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Tensions en Biélorussie, la guerre froide se réchauffe

Depuis plusieurs mois la Biélorussie est secouée par une crise profonde qui ébranle l’autorité du Président Alexandre Loukachenko. Ce dernier, qui a remporté toutes les élections présidentielles depuis 26 ans, a inscrit sa sixième victoire, le 9 août dernier, dès le premier tour avec un score de 80,08%. Malgré ce score chiraquien, son nouveau mandat commence bien mal.

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© DR

Loukachenko décrit sans ambages ses méthodes comme « autoritaires ». Des milliers de manifestants ont été en cons séquence été arrêtés récemment et des opposants comme Viktar Babaryka et Syarhey Tsikhanouski qui voulaient se présenter aux élections ont tout simplement été incarcérés. La femme de Tsikhanouski l’a remplacé dans la campagne mais la veille de l’élection son chef de campagne et neuf de ses collaborateurs ont été arrêtés. Avec Milo Djukanovi? au Monténégro, Loukachenko est clairement l’un des derniers dictateurs d’Europe. Depuis l’annonce des résultats, manifestations et grèves contre le Président se multiplient. Même si ça n’est pas la première fois, on voit s'étoffer les rangs des opposants. Le maître de Minsk, malgré sa longue expérience, paye aujourd’hui deux erreurs qui peuvent lui coûter sa présidence.

Loukachenko a tenté de poignarder la Russie dans le dos

La Biélorussie, et ses 9,5 millions habitants, est historiquement liée au monde russe. Elle partage l’héritage commun de la Rus’ de Kiev et a fait partie de la Russie impériale de la fin du XVIIIè siècle jusqu’à l’avènement de l’URSS. Bien qu’il existe une langue biélorusse, la langue la plus parlée demeure le russe. L’économie est dépendante de la Russie qui propose, entre autres, son pétrole à des prix très compétitifs que les Biélorusses vont ensuite raffiner. Cette dernière décennie, 70% des crédits et investissements directs étrangers proviennent de Moscou ou de la Communauté économique eurasiatique. Sans l’aide russe, l’économie s’écroule. La Biélorussie et la Russie sont tellement proches qu’elles ont signé deux traités qui doivent progressivement les faire fusionner en une confédération unique. Loukachenko tarde dans la mise en place du projet et Moscou s’impatiente. Pour montrer qu’il ne compte pas subventionner Minsk ad vitam aeternam, Moscou a augmenté le prix de son pétrole en 2019. Au lieu de montrer qu’il avait reçu le message, Loukachenko a commis sa première erreur et s’est tourné vers les atlantistes. Il a ainsi exploré plusieurs partenariats avec des puissances étrangères et a reçu en grande pompe le secrétaire d’État américain Mike Pompeo en février dernier qui a assuré que Washington pouvait fournir à la Biélorussie 100% du pétrole dont elle a besoin. [...]

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