Emmanuel Macron est-il le pire président de la Ve ?
Assez naturellement, on serait tenté de dire oui. Mais au fond, il est davantage une conséquence indirecte du Mitterrandisme, matrice d’une grande part de nos maux. Donc il est à mes yeux le deuxième.
Quel est le plus gros échec d’Emmanuel Macron ?
Même dans le concours du pire, il n’arrive que deuxième.
S’il a été réélu en 2022, c’est parce que les autres prétendants étaient encore plus mauvais ?
En France, les retraités font l’élection. Et nos boomers ont reconnu en lui la garantie que rien ne changera. Que pouvaient faire Le Pen et Mélenchon face à ce monticule d’or gris ? Et pourtant, quelle arnaque ! Macron a sans doute triomphé en capitalisant sur le rejet de l’UMPS. Mais loin d’en avoir été l’antithèse, il en aura été une diabolique synthèse.
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Quel est le trait de sa personnalité le plus détestable ?
Dans ce livre, je me suis surtout attaché à passer outre sa personnalité pour rester le plus près possible de la réalité de son bilan. Mais ce dernier peut s’expliquer en partie par sa personnalité… Alors « malheur à toi, pays dont le roi est un enfant ». Je dirais donc cette forme très subtile d’immaturité infantile qui a fait dire à beaucoup de ses contempteurs que c’est un « homme pas fini ». Un adolescent en perpétuel émerveillement de lui-même.
A-t-il une chose positive à son bilan ?
On aurait pu dire, quand même, la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Mais les choix artistiques, notamment des vitraux, trahissent cette fâcheuse tendance à saloper tout ce qu’il touche. On pourrait aussi évoquer l’emploi… Si tout n’était pas en trompe-l’œil. Ainsi, sur les « 2,4 millions d’emplois » que la Macronie s’est gargarisé de créer depuis 2017, nous avons 600 000 auto-entrepreneurs (dont le revenu mensuel moyen est de… 590 euros), 600 000 contrats d’alternance et 190 000 fonctionnaires supplémentaires… Quant au reste, on peut en déduire, vu la stagnation du PIB et des indices de progression de la richesse, qu’ils sont surtout constitués d’emplois précaires. Cet exemple illustre à mon sens la profondeur du malentendu. Tous les voyants sont au rouge.
Et sa politique étrangère ?
Les Ukrainiens ont inventé le verbe « macroner » pour désigner des promesses que l’on ne tient pas. Ajoutons la désertion africaine, la débâcle algérienne et la reconnaissance de la Palestine vue comme une concession face au terrorisme du Hamas… Le pire étant qu’il s’est souvent servi de l’international pour enjamber les échéances nationales. Mais pour quel résultat ? Il aura réussi à dissoudre et le corps diplomatique, et notre diplomatie tout court.
Emmanuel Macron en trois mots :
« Venez me chercher ! »

MARC EYNAUD,
L’ARTILLEUR,
172 P., 15€





