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Vaporwave : nostalgie électronique

Premier véritable courant artistique de l’Internet, la vaporwave est un genre de réaction face à la modernité capitaliste. Entre regrets d'hier, rejet d’aujourd’hui et rêves pour demain.

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© DR

Il y a onze ans émergeait un nouveau genre dans les méandres de la scène musicale électronique : la vaporwave. Faites par et pour le web, sa viralité mémétique et son esthétique tranchée contribuèrent à colorer le paysage culturel et Internet de la décennie. Issu avec l'album « Chuck Person's Eccojams Vol. 1 » du foutraque cerveau de l'Américain Daniel Lopatin, l'une des pointures de la musique expérimentale plus connue sous le nom d'Oneohtrix Point Never, le genre se caractérise par l'utilisation de samples, essentiellement de smooth jazz, de jingles ou de R'n'B des années 80 et 90, ralentis au point d'en être totalement distordus. Ces échantillons sonores sont ensuite découpés, altérés et recollés afin de créer des morceaux radicalement différents des titres originels, traités comme un matériau brut, celui de la nostalgie.

Éloge du souvenir

À cet artisanat musical se joint une esthétique visuelle discernable entre mille. La vaporwave se reconnaît d'abord par ses couleurs pastel ; magenta, cyan et rose constituant sa palette première. S'ajoute à ces teintes une identité graphique disparate, faite de sculptures gréco-romaines, de produits informatiques des années 80 et 90, de personnages de dessins animés ou de jeux-vidéo japonais de la même époque, de palmiers de « Miami Vice », de gratte-ciel du monde de la finance, de centres commerciaux ou encore d'anciens logos de marques. Cet amalgame kitsch, sonore comme visuel, qui n'est pas sans rappeler la confusion mentale de l'époque, représente ainsi l'univers culturel partagé de la génération née au moment de la chute de l'URSS et du traité de Maastricht, la première vraiment mondialisée, utilisant partout sur le globe les mêmes Windows 98 entre deux parties de Pokémon, un Pepsi à la main. [...]

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