MIRACLE
ANTIDEPRESSENTS, Suede, BMG, CD 16,99€
Le groupe Suede est parvenu à être meilleur qu’à leurs débuts au bout de trente ans de carrière. C’est un miracle. Avec Antidepressants, ils ont sans doute atteint ce qui sera l’un des sommets de leur carrière à l’heure où le groupe ne remue plus les foules comme jadis. Tant pis, peu importe. L’album est d’une fraîcheur et d’une énergie qui nous font oublier que la bande de Brett Anderson est composée d’hommes de plus de cinquante ans. En onze titres (le chiffre parfait) d’un romantisme noir et androgyne, ils ont fait rejaillir leurs influences des années 80, des Chameleons à Echo & The Bunnyman jusqu’à Joy Division. Bien sûr, il y a toujours ces guitares rugueuses qui ont quelque chose de glam et débridé. Le chant d’un lyrisme singulier de Brett Anderson – quelque part entre Bowie et Morrissey – a une intensité qui peut fatiguer certains auditeurs. Ainsi, ce puissant disque peut, selon nos humeurs, être revigorant ou étourdissant. Pour tout dire, on en sort comme giflé, sonné. Tant mieux. Emmanuel Domont
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DE BEAUX DIMANCHES
RAINY SUNDAY AFTERNOON, The Divine Comedy, Divine Comedy Records, CD 16,50€
Il est sans doute le musicien anglais le plus élégant. Lettré, chacun de ses disques est comme un livre dans lequel, comme avec Modiano, on retrouve avec plaisir chacun de ses fétiches. Ces obsessions font toujours mouche. Crooner délicat et ironique, on se love dans ses chansons pointilleuses, toujours savamment orchestrées, avec une joie presque toujours égale. Les Anglais ont The Divine Comedy quand nous avons Vincent Delerm en France. En revanche, nous avions Serge Gainsbourg, qui a forcément dû influencer (période Melody Nelson) la composition de l’une des meilleures chansons de ce Rainy Sunday Afternoon, et qui s’intitule « The Last Time I Saw The Old Man », chef-d’œuvre mélancolique d’une classe terrible. Le titre de cet album est excellent, et tout en simplicité, tant il colle parfaitement à l’ambiance générale de celui-ci. Les dimanches pluvieux peuvent être une joie, vécus à l’intérieur, au chaud, avec ce disque en fond. ED
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RETOUR AU SOMMET
ASCENSION, Paradise Lost, Napalm Records, CD 14€99
On avait un peu perdu de vue Paradise Lost, ces maîtres du doom britannique qui ont balisé le genre au début des années 90 et livré au moins un chef-d’œuvre impérissable, Draconian Times. De tâtonnements néo-gothiques en expérimentations électroniques, le groupe originaire de la brumeuse Halifax semblait condamné à remettre en jeu sa place très demandée de patrons du métal pesant, baroque et hypnotique. C’était sans compter ce retour en grâce qui porte bien son nom : Ascension, sorte d’épitomé qui revisite presque quarante ans d’existence. La voix de Nick Holmes se fait à nouveau caverneuse comme aux premiers instants, et le guitariste Greg Mackintosh nous livre quelques-unes de ses meilleures compositions, avec ce don inné pour les arrangements somptueux qui sonnent comme autant de veines d’or dans le granit le plus lourd. Sans oublier des incursions pop qui donnent à cette atmosphère de caveau quelques salutaires respirations. Une œuvre-somme. Marc Obregon





