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Saint Joseph de Cupertino

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Publié le

29 septembre 2019

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Joseph (Cupertino 1603 – Osimo 1663), con comme un balai et persécuté par l’Église, fêté le 18 septembre, a eu une putain de vie de merde qui lui vaut d’être saint.

 

 

 

Joseph Desa, fils de Joseph, un charpentier, naît d’une pauvre femme dans une étable. Contrairement à N.S.J.C., sa mère s’appelle Francesca et se trouve à la rue, enceinte jusqu’aux yeux, après que son époux a canné subitement. Et c’était en juin.

 

Est-ce la proximité des bêtes, le manque de nourriture ou la faute à pas de bol qui fait que Joseph brille par son absence d’intelligence dès l’enfance ? La tête vide et la bouche bée lui valent son premier surnom, bocca aperta et les moqueries.

En grandissant Joseph est de plus en plus con comme ses pieds qui s’emmêlent souvent quand il marche. Incapable d’étudier et de travailler malgré sa bonne volonté, ne sachant ni lire ni écrire, l’avenir de l’adolescent s’annonce sombre sur terre.

Or, par cet interstice béat, Dieu emplit Son Saint de tout Son amour et sa tête n’est faite que de Lui. À l’âge de cinq ans, il prie des heures avec une dévotion particulière à Notre-Dame. Sa foi n’a d’égales que sa gentillesse, sa lenteur d’esprit et sa maladresse.

 

En grandissant Joseph est de plus en plus con comme ses pieds qui s’emmêlent souvent quand il marche. Incapable d’étudier et de travailler malgré sa bonne volonté, ne sachant ni lire ni écrire, l’avenir de l’adolescent s’annonce sombre sur terre. Toujours perché sur le mont des Béatitudes, il voit les Cieux, peut-être même déjà le septième, et cette vision le plonge en une extase perpétuelle. À dix-sept ans, il est refusé par les Franciscains avant de se faire jeter par les Capucins l’année suivante. Mais, pauvre et méprisé, Joseph est toujours heureux et joyeux. Et quand il est content, il ne vomit pas, même s’il est niais. Il ne pille pas les boutiques ni ne brûle de voiture pour exprimer sa joie mais là je m’écarte un peu du sujet.

 

Pistonné par sa mamounette chérie, Joseph est finalement reçu par son tonton franciscain, Giovanni Donato, au couvent de Balsorano. Ne sachant rien faire, pas même passer la serpillière, on le colle à garder une mule et, humble et aimable envers la bête, il se nomme lui-même « frère âne ». Il est stupide mais lucide. Remplissant tous les devoirs des convers et faisant montre des meilleures qualités monacales : piété, humilité, obéissance, amour de la pauvreté et charité, Joseph est admis parmi les moines en 1625. Être teubé n’est pas un motif de refus légitime. En revanche, c’en est un pour accéder au sacerdoce.

 

Il faut au minimum savoir lire et faire une exégèse biblique pour être prêtre. Premier miracle pour Joseph en 1628 : il reçoit le sacerdoce sans même passer l’examen. Dieu le veut et l’aime bien.

 

 

Lire aussi : Vive les gros saints : Sainte Marguerite d’Antioche

 

 

C’est là que les emmerdes ecclésiastiques commencent, car l’idiot du couvent n’est autre que la monture royale des Rameaux. En la saint François de 1630, Frère âne s’élève pour la première fois au-dessus de la foule. Le même phénomène se reproduit des centaines de fois, devant autant de témoins, lorsqu’il dit la Sainte Messe, chante les vêpres, embrasse les pieds d’Urbain VIII ou entend tout simplement les noms de Jésus et Marie. Il vole, comme un ange, sans ailes autres que la grâce. Il multiplie les miracles de guérisons, les prédictions et le pauvre Frère âne, ne pouvant les expliquer, est soupçonné d’être un mystificateur de phénomènes mystiques voire un possédé.

 

Il est envoyé devant l’Inquisiteur Pellegrini qui, faute de trouver une raison valable de condamnation, l’exile durant neuf ans à Assise puis huit ans à Osimo. Joseph est au pain et à l’eau, réduit au silence et à la clôture. Ordre d’Innocent X et Alexandre VII. Sa renommée pourtant ne faiblit pas et nombre de pèlerins viennent assister à ses messes.

Malade, fatigué et reclus, Joseph est bienheureux car il se sait bien-aimé de Dieu. Il offre la bouche ouverte de son sourire à tous ses frères comme depuis sa naissance. Jamais personne ne l’a entendu se plaindre.

En 1663, toujours soupçonné par le Pape, son corps s’élève pour la dernière fois alors qu’il célèbre l’Assomption. Malade, fatigué et reclus, Joseph est bienheureux car il se sait bien-aimé de Dieu. Il offre la bouche ouverte de son sourire à tous ses frères comme depuis sa naissance. Jamais personne ne l’a entendu se plaindre. « L’âne a commencé à gravir la montagne », parvient-il à dire avant d’être terrassé par la fièvre et c’est dans les bras de la Sainte Vierge dont il récite les litanies que Joseph passe de sa cellule à la porte de Jérusalem le 18 septembre.

 

Canonisé en 1767 après authentification de ses miracles et de la sainteté de sa vie héroïque, saint Joseph de Cupertino est le patron d’Osimo, des aviateurs et astronautes, des étudiants en période d’examen, de Cupertino et des franciscains de Californie, ce qui nous assure que Dieu aime Ses saints et toujours leur rend justice.

Elodie Pérolini

 

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