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2024 : la France va-t-elle craquer ? (1/4)

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Publié le

9 janvier 2024

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Quelques litres de champagne avalés puis déjà la reprise de notre funeste actualité, 2024 commence par une double gueule de bois dont on se serait bien passé. Car la coupure festive n’a rien changé hélas au triste sort qui guette notre pays. Flambée des violences en tout genre, crise économique et sociale des plus préoccupantes, schisme identitaire et culturel provoqué par l’immigration de masse : les fractures françaises s’additionnent sans que l’on sache bien la profondeur du gouffre dans lequel elles nous entraînent malgré nous. Alors pour faire toute la lumière sur ce qui nous attend, L’Incorrect a convoqué à la barre trois des meilleurs spécialistes de la France contemporaine, chacun avec leur approche bien particulière : le sondeur Jérôme Fourquet, l’historien Pierre Vermeren et l’ancien politique Henri Guaino. Alors, la France va-t- elle craquer en 2024 ? Réponses de nos experts. Première partie du débat.
© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Ensauvagement et décivilisation


Jérôme Fourquet : Pour comprendre un ensemble de phénomènes contemporains, il est important de revenir au concept d’« érosion du processus de civilisation » en repartant des travaux de Norbert Elias. Ce grand sociologue et historien avait montré comment, progressivement à partir de la sortie du Moyen Âge, par toute une série de mécanismes acquis dès le plus jeune âge de manière inconsciente, les individus s’étaient policés, civilisés, domestiqués autour des bonnes manières, de la politesse, du maintien à table, des règles élémentaires d’hygiène. Elias montre comment on a appris collectivement à canaliser les affects, à gérer la frustration et surtout à respecter ou à se conformer à des formes d’autorité plus ou moins consentie. Ainsi le recours à la violence, sans disparaître, était relégué aux marges et était assez proscrit.

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En repartant de ces travaux et en observant ce qui se passe dans différents compartiments de la société française, on peut avoir le sentiment que ces ressorts éliassiens sont beaucoup moins opérants aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier. Il y a désormais régulièrement de l’électricité dans les relations interpersonnelles, qu’il s’agisse des relations entre deux automobilistes, entre enseignants et élèves, etc. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe dans les urgences des hôpitaux, où l’on a été obligé de faire appel à des sociétés de sécurité ou à des vigiles pour essayer, justement, de canaliser les choses. Une partie des services publics est confrontée à cette montée des tensions avec les usagers, à cette érosion de la civilité. Des formations sont organisées pour essayer de donner quelques clés à ces personnels officiant aux guichets afin qu’ils puissent faire face aux invectives et, parfois, à la violence. En clair, l’homme contemporain a plus de mal à prendre sur lui, ce que le langage courant a d’ailleurs incorporé avec des expressions comme « le pétage de plombs » qu’on entend très régulièrement. C’est la base de l’ensauvagement.

La “société de l’enfant roi” a encouragé l’individu à exprimer toute sa subjectivité et l’a peu confronté à des délais d’attente et à des refus.

Jérôme Fourquet

D’où cela procède-t-il ? Beaucoup de mécanismes entrent en jeu. Cela se joue très tôt dans l’enseignement et l’éducation par les familles, avec la « société de l’enfant roi » dans laquelle le très jeune individu est encouragé à exprimer toute sa subjectivité et est assez peu confronté à des délais d’attente et à des refus. Ce jeune individu passe ensuite du statut d’« enfant roi » au statut de « client roi » une fois adulte, puisque notre société de consommation défend un modèle centré sur le client. McDo lui dit « venez comme vous êtes », et L’Oréal ajoute « parce que vous le valez bien ». Tout ça n’incite pas à la modestie, à la maîtrise de soi, à se conformer à un certain nombre de règles. Ajoutez à cela la moindre maîtrise du langage : ce que l’on n’arrive pas à verbaliser est exprimé différemment. C’est tout ce cocktail sociologique et psychologique qui constitue le terreau de cette érosion du processus de civilisation défini par Elias et qui aboutit en fin de cycle à une forme d’ensauvagement, qui ne doit pas être réduit à des formes de violences spectaculaires : il s’agit aussi de toute cette tension quotidienne qui s’intensifie depuis quelques décennies.

Pierre Vermeren : J’ajouterai que la génération née après la Seconde Guerre mondiale a voulu nier la différence entre le bien et le mal. Le mal a été localisé dans le fascisme, le nazisme et plus généralement dans le totalitarisme. En dehors de ce mal absolu, toute morale a été abolie. Au fond, nous sommes redevenus rousseauistes : le bien serait la condition normale de l’Humanité. Avec la déchristianisation, une partie de la société a perdu l’idée selon laquelle chacun d’entre nous est porteur à la fois du bien et du mal.

Quand eut lieu ce basculement ? Les deux guerres mondiales ont été le théâtre d’actes de sauvageries de masse, car la guerre pousse aux extrêmes. Pourtant, la France, et plus largement l’Europe occidentale, ont bénéficié de siècles de civilisation des mœurs et de pacification. L’école et les institutions étaient puissantes et rigoureuses. Les têtes-dures étaient pendant des générations traitées d’une manière très dure par bien des institutions, aux armées, dans les maisons de redressement ou de correction etc. Il était admis que le « mal » pouvait se nicher en chacun d’entre nous, et qu’il devait être combattu pied à pied. L’opposition entre le sauvage et le civilisé ne choquait personne au XIXe siècle. En France, a contrario de la thèse rousseauiste, la modernité a résidé dans la promotion active de la civilisation contre les pulsions violentes, via les institutions, la société, l’école, la justice, etc.

Les deux guerres mondiales ont été le théâtre d’actes de sauvageries de masse, car la guerre pousse aux extrêmes. Pourtant, la France, et plus largement l’Europe occidentale, ont bénéficié de siècles de civilisation des mœurs et de pacification.

Pierre Vermeren

Après la Seconde Guerre mondiale, notre civilisation est entrée dans une crise profonde, et elle a voulu oublier cette faille intime de l’Homme, a fortiori quand elle est portée par une dynamique de groupe. J’en veux pour preuve la question du couteau. Dans le Paris du XIXe siècle, il était placardé jusque dans les transports – à destination des bandits ou des paysans arrivant en ville – que le crachat et le couteau étaient prohibés. Moi, j’ai connu ça très jeune à la campagne. Certains d’entre nous avaient des couteaux, mais ils n’avaient pas l’idée de s’en servir, car un interdit moral très puissant pesait sur tous. Aujourd’hui, des jeunes gens portent sur eux des couteaux – et manifestement s’en servent de plus en plus –, car cela est valorisé dans leur milieu ou dans leur culture familiale viriliste. Or quand on arrive en ville, le couteau n’a plus aucune raison d’être.

« L’ensauvagement » – terme repris par le président de la République – est aussi une question sociale. Professeur à l’université depuis longtemps, je n’ai jamais vu un étudiant avoir un geste de malveillance ou déplacé. Dans mon institution, la civilité règne en maître. C’est une autre chose dans bien des collèges frappés par des violences et des incivilités récurrentes. Récemment, plusieurs faits très graves s’y sont déroulés. L’ensauvagement se concentre dans certaines parties de la société et du territoire. Or, puisque la violence n’est pas prise en compte, ni considérée ni nommée, nos institutions se sont rendues impuissantes pour en traiter les causes et les manifestations. Finalement, il serait banal de se promener avec un couteau… Il y a donc trois problèmes : un problème de société lié à certaines cultures familiales, un problème de classe sociale et un problème de représentation du bien et du mal. La nature humaine n’étant plus questionnée, on est retourné à l’ère des débordements et parfois du pire.

Henri Guaino : Ce qui me frappe, c’est la convergence des constats auxquels parviennent le politologue spécialiste des études d’opinion et l’historien qui observent un dérèglement généralisé de nos sociétés contre ceux qui s’obstinent à répéter que tout ne va pas si mal et que nous avons toutes les raisons de rester optimistes. Éternelle opposition non pas entre le pessimisme et l’optimisme, mais entre la lucidité et l’aveuglement.

Concernant l’après-Seconde Guerre mondiale, que j’ai connu dans mon enfance et qu’on appelle les Trente Glorieuses, j’ai le sentiment pour ma part que dans cette période-là, la plupart des gens, dont beaucoup avaient traversé deux guerres mondiales, avaient tellement vu d’horreur et de violence qu’ils faisaient tout pour que ça ne recommence pas – sans céder à l’aveuglement idéaliste des années 20, lorsqu’on répétait « plus jamais ça » et qu’on mettait la guerre hors la loi, et quand de Gaulle, lucide, écrivait dans Le Fil de l’épée : « Mais où a-t-on vu que la nature humaine avait changé ? ». Soixante millions de morts nous ont montré qu’elle n’avait pas changé. Durant ce deuxième après-guerre, on en a tiré les leçons en instaurant un nouvel ordre social et un nouvel ordre international qui malgré les risques liés à la guerre froide ont ramené un peu plus de civilité et de civilisation. Je n’ai pas le souvenir d’avoir ressenti des tensions comme celles qui traversent notre société aujourd’hui.

Ce qui me frappe, c’est la convergence des constats auxquels parviennent le politologue spécialiste des études d’opinion et l’historien qui observent un dérèglement généralisé de nos sociétés contre ceux qui s’obstinent à répéter que tout ne va pas si mal et que nous avons toutes les raisons de rester optimistes.

Henri Guaino

Tout se passe comme si la sociabilité, la civilité, l’effort sur soi-même de la civilisation se relâchait au fur et à mesure que le souvenir des horreurs s’estompait. Ça recommence : nous nous sommes remis collectivement à penser que rien ne pouvait plus nous arriver. La pensée dominante a installé l’idée que nous sommes le commencement de tout, que nous sommes tellement meilleurs et tellement plus intelligents que tous ceux qui nous ont précédés, que jamais nous ne pourrions commettre les mêmes fautes.

Ce n’est pas la première fois. Dans Le Monde d’avant, Stefan Zweig raconte son enfance dans le vieil empire austro-hongrois. Il y décrit ce temps de la sécurité qu’il nomme l’ « âge des assurances », et raconte que jamais la génération de ses parents n’aurait cru que la société retomberait dans les horreurs du passé. Victor Hugo expliquait quelque temps plus tôt que le XXe siècle serait celui de la paix universelle. Mais toujours la violence revient, car elle est dans l’homme et la nature humaine ne change pas. Depuis le début de l’humanité, dès lors que l’effort collectif et personnel pour maintenir cette violence de l’homme à l’intérieur de lui-même se relâche, le cycle recommence. L’exemple le plus récent et le plus éclatant est celui de la rave party à quatre kilomètres de la bande de Gaza. Cette jeunesse progressiste, qui militait pour la paix, ne pouvait pas imaginer un seul instant l’éventualité de l’horreur qui s’est abattue sur elle et au petit matin, au milieu de la fête, les bourreaux sont arrivés. L’impensable est arrivé. Et le Hamas a fait un très bon calcul sur la nature humaine. Il est allé jusqu’au bout de l’horreur avec l’idée que plus l’horreur serait grande, plus elle pousserait les Israéliens à se venger et cette vengeance en appellerait forcément une autre. Le pari du Hamas, c’était celui du cercle infernal de la vengeance.

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Dans nos sociétés occidentales, comme sur la scène du monde, la nature humaine, que nous avions négligée et même niée, se rappelle brutalement à nous. Contrairement à ce que nous avions pu croire, nous ne vivons pas une ère de raison mais une ère de tous les refoulés qui nous sautent à la figure.

Pierre Vermeren : D’abord, l’après-guerre de la IVe République puis du gaullisme a été portée par les générations nées au début du siècle. Très marquées par les guerres et leurs traumatismes, elles n’ont pourtant pas dévié le cours de leur histoire : elles ont vécu et gouverné telles qu’elles avaient été éduquées et formées, avec notamment une foi chrétienne ou une espérance dans le progrès largement partagées. En revanche, la génération née à partir de 1940-1945, qui a fait 1968 avant d’arriver à la maturité et au pouvoir dans les années quatre-vingt – ces boomers ont aujourd’hui de 65 à 80 ans – a porté et incarné une véritable révolution anthropologique et anti-autoritaire. Ces enfants de ceux qui ont été les témoins, les victimes et les acteurs des guerres mondiales ont rompu les chaînes de la transmission de leur civilisation.

Henri Guaino : Mais ils avaient appris et ils ont essayé de mettre en place de nouvelles règles plus réalistes que celles des années 20. Ils étaient moins idéalistes parce qu’ils avaient pris dans la figure la réalité de la violence humaine que leurs prédécesseurs n’avaient pas su canaliser. Et ils ont tiré des leçons, des guerres mondiales mais aussi de la Grande Dépression. Les grandes crises financières sont déclenchées par ce que Keynes appelait les « instincts animaux » qui poussent les gens dans la spéculation effrénée et qui libèrent la violence de l’argent qui peut tout dévorer. C’est une des manifestations de la nature humaine et de ses instincts violents. Il y a eu une violence économique terrible avec la Grande Dépression, qui a déstructuré des sociétés entières et qui est en partie responsable de ce qui s’est passé dans les années 30 – malaise profond de la civilisation qui devait conduire le monde à la catastrophe.

Un exemple parmi d’autres : le Conseil de sécurité de l’ONU souvent critiqué pour le droit de veto des grandes puissances, alors qu’il a permis de gérer les tensions en fonctionnant comme le fait un disjoncteur en électricité et contribué à l’évitement d’une Troisième Guerre mondiale. C’est un système qui tient compte des rapports de force.

C’est une des manifestations de la nature humaine et de ses instincts violents.

Henri Guiano

Il se passe la même chose dans la société. On a créé des systèmes de protection sociale, des systèmes de négociation sociale de sorte que la violence sociale s’en trouve amortie. Mais pour maîtriser cette violence, il y a aussi l’art de gouverner que l’on néglige parce que l’on ne croit plus à la possibilité des révoltes sociales. Le rôle d’un chef d’État et d’un gouvernement n’est pas de dresser les gens les uns contre les autres. Lorsque la tension est trop forte, il faut savoir céder. De Gaulle et Pompidou l’ont fait avec la grève des mineurs en 63 avec le retrait de la réquisition parce que ça envenimait la situation. De Gaulle l’a fait en 58 avec la pension du combattant. En 68, le gouvernement a négocié avec les syndicats un premier accord qui a été rejeté par les ouvriers qui, à Boulogne-Billancourt, ont obligé le secrétaire général de la CGT à partir sous les injures. Le gouvernement aurait pu dire : « Écoutez, il y a un accord, il n’y en aura pas d’autres. » Le gouvernement Pompidou a ré-ouvert les négociations et a fini par trouver un second accord. Dans ce monde des Trente Glorieuses, on avait conscience qu’il ne faut jamais dépasser la limite au-delà de laquelle le consentement s’effrite. Ce monde dure jusqu’à la fin des années 1970. Aujourd’hui, toutes ces leçons ont été oubliées.

Vous parlez d’Elias et du processus de civilisation à la fin du Moyen Âge, mais l’on peut étendre ce constat à bien d’autres périodes de l’histoire. Par exemple, lorsque la civilisation romaine étendait son empire sur une partie du monde, la violence a beaucoup diminué. La civilisation va reculer brutalement avec la fin de l’empire romain. Le premier effort d’un retour à la civilisation se manifeste brièvement sous l’empire carolingien avec l’école, la langue et la restauration de l’ordre public. Puis il y a une rechute. L’Histoire est rythmée de ces soubresauts de la violence : la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion ou la guerre de Trente ans, sans parler de violences plus localisées mais tout aussi terribles comme la violence contre les boucs émissaires qui revient dans nos sociétés alors qu’elle avait disparue après l’horreur des persécutions des années 30/40.

Pierre Vermeren : Depuis un demi-siècle, la non-acceptation de la violence a rendu chez nous l’État impuissant. L’autorité légitime de la force n’est plus exercée. À l’inverse, au Maghreb, l’autorité de l’État s’exerce dans un équilibre toujours instable, mais finalement, la force et les moyens que l’État est capable de mobiliser sont si immédiats et puissants qu’il y a une neutralisation de la violence – sauf en cas de montée aux extrêmes comme on l’a vu dans la guerre civile algérienne.

En arrivant en France, on entre dans une société qui à la fois peine à conceptualiser la violence, et qui a délégitimé le monopole de la violence légitime des institutions d’État. Cette disparition de la contrainte et de la menace policière et judiciaire est délétère pour certains groupes ou individus. De sorte que l’ordre social règne davantage au Maghreb dans des sociétés pauvres, quand la violence déborde dans notre pays riche, c’est paradoxal. Se promener le soir dans bien des villes du monde, notamment en Afrique du Nord, est normal, quand on hésite désormais à sortir dans la rue le soir dans certaines villes de France. Il y a un vrai problème.

Notre société fabrique de la violence du fait de sa faiblesse. Passer d’une société très contraignante, avec un fort contrôle social ou étatique, à une société où il n’y a apparemment plus de limites, est en quelque sorte criminogène. Je ne défends évidemment pas un État brutal agissant en toute impunité et hors de la justice. Mais entre cela et un État démocratique qui fait régner la sûreté publique – droit de l’homme constitutionnel essentiel –, on a manifestement beaucoup de mal à déplacer le curseur.

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Henri Guaino : Le problème, c’est que nous avons passé notre temps, depuis une quarantaine d’années, à démolir l’État. Quand il n’y a pas d’État, il n’y a plus que les tribus et quand il n’y a plus que les tribus, il y a la guerre des tribus. S’il n’y a pas d’État pour la réguler, la violence se donne libre cours. On a fait de l’école un instrument de déconstruction de la civilité quand elle devrait être le contraire. Avec la mondialisation, on a mis la société en crise, on l’a fracturée sur le fondement d’une idéologie qui est quand même extravagante, qu’on pourrait appeler la dépolitisation de la société et de l’économie. On a nourri une contradiction terrible entre d’un côté une espérance d’amélioration matérielle continue qu’on ne peut plus assurer, et de l’autre une impuissance politique que l’on a organisée en déconstruisant tout ce qui dans l’homme et la société permettait, tant bien que mal, de gérer la violence.

Pierre Vemeren : La société peut- être, mais enfin, c’est la responsabilité des dirigeants politiques, car la chaîne de la justice et de la police est tout de même commandée.

Henri Guaino : C’est quand même aussi une responsabilité collective. Les peuples ont aussi la politique qu’ils méritent. Il y a évidemment l’idéologie dominante derrière, mais si celle-ci est dominante, c’est parce qu’elle est partagée par beaucoup de monde bien au-delà de la sphère politique.

Jérôme Fourquet : Mais elle est de plus en plus contestée.

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