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Black lives Mathern [RIP Jean Raspail]

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Publié le

21 juillet 2020

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« Le rectum est-il une tombe ? » Guillaume Dustan / « La consommation authentique devrait être solitaire ». Bataille, La Part maudite / « Mais je laisserai quelques restes d’entre vous / Qui échapperont à l’épée parmi les nations / Lorsque vous serez dispersés en divers pays ». Ezéchiel 6,8

L’époque est mélancolique. À la hauteur de l’enterrement de Jean Raspail. La vie continue, elle, increvable. On entre parfois dans la lumière comme disent les mystiques. Ou c’est dans la béance qu’il se passe quelque chose, dirait Lacan. Les terrasses comme les églises sont pleines d’idées vides. Les derniers cow-boys s’en vont et on a parfois l’impression que Dieu est là, quand même, malgré l’Adieu au langage.

On ressasse sans fin les mêmes problèmes qui n’en sont pas pour éviter l’absolu rien à dire. Mes vérités ne sont certainement pas assez partagées pour être entendues par le plus grand nombre. Alors on attend les poisons et les remèdes. On socialise dans le marketing planétaire et sans limite, on tend les mains dans tous les magasins pour les alcooliser ; au point qu’elles finissent par trembler sans leur dose, c’est la communion moderne. On prend Dieu dans nos mains de nouveaux hédonistes. On sort nos regards froids de nihilistes. On a intégré tous les plaisirs régressifs.

Essayant simplement de vivre « on a essayé d’avoir un enfant », « on a essayé de passer une bonne soirée » : arrêtez d’essayer

Vous n’êtes tellement rien que vous serez de tous les combats. Vous ferez imprimer des merdes sur vos t-shirts et sur votre peau. Luttant contre quoi ? Essayant simplement de vivre « on a essayé d’avoir un enfant », « on a essayé de passer une bonne soirée » : arrêtez d’essayer. Le jour d’après le Black lives matter, les écrans d’Instagram étaient si noirs que j’ai cru quelques secondes que mon TamTam ne marchait plus. Internet, la rue, tout est espace d’auto-confirmation.

Vous ne militez que pour l’émotion. Victimes de tout et responsables de rien. Le bien ou le mal, sans aucune nuance (on aimerait les trouver les nuances de gris). Je ne vois plus que tristesse et panache de sans-culottes. On a fini par penser qu’il n’y a plus rien au-dessus de nous. On communie ou on s’injurie. La sécurité peut-elle encore être assurée ou peut-on foutre le zbeule et venir pleurer parce qu’on nous a tapé dessus ? Tu traites ta mère de pute et tu t’étonnes après qu’elle te foute une gifle ?

Lire aussi : Hommage à Jean Raspail

Votre traversée des catastrophes est celle des apparences. Pourtant, on a voulu nous faire croire que les races n’existaient pas. Votre France est devenue celle de Rosa Parks. Les mentalités sont américaines. Comme si la conversion à l’anglais était un gage de modernité. Nous sommes des immigrants. D’ailleurs, avec internet, nous pouvons vivre dans une société sans vraiment y appartenir. On s’auto-engendre tranquillement chez soi. On choisit son sexe et son idéologie. Afrofuturisme-queer. Je suis Charlie un jour, je suis Adama le lendemain. Sous prétexte d’identité française, on ne sait plus qui on est. Les vanités sont immédiates. Le réel ressemble à la plus mauvaise littérature. Abondance et sans substance. Soyez sec et n’enjolivez rien.

Tout événement incarne le ridicule suprême. On accepte les types et les particularités mais on raille les solitudes et les singularités. Les insoumis ont-ils encore un avenir ? Sans croyance et avec beaucoup d’images, nous gérons nos cœurs angoissés et nos chairs qui échouent de plus en plus. Un surmoi despote. Des revendications onanistes. Splendeur, néant, dégradation. On voulait relier les blessures et les péchés de l’esprit. On devait restituer le sens. Nous sommes surtout des enfants qui portent des bracelets électroniques parce que grand-père a été un assassin.

Au lieu d’accuser un policier pour une bavure, on accuse l’institution et dénonce la société entière pour racisme

C’est ainsi, on voulait passer à l’attaque, sans toutefois savoir bien comment. George Floyd, Adama, Haenel… Au lieu d’accuser un policier pour une bavure, on accuse l’institution et dénonce la société entière pour racisme. Tous coupables. NTM chantait joliment Nique la Police dans les années 90, aujourd’hui c’est un beau gang bang. On est à genoux. À genoux devant toutes les conneries possibles. Et je me souviens d’un joli tag d’une rage d’extrême gauche : ils sont grands parce que nous sommes à genoux. Relevez-vous une bonne fois et bandez à nouveau pour l’honneur. Moi, je ferme ma gueule, je suis privilégiée.

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