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Critique essais monde

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Publié le

19 mai 2020

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Edito Monde

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Une apologie du fils du dictateur libyen, une plongée dans la complexité de l’histoire du Moyen-Orient et une analyse fine du mode de raisonnement des dirigeants allemands face à l’Europe. Beau programme. 

 

 

Saïf al-Islam Kadhafi, un rêve d’avenir pour la Lybie.

 

Morad El Hattab

Erick Bonnier éditions

380 p. – 19,90  €

 

 

 

 

 

On peut admettre que beaucoup de fautes ont été commises en Libye de la part notamment de la France et des Anglo-saxons. On peut aussi comprendre que tout ne fut pas noir à l’époque du colonel Kadhafi. Mais la couverture et le sous-titre de cet essai, tout à la gloire de Saïf Al-Islam Kadhafi, vient nous rappeler ce que le monde arabe peut avoir d’exaspérant parfois : cette inclinaison au culte du chef, à la soumission au raïs, avec tout ce que cela induit en termes de clientélisme. On n’apprend rien sur Saïf Al-islam, rapidement évoqué à la fin. Les 400 pages du livre s’étendent plus largement sur les causes profondes de cette interminable guerre civile libyenne. Morad El Hattab connaît son sujet et décrypte parfaitement le jeu tribal entre les villes de Zintan, Misrata, Tripoli et Benghazi. Malheureusement, l’auteur se perd trop souvent dans des digressions interminables (sur la Bolivie d’Evo Morales par exemple…). Difficile à suivre !

 

Hadrien Desuin

 

 

Atlas historique du Moyen-Orient

 

Florian Louis et Fabrice Le Goff

Autrement

96 p. – 24 €

 

 

 

 

 

 

 

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ». Le général de Gaulle aurait sans doute apprécié l’atlas présenté par Florian Louis et cartographié par Fabrice Le Goff. Page après page, on a le sentiment de comprendre plusieurs millénaires de conquêtes, de religions et de dynasties. Cette région compliquée a vu naître les premières civilisations, profitant de son emplacement de carrefour et de passage entre l’occident et l’orient. Cette position a suscité bien des convoitises issues des steppes d’Asie centrale ou de la Méditerranée occidentale. Bien sûr, l’islam et la langue arabe l’ont unifiée voire étendue. Mais les divisions ont aussitôt repris laissant Turcs, Iraniens et Arabes se disputer le croissant fertile : le cœur du Moyen-Orient donne à celui qui le domine la suprématie sur les deux autres. Ce petit atlas vient compléter la superbe collection qui fait le succès des éditions Autrement. Pas d’idéologie mais juste des faits : une recette ô combien nécessaire pour appréhender une terre hantée par ses démons.

 

 

H.D.

 

 

Le Brexit franco-allemand, mythe ou réalité ?

 

 

Antoine Santoni

Ramsay

230 p. – 18 €

 

 

 

 

« Le raisonnement allemand est simple, consistant à dire : on marche avec l’Union européenne si elle le veut bien, si ce n’est pas l’Union européenne, ce sera la France et l’Allemagne ; et si ça ne marche pas avec la France et l’Allemagne, ce sera Germany first ». À rebours des idées reçues sur une Chancelière à bout de souffle, après 14 ans au pouvoir, et ligotée par sa coalition, Antoine Santoni estime que cette « très grande scientifique et joueuse d’échecs est beaucoup plus sophistiquée que ne l’était Helmut Kohl ». Fin connaisseur de l’Allemagne où il a exercé des postes à responsabilité dans la banque et les médias, l’auteur illustre ce « cavalier seul » de l’Allemagne par « la sortie unilatérale du nucléaire, l’accueil massif des migrants ou le durcissement des conditions d’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite sans consultation aucune avec ses partenaires européens ». Trois chapitres particulièrement étayés décryptent cette stratégie, de « l’euro désespérant », à l’Europe de la défense (« Militaires : la guerre sans poudre ») en passant par l’endettement, un éclairage bienvenu à l’heure du débat sur les « corona-bonds ». Faute d’écouter ses véritables experts de l’Allemagne, la France n’est pas à la hauteur : « M. Macron exprime son point d’une façon incompréhensible pour les Allemands. Lors du discours de la Sorbonne, les Allemands se sont dit qu’il s’adressait aux intellectuels français ».

 

Karl Falkenberg

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