Les faits divers relatifs à des bandes en zones périurbaines sont nombreux, réguliers et croissants depuis quarante ans. Pourquoi les gouvernements n’ont-ils pas réussi à endiguer ce phénomène ?
C’est simple. Parce qu’ils ne peuvent pas, pour une bonne et simple raison. Je vais vous donner une explication très concrète. Un jour, j’ai parlé avec un préfet de police de Paris. Il m’a dit qu’effectivement il avait lu des textes de trente ans qui décrivaient déjà une situation alarmante, laquelle n’a fait que s’aggraver, dans des termes clairs et précis. « Pourquoi ne faites-vous rien alors ? » lui ai-je demandé. Il m’a montré le fichier qui recoupe toutes les informations sur la délinquance dans Paris et sa petite couronne. Il y a cherché tous les individus qui avaient eu plus de vingt-cinq ou trente rapports avec la police et la justice, pour des faits tenant à la criminalité et violence de voie publique – pas les escrocs ou délinquants financiers, mais ceux qui agressent des petites vieilles, ceux qui pourrissent la vie des gens. Nous en avons trouvé aux environs de trois mil qui correspondaient à ces critères, des multi-réitérants.
La fausseté du lien entre criminalité et chômage est démontrée. Même le pauvre Jospin l’a reconnu : diminuer le chômage ne change en rien la délinquance
On ne peut pas dire récidivistes, parce que ce terme signifie qu’ils ont été condamnés. Sur ces trois mil, il y avait cinquante neuf « Francaouis », c’est-à-dire des gens qui s’appelaient Dupont. Naturellement, il n’y avait pas le faciès : mais lorsqu’on retire les noms issus de l’immigration, on passe de trois mil à cinquante neuf. Et comme ces gouvernements sont tétanisés à l’idée de faire une peine, fût-elle légère, au dernier stagiaire de Libération, ils n’agissent pas. C’est tout.
Est-ce que la nature des violences de rue a changé, ou simplement a-t-elle augmenté en nombre et en surface ?
Ce qui a véritablement changé, c’est que maintenant tout le monde a une caméra dans sa poche. Donc ce qui était invisible auparavant devient maintenant très visible. En plus de ça, les pompiers, policiers et gendarmes qui en ont marre de se faire agresser ont maintenant un outil de chantage terrible : ils peuvent faire fuiter des images de faits extrêmement violents. Des images comme celles de l’agression du petit Yuriy, éclatent à la face des gens. On ne peut plus dire, comme les petits sociologues gauchistes, que « ce sont des petits anges victimes du racisme et de l’exclusion ». Ceux qui ont vu les images savent que ceux qui ont fait ce lynchage ne sont des victimes de rien de tout. Et ce type de lynchage se produit au quotidien dans la périphérie des grandes villes. Celui-là s’est produit sous les caméras, dans un quartier très bien éclairé au cœur de Paris, par une bande que je ne qualifierai pas plus avant, mais dans laquelle il se pourrait que statistiquement il y ait moins de Berrichons qu’autre chose, et qui a massacré un gamin : la vérité est cette fois impossible à éluder. Quand bien même il ne serait pas un petit saint, personne n’a à subir ça.
Il semblerait qu’il soit lui-même membre d’une bande localisée dans le quartier.
L’avenir nous le dira : mais même si c’était Al Capone, ce n’est pas à une bande de voyous de le traiter comme ça. La justice existe dans ce pays : s’il a fait des choses répréhensibles, que les personnes portent plainte, et un magistrat examinera l’affaire pour voir si elle est sérieuse. Or là, quel que soit le motif, ils se sont fait justice eux-mêmes. Au moment où cette vidéo est sortie partout, toutes les mamans d’adolescents se sont dit : « Bon Dieu, demain ça pourra être mon fils ». Ou pire : « ma fille ».
La crise sociale qui suivra la crise sanitaire risque de voir augmenter le chômage et concomitamment baisser les prestations sociales. Que se passera-t-il pour les populations qui vivent de trafics et d’allocations ?
Rien ! Rien du tout, évidemment. Parce que ça fait bien longtemps que ces gens-là, même s’ils demandent le RSA parce que ça permet de payer un train avant de pneus pour la BMW, ces gens-là vivent de l’économie souterraine et sont parfaitement autonomes. Les vrais pauvres, ceux de la Corrèze et de la Creuse, ceux-là n’ont pas de kalachnikov et ne tirent pas sur les policiers, ceux-là vont souffrir. Ils ne tireront pas : peut-être feront-ils du blocage de carrefours, à la manière des Gilets jaunes. La fausseté du lien entre criminalité et chômage est démontrée. Même le pauvre Jospin l’a reconnu : diminuer le chômage ne change en rien la délinquance. Cela n’a naturellement rien à voir : ces gens-là n’ont jamais travaillé comme vous et moi, et n’envisagent pas de le faire. Pour eux, nous sommes « des bouffons » de travailler dans des bureaux. Eux dealent, volent, prostituent des gamines égarées par chez eux.
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Voici une preuve de la décorrélation entre misère et délinquance. Lorsque, une fois n’est pas coutume, des policiers avaient démantelé un trafic de drogue particulièrement important en Seine-Saint-Denis, aucun loyer n’a été payé dans toute la zone pendant les mois qui ont suivi. Quel rapport est-ce que ça a avec les maigres sous distribués par monsieur Castex ? Bien entendu, ils demandent le RSA, mais plus pour éviter de se faire repérer qu’autre chose. Ils n’ont pas besoin de ça pour vivre. La misère sociale et les émeutes dans les banlieues n’ont rien à voir. Les émeutes ont pour objectif d’empêcher la police d’accéder à leurs centres de vente de drogue, ou leur marché aux voleurs, où se déroulent leurs activités illicites. Quel que soit le prétexte, Halloween, le 14 juillet ou France-Algérie, l’objectif des émeutes est que le préfet se fasse remonter les bretelles par le ministre qui ne veut pas avoir à gérer ça. Alors on revisse le couvercle de la marmite et on attend le coup suivant.





