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Féminisme et néochristianisme

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Publié le

17 juillet 2020

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Le féminisme victimaire s’apparente à un néochristianisme. Avec son péché originel à expier (le patriarcat), avec le démon, incarnation du mal (homme blanc hétéro) et avec ses tentations (la famille traditionnelle, la virilité, la séduction etc), et enfin avec l’homme bon et pur à l’origine en mode bon sauvage (sans genre, pansexuel et anti-raciste) qui aurait été corrompu par cette entité maléfique qu’est le patriarcat et qui doit aujourd’hui se repentir.
Manif feministe

L’homme blanc hétéro est véritablement la nouvelle figure archétypale de Satan. D’ailleurs, les féministes utilisent uniquement le terme de mâle blanc, prononciation identique que pour le mal, et c’est également un bon moyen d’essentialiser l’homme, en le réduisant à son statut d’animal, de bête à traquer. Lucifer, au départ créé parfait, est aveuglé par son orgueil et décide de prendre le pouvoir sur Dieu.

De la même manière, c’est l’orgueil de l’homme blanc hétéro que l’on punit par le féminisme, l’orgueil d’avoir voulu prendre le pouvoir sur la femme et d’instaurer un système socio-politique où il serait roi. On peut presque parler de volonté de puissance dans ce cadre-là. Le féminisme victimaire et prétendument libérateur est un palliatif spirituel dans une société déchristianisée et c’est bien normal : une telle philosophie du martyr (la femme, le LGBT, le migrant etc) ne peut fonctionner que dans une société de culture chrétienne. Tous les archétypes susmentionnés : le patriarcat en péché originel, l’homme blanc hétéro luciférien, la femme christique et les minorités en tant que nouveaux martyrs, ne peuvent parler qu’à un inconscient collectif à l’origine chrétien. Quelle ironie.

Le féminisme de troisième vague, dans sa volonté totalitaire d’unir sous une même bannière des individus ayant des intérêts radicalement opposés, se comporte comme un messianisme visant à assembler tous les peuples dans une foi libératrice

Le féminisme de troisième vague, dans sa volonté totalitaire d’unir sous une même bannière des individus ayant des intérêts radicalement opposés, se comporte comme un messianisme visant à assembler tous les peuples dans une foi libératrice. Il rejoint une série d’autres courants messianiques : l’antispécisme, le communisme, l’antiracisme, l’idéologie LGBT… ayant tous pour but, par des méthodes parfois contradictoires, d’amener la paix sur terre et l’avènement d’un homme nouveau. L’homme nouveau dont ils rêvent n’est que le retour à leur état naturel fantasmé : l’androgyne bisexuel végan et métis vivant en totale harmonie avec la nature, sans classe sociale et dans une indifférenciation sexuelle parfaite.

L’homme naturel n’a ni racine ni culture, il n’est que la production d’un immense melting-pot sans caractéristique prédominante, vivant parmi une masse uniformisée d’autres hommes naturels indifférenciés, Adam et Eve hermaphrodites sans nation autre que la Terre et sans culture autre que celle de la consommation. Les courants messianiques découlent directement du christianisme à l’agonie, ayant échoué au bout de deux mille ans à faire évoluer l’Homme et à le libérer de ses penchants innés. Selon la pensée nietzschéenne, on pourrait qualifier ces mouvements de nihilistes, en ce sens qu’ils nient la nature de l’Homme, la culpabilisent et la répriment comme sources de tous les maux, imposant à l’Homme une mortification de sa chair et de ses instincts, toujours mû par une repentance et un déni de sa nature profonde.

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Voici ce que vise le féminisme messianique : une répression des comportements innés des hommes et des femmes (mais surtout des hommes) et une mortification de leur chair afin de se repentir du péché patriarcal jusqu’à l’avènement du paradis sur terre. Ainsi arrivera la paix dans le monde : par l’interdiction de regarder une femme dans les yeux, par la criminalisation de la séduction et de l’humour et par l’obligation de l’homme à se soumettre à tous les desiderata sexuels de sa compagne. Ce messianisme est bien évidemment voué à l’échec, la nature profonde des individus, façonnée par des milliers d’années d’évolution, reprendra toujours le dessus et la répression des « mauvais penchants » n’a jamais donné d’autres résultats que la naissance de penchants encore plus mauvais.

Feuerbach disait que Dieu était une projection de tous les désirs et craintes de l’Homme. Il est tout-puissant parce que nous sommes faillibles, omniscient parce que nous sommes ignorants etc. Si beaucoup ne placent plus leur confiance dans ce pouvoir divin, c’est parce qu’ils s’imaginent que l’homme peut désormais s’y substituer. Les thuriféraires du féminisme sont tout aussi religieux que ceux qui se réclament des monothéismes abrahamiques. Mais la croyance dans cet absolu, dans cette transcendance, est en l’homme (ou plutôt la femme) et plus en un hypothétique Dieu. Il n’existe pas de société sans foi et sans transcendance.

Et aujourd’hui ce néochristianisme féministe est désormais religion d’État dans bon nombre de pays occidentaux

Et aujourd’hui ce néochristianisme féministe est désormais religion d’État dans bon nombre de pays occidentaux. La femme sur la croix, éternelle martyre de l’affreux mâle blanc, phallocrate, misogyne, sexiste, harceleur sexuel, violeur, tueur, mangeur d’enfants et enculeur de bébés phoques. La propagande misandre ne se cache même plus, c’est le principe de la fenêtre d’Overton. Il y a vingt ans les féministes radicales n’étaient que des hystériques que l’on invitait sur quelques plateaux-télés pour les tourner en ridicule, maintenant elles dirigent des ministères, elles sont à la tête d’émissions de radio, etc.

Sous couvert de pseudo chercheurs en sciences sociales (études de genre, sociologie idéologisée…) tout est validé et tout y passe : l’homme blanc est responsable de véritables génocides envers les femmes (le fameux féminicide, oui chaque jour ou même chaque seconde un homme en France abat une femme parce qu’elle est femme, regardez bonnes gens !), l’homme blanc ce violeur (France Culture qui nous pond des émissions sur la culture du viol à la française, quelle fabuleuse chaîne de radio au contenu de qualité ! si vous écoutez Brassens ou si vous bandez au réveil, vous êtes un violeur !), l’homme blanc ce privilégié, l’homme blanc ce raciste invétéré, et ainsi se poursuit la litanie.

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