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Le Lys noir : « Notre but est de détruire la République française »

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Publié le

5 février 2020

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Depuis quelques années, un curieux groupe anarchoroyaliste met le feu à la France : le Lys noir. Derrière le chef Rodolphe Crevelle, c’est, outre un journal et des livres, une organisation parallèle qui se met en place, conjoignant ronds-points de Gilets jaunes et salons décatis du Faubourg Saint-Germain. Rencontre avec l’une de ses pierres angulaires, G. de M.

 

 

Le Lys noir, pourquoi ?

 

« C’est dans les drapeaux noirs que l’on taille les plus belles chemises ! » Le Lys Noir commence dans le cœur et la tête, sous la plume et le colt, de notre camarade Crevelle en 2011. L’origine est clairement l’Action française, la « maison mère » comme il l’appelait, une mère dont la progéniture groupusculaire est légion, cela mériterait entre parenthèses d’en faire une petite histoire, j’ai fait partie à titre personnel de deux d’entre eux, DF à Lyon, et le Lys Noir, bref, l’AF donc Maurras bien sûr mais encore et surtout dans l’esprit notre Bernanos pamphlétaire de La France contre les robots. Alors pourquoi noir ? Par opposition au blanc qui est la couleur des conservateurs dont nous ne sommes pas, tu l’auras compris. Au Lys noir nous sommes mal élevés, en cela le noir mais aussi le rouge nous vont bien. Le blanc qui ne l’est jamais assez, nous le laissons aux roycos du dimanche et le gardons précieusement pour le roi lorsqu’il viendra.

 

Lire aussi : L’édito de Jacques de Guillebon : Un brave au coeur puissant

 

Êtes-vous royalistes, anarchistes, révolutionnaires, conservateurs, dadas ?

 

Nous sommes royalistes pour tout un tas d’excellentes raisons, nous avons lu Maurras, mais chez nous c’est plus grave ! Nous sommes royalistes d’abord parce que nous aimons le roi et les gens, le peuple de France, de manière parfaitement charnelle et déraisonnable. C’est en raison de cet amour fou que nous sommes prêts à tout, tant sur le terrain des idées qu’à plus forte raison sur le terrain de la bienséance. Nous ne sommes pas « incorrects », pardon, mais bel et bien mal élevés, donc anarchistes bien sûr ! Pas révolutionnaires bien que nous ayons beaucoup d’admiration pour certains d’entre eux quand ils le sont vraiment, les Khmers Rouges pour ne citer qu’eux.

Notre but est de détruire la République Française qui est sans doute le régime le plus fort et le plus puissant qu’on ait jamais eu à combattre. La démonstration en est faite chaque jour : les manifs géantes de 2013 : matées ; les Gilets jaunes : matés ; la grève géante : matée…

S’il fallait nous définir, je dirais que nous sommes apocalyptiques. Notre but est de détruire la République Française qui est sans doute le régime le plus fort et le plus puissant qu’on ait jamais eu à combattre. La démonstration en est faite chaque jour : les manifs géantes de 2013 : matées ; les Gilets jaunes : matés ; la grève géante : matée… Cela passe donc nécessairement, dans un premier temps par le chaos, qu’il faut provoquer, pas facile, et d’où pourra jaillir seulement dans un deuxième temps, de manière organique, autogérée, locale, mais qu’il faut accompagner, une révélation comme une évidence : le roi. Nous sommes dans le temps du chaos !

Nous ne sommes pas des drogués qui cherchent des expériences hors de notre corps, c’est tout le contraire. Debord ou les Psaumes nous parlent plus que Breton ou Tzara !

Sur le plan littéraire, dadas, surréalistes, ou que sais-je, non certainement pas, car jamais nous ne faisons l’économie du sens ! Nous ne sommes pas des drogués qui cherchent des expériences hors de notre corps, c’est tout le contraire. Debord ou les Psaumes nous parlent plus que Breton ou Tzara ! L’écriture sous toutes ses formes, journal, roman, nouvelle, poésie etc. n’est pas une fin, elle est fondamentale pour nous parce qu’elle est un moyen puissant pour précipiter, provoquer les évènements et au bout l’histoire. Cela porte un nom, c’est l’écriture « performative », c’est-à-dire l’union de l’écriture et de l’action, de la littérature et de la politique. Quand nous écrivons quelque chose c’est pour l’aider à venir, pour qu’elle survienne ! La plus haute forme d’écriture performative est l’Évangile parce qu’il est d’abord une parole vivante !

Il a beaucoup de respect pour ce que vous faites, vous les camarades incorrects.

Pouvez-vous vous dire quelques mots sur le personnage de Rodolphe Crevelle, fondateur et animateur du Lys noir ?

 

C’est un ami ! Tu peux, si tu veux, l’interroger directement, même s’il est très occupé et qu’il doit se cacher, il te répondra. Il a beaucoup de respect pour ce que vous faites, vous les camarades incorrects. Il y a une interview de lui dans le dernier Lys Noir…

 

Lire aussi : Un royalisme d’instinct

 

Vive le roi : mais le roi de quoi ? De la France, de la startup nation, des pays des droits de l’homme ?

 

En deux mots, le roi, pas à l’Élysée ni même à Versailles mais pauvre, sans rien d’autre que ce qu’il incarne, au Mont Saint-Michel, comme un trait d’union entre ciel et terre, terre de France et de Navarre, peuple de France aussi varié dans ses mœurs, ses langues et ses coutumes que le paysage entre Dunkerque et Nice, Brest et Nancy, rendu libre et indépendant ! Les droits, les lois : poubelle avec l’universalisme.

 

 

Propos recueillis Jacques de Guillebon

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