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Irénée de Lyon : hors-série du magazine Jésus !

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Publié le

21 septembre 2020

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Cette année le magazine Jésus ! (Première Partie) consacre son hors-série à Saint Irénée, dont le nom signifie « homme de paix ». Saint, Père (et peut-être un jour Docteur) de l’Église, le primat des Gaules a passé sa vie à démonter point par point les « gnoses » ou hérésies de son temps, grâce à son étude très serrée de la Bible. Partez à la rencontre de l’infatigable « gnose hunter ».
Irénée le Lyon

À la fin du deuxième siècle ce disciple de Polycarpe, lui-même disciple de Jean, est envoyé de Smyrne (l’actuelle Izmir) en Anatolie pour évangéliser la Gaule païenne et soutenir la toute jeune communauté chrétienne de Lugdunum (Lyon), dont il deviendra l’évêque succédant ainsi à Pothin. En parcourant la vie d’Irénée et de ses contemporains, on découvre la lutte contre les premières hérésies du christianisme et le danger qu’elles ont fait courir à l’unité de l’Église.

Entre J’aime lire et Saint Thomas d’Aquin

Pour ce qui est de l’esthétique, l’iconographie est très réussie. Quelques cartes et planches de bandes dessinées fort sympathiques exposent le parcours du saint et expliquent les nombreuses hérésies de l’époque. Le tout en cassant le côté potentiellement « trop » sérieux. Le ton alterne entre blagues anachroniques style « gnose hunter », et solennité du récit historique particulièrement dans les pages consacrées aux martyrs de Lyon dont la célèbre Blandine. Des entretiens fictifs (Irénée qui « répond » aux questions du cardinal Barbarin) perturbent un peu, mais évitent de s’ennuyer. Une double page aussi piquante qu’instructive résume la doctrine de neufs gnostiques. La manière dont sont présentés ces concepts a priori rébarbatifs, éveille l’intérêt même chez un néophyte en théologie.

Pour rendre des questions théologiques, quelques fois compliquées, accessibles au plus grand nombre, Jésus ! prend judicieusement le parti de proposer dans ses colonnes une multitude d’approches quelques fois très drôles mais toujours intéressantes. Les cinq piliers de la pensée d’Irénée sont bien résumés. Dans le contexte d’une antiquité remplie de figures divines, il a défendu contre les gnostiques, la nature humaine du Christ comme étant Dieu incarné. Il a affirmé le caractère intrinsèquement bon de la matière alors que celle-ci était considérée comme une prison pour l’esprit. Il a combattu les récits apocryphes en posant une « règle de foi » qui contribuera à la genèse du credo. Surtout, Irénée s’est battu pour montrer qu’il n’y avait qu’un seul et même Dieu : que celui de l’ancien testament était bien aussi le Dieu des chrétiens. Enfin, il fut le premier théologien à reconnaître à Marie son rôle dans le Salut par l’enfantement « sang et sueur compris » du Christ.

L’Église de Lyon au secours de sa sœur d’Irak

Les liens établis au deuxième siècle par Irénée entre les communautés chrétiennes d’Orient et d’Occident, perdurent encore aujourd’hui et sont démontrés dans la partie Reportage. Un point est fait sur la relation de « sœurs jumelles » liant l’Église de Lyon et l’Église d’Irak, suivi d’un focus plus large sur la situation des chrétiens dans le pays. On apprend notamment le rôle joué par le diocèse de Lyon et la Fondation Saint Irénée, dans l’aide apportée à leurs frères orientaux. Un article est d’ailleurs consacré à l’école Saint Irénée du camp de réfugiés d’Erbil, gratuite et ouverte à tous les enfants, quelle que soit leur religion. – L’école a depuis fermé ses portes, les familles ayant pu regagner Mossoul après la défaite de l’État Islamique.

La fin du numéro est consacrée entre autres aux différents modes de représentation de l’Évêque de Lyon : livre, slam, docu-fiction, sculpture, peinture, toujours avec humour : « comme la photographie n’a été inventée que 1641 ans après sa mort, on ne sait pas vraiment à quoi le fameux évêque ressemblait. […] il connaît le même destin que ces hommes d’affaires qu’on attend à l’aéroport : il lui faut un écriteau pour qu’on le reconnaisse. »

Avec ce hors-série, Jésus ! réussit à faire revivre un évêque méconnu du deuxième siècle, et à rendre sa pensée accessible même au lecteur étranger aux questions théologiques. Et à une époque où la gnose et l’ésotérisme reprennent dangereusement du service, la doctrine sûre d’Irénée nous est plus que salutaire.  

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