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François Nicolas : « C’est en redécouvrant son histoire que l’on arrive à l’aimer »

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Publié le

28 juillet 2020

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Cette année encore, et ce malgré le Covid-19, la société Amaclio Productions propose aux Français de redécouvrir leur histoire et leur patrimoine à travers trois spectacles son et lumière, dont celui de « la Nuit aux Invalides ». François Nicolas co-fondateur et président de la société a répondu à nos questions.
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Pourquoi cela vous tenait-il à cœur de maintenir le spectacle malgré le Covid ?

Parce qu’il est encore plus important cette année de proposer aux Français de redécouvrir leur patrimoine, puisque la plupart est en France et ne part pas l’étranger. En outre ces spectacles montrent le patrimoine sous de très beaux atours. C’était donc d’autant plus nécessaire cette année que les précédentes.

Quelles ont été les difficultés auxquelles vous avez du faire face en raison de l’épidémie ?

Elles sont nombreuses. D’abord l’incertitude de savoir si on allait pouvoir jouer. Ensuite la difficulté de devoir travailler à distance avec le studio de création et d’enregistrement, sans que les réalisateurs (sous la direction de Bruno Seillier) puissent se rencontrer physiquement. Enfin, même si nous n’avons jamais annulé un spectacle, prendre la décision au dernier moment de jouer et d’attendre les autorisations administratives, tout en ayant déjà engagé la quasi-intégralité des fonds, était une sacrée prise de risque. Nous sommes producteurs, nous ne bénéficions d’aucune subventions, ni d’aides, ni de commandes. Nous avons donc pris un risque financier relativement important.   

Lire aussi : La nuit aux Invalides, quand l’Histoire est plus grande que la légende

Le succès est-il au rendez-vous ?

Contre toute attente, il est au-delà de nos espérances, peut être en partie car il y a peu d’activités culturelles disponibles en ce moment en France. Pour la Nuit aux Invalides, nous sommes quasiment à guichet fermé tous les soirs. Cela fonctionne donc à merveille. Quant aux spectacles du Mont-Saint-Michel et de Carcassonne, il y a eu un démarrage assez lent début juillet, mais l’on sent une nette amélioration depuis le 15 juillet et les départs en vacances des Français. Il y a également pas mal de touristes européens. Les Anglais, les Allemands, les Espagnols sont assez présents, plus que ce que l’on pouvait imaginer. En revanche, il n’y a plus aucun américain et plus aucun asiatique.

Habituellement ces derniers sont-ils nombreux ?

Oui. Au Mont-Saint-Michel nous avons en moyenne 30% de spectateurs asiatiques, plus précisément : des Chinois, des Japonais, des Coréens. L’été, les sites touristiques que sont le Mont-Saint-Michel et Carcassonne sont essentiellement visité par ces touristes-là. D’habitude les Français sont peu nombreux, mais cette année puisqu’ils sont restés en France, nous les voyons venir et redécouvrir leur patrimoine. Ce regain d’intérêt est vraiment rassurant.

Quel est le thème du spectacle aux Invalides cette année ?

Cette année nous fêtons les 350 ans, non pas de la pose de la première pierre, mais de l’édit de fondation signé par Louis XIV pour construire les Invalides. Son objectif était de créer un hospice pour accueillir les invalides : ces soldats blessés lors de ses nombreuses guerres. D’où le nom du spectacle : « au commencement ». À cette occasion nous avons donc modifié quelques tableaux.  

© Amaclio Productions / Paris Musée de l’Armée / Anne-Sylvaine MARRE-NOEL

Les spectacles du Mont-Saint-Michel et de Carcassonne ont-ils eux-aussi un thème particulier ?

Oui. Pour le Mont-Saint-Michel, le thème est « entre mer et ciel ». Avec un regard assez classique, l’idée est de montrer tout l’aspect géologique, minéral, naturel du Mont, mais aussi son aspect très spirituel : toute son édification spirituelle, tout son rayonnement.

Quant à Carcassonne, le thème choisi est « le diamant de pierres ». Là il n’était pas possible de monter un spectacle statique. Nous avons donc créé un parcours à travers le château et les remparts (environ 900 mètres de déambulation), mis en musique, illuminé avec des lasers qui viennent sculpter la pierre et magnifier ce joyaux du patrimoine, afin de transformer la pierre en diamant.

Pensez-vous que la transmission de l’Histoire de France soit un rempart face à la haine de la France qui s’installe de plus en plus dans le pays ?

Oui évidemment. Les Français doivent profiter de cet été où les touristes étrangers sont absents pour redécouvrir leur histoire, car c’est en redécouvrant son histoire que l’on arrive à l’aimer. Et lorsque l’on aime sa propre histoire, il est plus facile d’avoir un socle commun.     

Propos recueillis par

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