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Conséquences économiques de la plaie

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Publié le

20 mai 2020

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Première pandémie du XXIe siècle, le virus venu de Wuhan provoquera aussi une tempête économique mondiale aux conséquences encore difficiles à mesurer. Une seule certitude : elles seront colossales, particulièrement en Europe. En première ligne, la France, placée sous coma artificiel depuis la mi-mars, pourrait peiner à s’en relever.

 

La question n’est aujourd’hui plus de savoir si nous entrons dans une crise économique mondiale. Nous y sommes. Il convient désormais de déterminer comment nous pourrons nous en sortir avec le minimum de dégâts. Ce qui nous attend serait d’ailleurs, de l’avis même du FMI, bien pire que la précédente crise économique de 2008 provoquée par l’explosion de la bulle immobilière américaine et les fameux « subprimes ». Les grands pays de tourisme ont d’ailleurs été les premiers touchés, tant parce qu’ils sont au cœur d’échange humains majeurs qui ont pu accélérer la propagation du virus, comme ce fut le cas dans l’Europe du sud, que parce que leur économie dépend de ces mêmes échanges. Le secteur des services va notamment essuyer une saignée terrible dans toute l’Europe, mais aussi dans tous les pays qui vivent du tourisme mondialisé. Dans les pays exportateurs de matières premières, ce sont les devises qui manqueront.

 

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Partout ailleurs dans le monde, les entreprises vont devoir survivre au chaos et compter sur un choc de consommation à mesure que le monde sortira de son confinement généralisé. C’est le cercle vicieux de la récession. Des usines ferment puisqu’elles sont trop longtemps à l’arrêt forcé. Des employés se retrouvent au chômage et ne consomment plus. Des actifs financiers ne valent plus rien puisque les agents économiques mettent la clé sous la porte. Les citoyens épargnent de manière forcée, de nombreuses dépenses habituelles n’étant plus possible. Par peur, ils se constituent aussi des bas de laine. La demande baisse. En conséquence de quoi, la valeur de l’épargne diminue. Depuis le début du confinement, la France aurait perdu près de deux milliards d’euros quotidiennement. Au total, l’activité aura perdu 120 milliards d’euros et les épargnants auront accumulé 55 milliards de plus qu’en temps normal.

Autant de milliards qu’ils auraient dû dépenser et réinjecter dans l’économie, venus compenser des pertes des revenus des ménages estimées à 11 milliards d’euros. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis comptent dix millions de nouveaux chômeurs. Ils ont pour eux un peuple qui a tendance à davantage consommer, mais qui est aussi moins économe. L’Observatoire français des conjonctures économiques a évalué que le PIB s’était réduit de 32 % pendant le confinement, ce qui correspondrait à cinq point de PIB pour l’année 2020 – une baisse que le gouvernement évalue à 8 %, compte tenu du fait que l’économie sera toujours ralentie après le « déconfinement ». L’activité ne pourra redémarrer qu’à la condition expresse que les Français consomment, prioritairement en France. Une condition suspensive de reprise qui dépend fortement du moral des Français et de leur confiance.

 

La pandémie a fait la démonstration de notre niveau de dépendance à l’Asie.

 

Face à cet état de fait majeur, le gouvernement sera pris en étau en devant maîtriser la dépense publique et annuler une partie des charges des entreprises déficitaires afin de préserver le tissu productif créateur d’emplois. Heureusement, les entreprises ont pu comme les ménages faire des économies (carburants, salaires, etc.) qui compensent en partie la diminution de l’activité. Pas de quoi garder la tête hors de l’eau très longtemps toutefois. Cette crise nationale désormais actée, nous devrons ensuite tenir compte de la crise à l’échelle mondiale. Les classes moyennes émergentes chinoises pourraient rebasculer dans la pauvreté et les plus fragiles se retrouver au chômage. Les Chinois, en effet, épargnent peu et l’économie du pays n’est plus aussi triomphante qu’elle ne l’était quelques années en arrière ; la faute à une population vieillissante et à une frénésie de promotion immobilière qui peine à trouver des acquéreurs.

Leur endettement total est de l’ordre de 300 % du PIB. Cependant, la Chine est pleinement souveraine, disposant d’un marché intérieur sans commune mesure et forte d’une population d’épargnants prudents. L’État chinois a accordé des crédits à des entreprises d’État via des banques d’État, qui pourraient être recapitalisées par le fait du prince Xi Jinping. Les États-Unis, grâce à leurs armes financières et à un jeu habile sur le coût du pétrole, devraient bien mieux s’en sortir. Ils ont aussi pour eux la maîtrise de technologies de rupture et plusieurs mastodontes insubmersibles, tels que la société Amazon dont les prestations lui permettent de sortir gagnante de la crise. De la même manière, la France pourra compter sur l’industrie du luxe quand les plus prospères voudront dépenser leurs « épargnes forcées ».

 

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Dès leur sortie de confinement, les consommateurs chinois se sont rués sur les produits de luxe. Les pays les plus fragiles souffriront parce que nous aurons souffert. Mais ils souffriront beaucoup plus que nous. Cette fois-ci, nous n’aurons plus rien à donner à leurs ressortissants tentés de forcer nos frontières. Lesquelles frontières territoriales, culturelles, démographiques et économiques ont retrouvé leur sens premier à la faveur de la pandémie. Plus que jamais, les frontières sont d’actualité, redevenant des régulateurs d’un village global qui va progressivement se doter de barrières entre ses différents arrondissements. La pandémie a fait la démonstration de notre niveau de dépendance à l’Asie, s’agissant des produits pharmaceutiques par exemple. Des productions stratégiques qui nous mettent en grand danger face à une crise.

Tirons un enseignement du covid-19 : prévenir vaut mieux que guérir. Ces mesures de précaution – ou pour employer un mot du jargon utilisé en santé publique, ces mesures prophylactiques – doivent être notre nouvelle règle d’or. Bien plus que de « progressisme » et de règlements européens rigides, nos sociétés auront à l’esprit de se prémunir des dangers d’une globalisation qui a largement profité au monde dans son ensemble, mais absolument pas au continent européen qui a connu un appauvrissement inédit dans son histoire moderne – hors le consommateur. Nous aurons aussi grand besoin d’innover, d’investir dans la recherche technologique, soit de renouer avec la grandeur. Il est temps de revenir aux fondamentaux et de ne plus accepter le capitalisme de connivence, l’économie de rente.

 

Ayons en tête un plan de relance qui ne soit pas uniquement pensé autour de l’aide sociale. Restera un point aveugle auquel seuls les grands pays occidentaux seront confrontés : l’atomisation du corps social, fracturé par des tensions ethnoculturelles et sociologiques profondes. Que la crise économique à venir soit le point de départ du grand coup de balai, d’un « reset » pur et simple.

 

Soyons productifs, inventifs et entreprenants. Ayons en tête un plan de relance qui ne soit pas uniquement pensé autour de l’aide sociale. Restera un point aveugle auquel seuls les grands pays occidentaux seront confrontés : l’atomisation du corps social, fracturé par des tensions ethnoculturelles et sociologiques profondes. Que la crise économique à venir soit le point de départ du grand coup de balai, d’un « reset » pur et simple. Nous n’aurons plus la capacité de subventionner un lumpen agressif qui se renouvelle chaque année par le jeu de l’immigration de masse. C’en est fini. Définitivement, il faut l’espérer.

 

Gabriel Robin

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