Salomé Saqué, c’est la nouvelle égérie de la gauche qui ne se tait plus. Omniprésent sur les plateaux et les réseaux, son joli minois – bien qu’affublé d’une expression perpétuellement hostile – fait désormais partie du paysage médiatique. Mais alors, de quoi Salomé Saqué est-elle le nom ? En fait, de pas grand-chose. Dans son livre Sois jeune et tais-toi, réédité en poche, elle défend sa génération, non pour en faire un programme politique, ni même pour lever des constantes et bâtir un semblant de portrait générationnel – chose qui reste à faire.
Non, elle se contente de reprendre un par un les reproches qu’on fait aux gens de son âge pour les contredire à l’aune de son propre activisme. Elle est gentille, Salomé, elle est probablement pleine d’idéaux, mais ce livre – écrit avec un style fascinant, celui d’une collégienne en stage chez France Inter – apporterait plutôt du grain à moudre à ceux qui dénoncent l’inanité du politique chez la génération Z, réduite à quelques stimuli compassionnels, et surtout à reprendre l’ensemble des éléments de langage qui sont distribués par le pouvoir pour affamer les foules et faire trembler les ménagères.
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Si son indignation peut paraître légitime – face à une génération de boomers qui s’en prend aux enfants qu’elle a contribué à sacrifier avec ses choix idéologiques déments – elle s’en prend rarement aux causes réelles, et oblitère complètement une chose : c’est notamment la gauche, dont elle se revendique, qui a créé le socle de cette France qu’elle conspue. On ne pourra pas reprocher à Salomé Saqué d’être de gauche, c’est une erreur de jeunesse assez courante, mais sa gauche n’a même pas l’irrévérence qu’elle devrait avoir à 20 ans. Non, elle se contente d’un petit précis aux allures de page Wikipedia, sec comme une notice de lave-linge, aux allures de règlement de comptes, où elle prend à partie quelques vagues sommités pour asseoir son argumentaire bien maigre. Presque un travail de juriste, qui nous fait dire qu’elle sera sûrement soluble, un jour, dans le centrisme le plus éhonté. Aujourd’hui chez Blast, demain chez BFM ? À fuir.






