Combien de bébés faudra-t-il encore sacrifier à la dictature du droit à l’avortement ? Après la tentative – rejetée de justesse par le Sénat – d’allonger de deux semaines le délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au prétexte de la crise sanitaire ; après l’élargissement du recours à l’interruption médicale de grossesse (IMG) au motif d’une détresse psychosociale inscrit par amendement dans la loi bioéthique, les députés reviennent une nouvelle fois à la charge. Faisant suite à un rapport de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, une proposition de loi, portée par une député ex-LREM désormais écologiste, visant à l’allongement du délai de recours à l’IVG de douze à quatorze semaines et la suppression de la clause de conscience spécifique, a été adoptée en commission des Affaires sociales grâce au soutien de la majorité. Fait suffisamment rare pour être noté, cette proposition de loi sera débattue en séance plénière le 8 octobre prochain contre l’avis du gouvernement, qui n’est pourtant pas timide en matière de recul bioéthique.
Il est grand temps de sortir des postures idéologiques et de revenir à des orientations et objectifs qui sont les seuls défendables dans une approche humaine de l’écologie, donnant priorité à la vie
Cette proposition, comme toutes les dérives bioéthiques que nous subissons ces derniers temps, repose sur une logique absurde aux conséquences terribles. Elle ne cherche pas une position juste mais simplement à s’aligner sur ce qui se pratique ailleurs. Constatant que certaines femmes ayant dépassé les délais légaux en France se rendent à l’étranger – notamment aux Pays-Bas ou le délai est de 24 semaines ! – pour avorter, les promoteurs de cette loi entendent augmenter le temps légal d’accès en France. Quelle ambition pour le modèle bioéthique français que de s’aligner sur les lois les plus permissives et criminelles de nos voisins européens !
La volonté de supprimer la clause de conscience spécifique à l’IVG, pour les médecins et désormais les sages-femmes qui seraient autorisées après les médicamenteux à pratiquer des avortements chirurgicaux, n’est pas moins inquiétante par sa logique totalitaire. Certes, cette proposition de loi n’impose pas aux praticiens qui ne le voudraient pas de pratiquer des avortements. Mais en les contraignant à indiquer le contact d’un professionnel de santé prêt à s’y adonner, elle les rend complices forcés des actes de leurs collègues. Voilà comment l’exercice d’un droit présenté comme absolu en vient à nier le droit fondamental de la liberté de conscience.
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Ce qui ressort de ces charges successives contre la vie est le caractère idéologique et non-constructif de cette façon de traiter cette question. Comme si l’unique solution à la détresse que vivent les femmes qui envisagent d’avoir recours à l’avortement était l’élargissement de ses conditions d’accès. Les données statistiques de la pratique de l’IVG pour 2019 révèlent que ce sont les femmes aux revenus les plus faibles qui y ont le plus recours. Les « pro-choix », comme ils se nomment eux-mêmes, ne voient pas que pour que ces femmes puissent réellement prendre une décision libre, la première des choses à faire est de leur proposer des alternatives à l’avortement de l’ordre de l’accompagnement social et du soutien financier.
Jamais autant d’avortements n’ont été pratiqués en France qu’en 2019 (232 200). Face à cette situation qui est un enjeu central en matière de santé publique, il est grand temps de sortir des postures idéologiques et de revenir à des orientations et objectifs qui sont les seuls défendables dans une approche humaine de l’écologie, donnant priorité à la vie, à tout homme dès sa conception, respectueux de tous, bébé – et donc embryon et fœtus – compris.





