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Enquête – Scout toujours gay ?

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Publié le

10 mars 2020

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L’été dernier, les scouts de France ont été accusés de soutenir la cause LGBT à l’occasion du Jamboree de Jambville. L’Incorrect avait alors publié un article montrant l’ambiguïté du mouvement, n’osant pas officiellement soutenir la cause LGBT mais ne faisant rien pour dénoncer ceux qui, en son sein, en font la promotion. Une réalité qui perdure.

 

 

 

Tout serait parti d’un tweet malheureux selon Marie Mullet-Abrassart, présidente des Scouts et Guides de France (SGDF). Dans un entretien à La Croix du 27 août 2019, elle revient sur l’affaire qui a secoué le mouvement et se défend de promouvoir la cause LGBT : « Nous avons reçu lors de cet événement [le jamboree de Jambville] le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et nous lui avons fait rencontrer une unité qui avait travaillé en camp sur la “vie citoyenne”. Lorsque les jeunes en ont exposé le contenu à Jean-Michel Blanquer, l’un d’eux a énuméré la “cause LGBT” parmi ces cinq sujets. À mon sens, il s’agissait d’un abus de langage du jeune, car la lettre évoquait en fait le problème du harcèlement scolaire en raison de l’orientation sexuelle. Mais l’expression – et c’était une erreur – a été reprise telle quelle sur le compte Twitter officiel des SGDF, dans une série de tweets restituant la rencontre entre les jeunes et le ministre. Puis un évêque a repris ce tweet en s’en désolant, et tout est parti de là, car beaucoup ont pensé que les thèmes de la lettre étaient portés officiellement par le mouvement, alors que c’était la démarche des jeunes ».

On aimerait que Marie Mullet-Abrassart ait raison et qu’il ne s’agisse que d’une erreur de communication sur laquelle il n’y aurait pas lieu d’épiloguer. Malheureusement, la réalité est un petit peu plus compliquée que ce que veut bien nous en montrer la présidente des SGDF. Et si l’on ne peut affirmer que les scouts de France soutiennent la cause LGBT, on doit au moins convenir qu’ils entretiennent à son sujet une ambiguïté coupable pour un mouvement catholique.

 

Lire aussi : Dossier LGBT – Enquête, la presse, aux ordres des LGBT ?

 

Déjà, la présidente se défausse. Plus loin, dans le même entretien, elle affirme : « Nous sommes un mouvement d’Église et pour nous, la doctrine sociale de l’Église est l’un de ces éléments, il n’est pas le seul mais il est central. Et ce n’est pas notre rôle d’éducateurs de prendre parti contre le mariage homosexuel, l’avortement, la GPA – ni de les promouvoir, évidemment ». Bref, sur des sujets d’une telle importance, qui relèvent à la fois de la loi naturelle et de l’enseignement de l’Église, les SGDF préfèrent la neutralité de Ponce Pilate à l’affirmation de la vérité.

 

 

Drapeau LGBT à Jambville

 

Ensuite, les scouts de France n’ont pas hésité à donner des responsabilités à des personnes soutenant ouvertement la mouvance LGBT. Ainsi en est-il d’Édouard Bailhache, ex-chef à Strasbourg et ex-chargé de mission au sein de l’équipe nationale des Scouts de France, qui a croisé le fer sur Twitter avec Mgr Malle, évêque de Gap, en affirmant, sans être repris par sa hiérarchie, soutenir « la défense de l’égalité et des droits LGBT », après s’être réjoui du possible élargissement de la PMA aux couples homosexuels. Un mois après cet épisode, alors qu’il quitte ses fonctions au sein des SGDF, il accorde un entretien à Têtu dans lequel il fait son coming out.

Ainsi, lors du Roverway de Jambville en 2016, Libération avait constaté l’existence d’un espace dénommé « Rainbow café » au milieu duquel trônait le drapeau LGBT.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’on voit des scouts de France faire la promotion de l’idéologie LGBT au sein d’un rassemblement officiel sans être repris par leur hiérarchie. Ainsi, lors du Roverway de Jambville en 2016, Libération avait constaté l’existence d’un espace dénommé « Rainbow café » au milieu duquel trônait le drapeau LGBT. Une tolérance qui n’avait pas eu l’air d’inquiéter plus que cela les autorités scoutes qui ont tout de même fini par en demander la fermeture… la veille de la fin du Roverway.

 

 

Études de genre

 

Une confusion entretenue parfois jusqu’au plus haut de la hiérarchie des SGDF et qui ne date pas d’hier. C’est ainsi que Jocelyne Gendrin-Guinebault, récemment décédée, qui fut commissaire générale adjointe des Scouts de France dans les années 80 et 90 avant d’exercer de hautes responsabilités au sein de l’organisation mondiale du mouvement scout (OMMS) à laquelle sont affiliés les SGDF, était également une sociologue impliquée dans les réflexions sur le genre au niveau de l’OMMS qui commanda en 2002 un rapport de recherche intitulé One of the boys ? Doing Gender in European Scouting à une philologue danoise spécialisée dans les études de genre. Quelques années plus tard, alors qu’elle n’a plus aucune fonction officielle au sein du mouvement scout, Jocelyne Gendrin-Guinebault est élue co-présidente de l’association Genre en Action qui a pour ambition de « permettre à toutes celles et ceux impliqué-e-s dans les questions de développement au nord et au sud de s’informer, de se former et d’échanger sur les enjeux et la pratique de l’approche genre et développement ».

 

Lire aussi : Dossier LGBT – Dans l’entreprise : la pieuvre

 

S’abriter derrière les études de genre est une manière discrète mais efficace de promouvoir la cause LGBT. Tout comme la « lutte contre les discriminations ». D’ailleurs, les SGDF commercialisent toujours aujourd’hui sur leur boutique en ligne le livret « Non mais, genre ! » qu’ils ont euxmêmes édité en 2015. Cet outil pédagogique « est destiné à aider les responsables à remplir leur mission d’éducation affective, relationnelle et sexuelle, à ouvrir le débat en groupe sur les relations hommes-femmes et sur l’éducation des filles et des garçons ». À côté de réflexions de bon sens, on y lit, concernant l’homosexualité, que « le plus courant, c’est qu’un garçon soit amoureux d’une fille et qu’une fille soit amoureuse d’un garçon. Mais qui décide de ce qui est “normal” ? La nature ? La loi ? L’éducation ? La psychologie ? Pour les sentiments, la loi ne dit rien. Depuis bien longtemps, en France en tout cas, on peut être amoureux de qui on veut, homme ou femme. Ensuite, la nature nous donne un corps qui a une identité génétique (homme ou femme) mais qui ne précise pas les sentiments qui vont avec ! La psychologie n’a jamais réussi à préciser s’il était “normal” ou non d’aimer quelqu’un du même sexe. Et l’éducation ? Peut-être que l’éducation que l’on reçoit nous fait penser qu’il est “normal” d’aimer un garçon si l’on est une fille, et inversement. C’est en effet le plus fréquent, mais ce n’est pas pour ça que cela se produira ». Bref, puisque ni la loi ni la nature n’ont quoi que ce soit à nous dire à ce sujet, on peut aimer qui on veut. Et l’Église, qu’enseigne-t-elle ? Nul ne le saura. À part cela, « il n’y a aucune ambiguïté sur l’identité catholique des Scouts et Guides de France », affirme Marie Mullet-Abrassart dans La Croix. Et, gage supplémentaire donné à la mouvance LGBT, les mentions de père et mère disparaissent des bulletins d’inscription aux scouts en septembre 2017.

Mais la réalité est plutôt celle de la déliquescence d’un mouvement d’Église qui a délaissé toute ambition de former catholiquement la jeunesse en lui inculquant la saine doctrine et se retrouve, de ce fait, avec des cadres qu’ils ne peuvent ni ne veulent contrôler.

On serait prêt à croire à la bonne volonté des dirigeants des SGDF qui jurent n’avoir aucune accointance avec la cause LGBT. Mais la réalité est plutôt celle de la déliquescence d’un mouvement d’Église qui a délaissé toute ambition de former catholiquement la jeunesse en lui inculquant la saine doctrine et se retrouve, de ce fait, avec des cadres qu’ils ne peuvent ni ne veulent contrôler. Le résultat, c’est un immense gâchis et un alignement systématique sur l’idéologie dominante.

 

 

Benoît Dumoulin

 

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