans l’armée en tant que conseiller juridique pour la Navy et sera notamment envoyé en Irak en 2007. Armée qu’il quitte trois ans plus tard, tout en restant réserviste, pour devenir rédacteur dans des journaux conservateurs.

Sa vie politique commence en 2012 et ressemble fort à un cursus honorum parfait : d’abord candidat à la Chambre des représentants dans le sixième district de Floride, il remporte haut la main l’élection avec plus de 57 % des suffrages. Lors de son troisième mandat, il annonce officiellement sa candidature au poste de gouverneur de Floride sur la chaîne Fox News. Il remporte sans problème les primaires républicaines avec environ vingt points d’avance sur son concurrent, puis déjoue tous les pronostics en réussissant à battre son adversaire démocrate Andrew Gillum. Le 6 novembre 2018, il devenait donc gouverneur de Floride, poste auquel il était largement réélu l’an passé face au démocrate Charlie Crist.

Contre les wokes, l’immigration et l’avortement

Côté bilan, il a commencé sur les chapeaux de roue avec plusieurs réformes comme l’interdiction de la fracturation hydraulique dans les Everglades et l’autorisation du cannabis médical qui ont fait de lui l’un des dix gouverneurs les plus appréciés des États-Unis.

La suite de son mandat est marquée par une ligne résolument conservatrice, avec en point d’orgue sa lutte contre le wokisme. C’est dans cette optique qu’est votée la loi  « Don’t Say Gay » qui bannissent toute intervention traitant de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre dans les écoles. Ce combat s’est aussi illustré dans son bras de fer avec Disney. En réponse aux critiques formulées du géant du divertissement – très adepte du wokisme comme on le sait – contre la loi susmentionnée, DeSantis a progressivement supprimé les avantages de Disney tel que son statut de district autogéré. « Ils vont vivre sous les mêmes lois que tout le monde, ils vont payer leur juste part d’impôts et ils ne vont pas se gouverner. »

« Ils vont vivre sous les mêmes lois que tout le monde, ils vont payer leur juste part d’impôts et ils ne vont pas se gouverner »


Ron DeSantis sur Disney

Outre une politique anti-Covid peu restrictive par rapport aux autres États, il s’est démarqué sur le plan social par une lutte zélée contre l’immigration illégale. Une loi a ainsi rendu le transport de migrants illégaux passible de cinq ans d’emprisonnement et 5 000 dollars d’amende par migrant, de même que l’emploi de migrants illégaux – provoquant la colère des professionnels de l’hôtellerie, de l’agriculture et de la restauration.

Sur le plan sociétal, profitant de la décision de la Cour suprême, le droit à l’avortement a été limité à une durée maximale de six semaines. DeSantis est favorable à la peine de mort et souhaite qu’il n’y ait plus besoin de l’unanimité du jury pour l’appliquer. Il soutient par ailleurs le port d’arme pour tous et en a fait un droit presque inconditionnel. Seuls quelques endroits sont interdits aux porteurs d’armes tels que les écoles (sauf pour les professeurs) et certains lieux accueillant beaucoup de monde. Ces décisions lui ont valu le soutien de la NRA.

Enfin, en ce qui concerne le volet international, c’est l’influence de la Chine en Floride qui semble l’avoir le plus préoccupé. TikTok a été interdit sur les serveurs gouvernementaux et éducatifs, tout comme l’achat de terrain par la Chine ou « d’autres pays étrangers préoccupants » à moins de 10 miles de sites stratégiques, comme les ports, les bases militaires ou les centres aérospatiaux. Il se revendique gouverneur le plus pro-israélien des États-Unis.

Peut-il faire chuter Trump ?

Avec sa politique, le gouverneur de Floride a su s’attirer des soutiens de tous horizons, en particulier parmi la communauté juive du parti. Il était récemment en Israël où il a rencontré la milliardaire israélo-américaine Miriam Adelson, l’une des principaux mécènes du Parti républicain. Il est également soutenu par l’aile conservatrice du Parti républicain pour ses lois anti-LGBT et anti-immigration. Il est enfin apprécié des libertariens du mouvement du Tea Party dont il a fait partie. Question argent – nerf de la guerre de la présidentielle américaine –, parce que soutenu par de grandes fortunes, il aurait, selon les documents publics, déjà rassemblé plus de 110 millions de dollars pour soutenir sa candidature. En comparaison, Trump’s MAGA Inc détenait 55 millions de dollars disponibles à la fin de 2022.

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Mais DeSantis compte aussi beaucoup d’ennemis au sein du parti, notamment au sein de l’aile plus modérée du parti qui n’a pas apprécié ses querelles avec Disney. Surtout, il s’est attiré les foudres des nombreux soutiens de Donald Trump qui ne perdent désormais plus une occasion de le critiquer sévèrement – allant même jusqu’à dire que donner un dollar à DeSantis, c’est le donner à Joe Biden.

Reste une question : a-t-il une véritable chance de faire chuter Trump ? En novembre 2022, les sondages le plaçaient en tête, avec 46% des intentions de vote contre 39% pour Trump. Aujourd’hui, il accuse un énorme retard de l’ordre 30 points (à 54%/24%) sur son charismatique aîné, qui a visiblement su se désengluer de ses affaires judiciaires dans l’esprit de ses soutiens.

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