Décidément Covid et LGBT font bon ménage. En avril, alors que la France était confinée, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État chargée de la lutte contre les discriminations, lançait un plan d’urgence contre les violences anti-LGBT. Ce mercredi, alors que les Français guettent avec méfiance les prochaines mesures sanitaire, le gouvernement a présenté son Plan national d’actions « pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ ». « Les discriminations, les violences et la haine anti-LGBT+ demeurent une réalité dans notre pays. Une réalité inacceptable. Face à ces LGBTphobies, face à cette haine, nous avons une double obligation d’action et de résultats », a déclaré Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances – un titre à rendre jaloux un personnage d’Oumpah pah. Les hôpitaux ont beau tirer la langue et les bistrotiers mettre la clé sous la porte, il y a des obligations de résultats plus importantes que d’autres semble-t-il.
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« Nous devons faire de l’égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bi et trans une égalité concrète et effective, et faire des personnes LGBT+ des citoyennes et des citoyens à part entière dans notre pays », explique fièrement le ministre, même si personne ne sait concrètement ce que signifie de reconnaître aux personnes dit LGBT « le droit d’être des citoyens à part entière ». Jusqu’à présent toute personne avec une carte d’identité française est un citoyen comme un autre, avec les mêmes droits et mêmes devoirs. Après une exposition sommaire des chiffres des « actes homophobes ou transphobes » recensés par les forces de police et de gendarmerie en 2019, d’ailleurs en dessous des chiffres de la même année proclamés par les associations officielles comme SOS Homophobie, et d’autres encore plus difficile à sourcer estimant que « les personnes homosexuelles et bisexuelles ont en moyenne un risque de suicide 4 fois plus élevé que l’ensemble de la population », Élisabeth Moreno a annoncé un plan de « 150 mesures concrètes ».
Reposant sur quatre axes – la reconnaissance des droits des personnes LGBT, le renforcement de leur accès aux droits, la lutte contre la haine anti-LGBT+ et l’amélioration de la vie quotidienne – ce nouveau plan ambitionne d’investir toutes les sphères de la société : la famille, l’école, l’université, le, travail, la santé et même le sport. « Pour que ces mesures aient un impact concret et rapide dans le quotidien des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans, il s’appuiera sur le concours de l’ensemble des services de l’État mais également des collectivités territoriales, des associations ainsi que du secteur privé, et ce sur tout le territoire hexagonal ainsi qu’en outre-mer », a expliqué le ministre. Même dans les quartiers séparatistes ?
Il est ainsi prévu de créer dans chaque académie un observatoire de la haine antiLGBT+ impliquant les associations
Il est ainsi prévu de renforcer le financement des associations, notamment des centres LGBT+, « soutenir les Marches des fiertés sur tout le territoire national » et de « financer des projets associatifs nationaux et locaux ». Pour ces dernières, en plus des subventions directes, elles pourront proposer leurs services pour les multiples formations prévues pour « prévenir les discriminations LGBTphobes » dans la haute fonction publique d’État, territoriale et hospitalière ou encore « former les magistrats à la non-discrimination des familles homoparentales et transparentales ». L’école n’est pas en reste avec près de trente mesures rien que pour elle : « Premier lieu de sensibilisation (…) il faut donner aux enseignants des armes pour combattre l’homophobie et la transphobie, et permettre la bonne inclusion des élèves LGBT+ ». Il est ainsi prévu de créer dans chaque académie un observatoire de la haine antiLGBT+ impliquant les associations, d’élaborer un guide sur l’accueil des élèves et « étudiants trans » à destination de l’ensemble du personnel, notamment sur l’utilisation de la civilité et du prénom d’usage ou encore de « sensibiliser les éditeurs de manuels scolaires afin d’inclure et de rendre visible la diversité des orientations sexuelles, des identités de genre et des familles ».
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Parmi les autres mesures, on notera le développement de la formation continue des référents LGBT+ au sein des commissariats de police et des brigades de gendarmerie, la volonté de « faciliter » le soutien du Centre national du cinéma (CNC) aux festivals de cinéma LGBT+ ; et le projet de réaliser une étude sur la représentation des personnes LGBT+ dans les médias. Bien évidemment, la révision du projet de loi bioéthique est comprise dans le package de mesures : « Ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires et faciliter la reconnaissance de la filiation pour la mère « sociale » pour les enfants nés avant l’adoption de la loi relative à la bioéthique ». Un projet de loi qui « sera définitivement adopté avant la fin du quinquennat », assure Elisabeth Moreno alors qu’il doit être examiné au Sénat en seconde lecture au premier trimestre 2021.
Il y a des priorités plus prioritaires que d’autres.





