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Secteur Ä : secteur anti-france

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24 mai 2018

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Secteur A @DR-2

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Secteur Ä se recompose pour un grand concert fin mai à l’AccorHotels Arena. L’occasion de se souvenir qu’en 1994, déjà, une jeunesse des banlieues radicalisée et shootée à la haine de la France aiguisait ses rimes en plein déni bobo. Flashback.

 

Ministère A.M.E.R., c’était l’époque où Geneviève de Gaulle-Anthonioz, poussant la bienpensance jusqu’à une forme de négationnisme, pouvait claironner avec mièvrerie que le regard des « jeunes » qu’elle avait croisés dans je ne sais quelle « té-ci » de France, elle ne l’avait rencontré qu’une fois auparavant: dans le camp de concentration de Ravensbrück. Les victimes de Maria Mandl, que les détenus d’Auschwitz, où elle officia après, surnommeront « La Bête féroce », apprécieront… C’était aussi l’époque où Assassin incarnait pour les médias mainstream le summum de la radicalité en matière de rap « conscient »; Rockin Squat, infâme donneur de leçon, Matthias Cassel de son vrai nom, « fils et frère de… », petit bourgeois faisant de la musique destinée aux petits-bourgeois mais jouant au populo ayant développé sa conscience politique dans les livres – laquelle conscience politique a sombré depuis dans le conspirationnisme illuminati –, donnait l’image exacte de cette banlieue telle que la fantasmait l’élite de gauche : malheureuse et enragée, un peu poète, rebelle, mais hélas sans cause, en fait James Dean en jogging

Ce qui frappe avec le « Ster-mini », c’est l’actualité de sa description d’une certaine jeunesse : violente, potentiellement islamiste, misogyne et totalement décomplexée.

À l’opposé, le programme du Ministère A.M.E.R., vaisseau principal du label Secteur Ä, était un brin moins consensuel: sacrifier un flic (Sacrifice de poulet), niquer sa femme (Brigitte femme de flic), foutre le voile sur la gueule de sa fille, le tout sous le portrait de l’ayathollah Khomeini (Pas venu en touriste) ; plus généralement, il s’agissait de défoncer des « faces de craie », de niquer la France au maximum, de se faire de la thune, de cracher sur les pédés, les toxicomanes (Autopsie), de prostituer les tasspé (Les rates aiment les lascars) et de reprendre sans vergogne et en se bidonnant la doxa antiraciste en guise de chèque en blanc pour la renvoyer à la gueule des bobos effarés. C’était la banlieue telle que l’on pouvait la rencontrer pour de vrai un samedi soir, à la sortie d’un bar où « James Dean » dans son jogging venait de foutre une main au cul de la copine de lycée avec laquelle vous espériez sortir un jour depuis trois ans, tandis que son pote vous collait des petites claques sur l’arrière du crâne en vous traitant de raciste parce que, malgré l’habitude, vous ne vous étiez pas mis suffisamment vite en position de soumission – c’était en 1994.

 

 

Hormis l’indéniable qualité musicale, qui fait que leur album culte 95 200, dans un genre où six mois suffisent à rendre une mix tape obsolète, est encore audible aujourd’hui, ce qui frappe avec le « Stemini », c’est l’actualité de sa description d’une certaine jeunesse : violente, potentiellement islamiste, misogyne et totalement décomplexée. Ce que tous les bienpensants niaient avec une invraisemblable obstination, Passi et Stomy, les deux membres de Ministère A.M.E.R, le revendiquaient sans scrupule ; ne manquait alors au tableau que l’antisémitisme qu’ajouteraient les gros nuls de la bien nommée Sexion d’assaut. Cela mis à part, tout y était – le portrait inquiétant était à peu près complet de cette « jeunesse » telle que nos élites la dé- couvrent depuis qu’elle semble avoir surgi seulement à la suite des terroristes du Bataclan et de l’émergence de Daesh. On comprend mieux, alors, la relative confidentialité dans laquelle végétera le Ministère, devenu culte depuis, et consacré seulement sous la forme consensuelle qui lui a succédé, c’est-à-dire les carrières solo de Stomy Bugsy et Passi. On trouvera néanmoins encore, notamment chez Passi, quelques perles hardcore telle que « Émeutes » dont le refrain scandait « C’est rien, c’est rien… ça va pas bien loin ». Un peu tout de même : au moins jusqu’au meurtre et un peu plus loin encore, jusqu’au Bataclan via la Syrie… et dans tous les cas à l’Accorhotel Arena le 22 mai prochain, où se réuniront les membres du Secteur Ä.

 

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