Le 28 avril 2026, alors qu’elle se promenait dans la vieille ville de Jérusalem, une religieuse française, dominicaine de l’école biblique est violemment agressée. Après l’avoir bousculée et renversée, son agresseur s’acharne à coups de pied et s’en prend notamment à son visage. Heureusement, la victime n’est que blessée légèrement. Dans les heures qui suivent leur diffusion, les images filmées par les caméras de vidéosurveillance font le tour du monde. La police israélienne a arrêté le suspect le lendemain, un homme de nationalité israélienne de 36 ans et l’a présenté comme un extrémiste juif. Le consulat a condamné l’acte et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a déclaré : « La sanction doit être exemplaire pour que cessent les actes anti-chrétiens qui se multiplient en Terre sainte et que la France, attachée à sa mission historique de protection des communautés et lieux saints catholiques, ne peut en aucun cas tolérer. » Le consul de France à Jérusalem s’est d’ailleurs rendu à l’école biblique de Jérusalem pour soutenir la religieuse agressée.
Jean-Noël Barrot a raison. Les actes anti-chrétiens se multiplient en Terre sainte. Les réseaux sociaux fourmillent d’images d’extrémistes juifs crachant devant les églises, moquant les processions, insultant les pèlerins et molestant les clercs en habits. Les témoignages sont innombrables. « Nous risquons quolibets et crachats », raconte un père dominicain. Dans un autre registre mais tout aussi humiliant et provocateur, on se souvient aussi que le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pizzaballa, avait été empêché par la police israélienne de se rendre à la basilique du Saint-Sépulcre pour la messe des Rameaux. Le scandale avait fait le tour du monde, au point que le gouvernement avait dû présenter ses excuses. Officiellement, les autorités israéliennes condamnent ces manifestations antichrétiennes. Le ministère israélien des Affaires étrangères, a qualifié l’agression de la religieuse française de « honteuse », assurant qu’Israël restait engagé « à préserver la liberté de religion et la liberté de culte pour toutes les confessions ». De même, la Faculté des sciences humaines de l’Université hébraïque de Jérusalem, l’une des principales universités du pays, a fait part de sa « profonde consternation ». Et d’ajouter : « Il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais d’un élément d’un schéma inquiétant d’hostilité croissante envers la communauté chrétienne et ses symboles. »
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Pour autant, ces condamnations officielles pèsent peu. Le père Olivier Poquillon, directeur de l’école biblique de Jérusalem, le reconnaît : « On a une vraie préoccupation face à des dérives qui nous semblent être impunies. Il est certain que le fait que le Premier ministre dépende d’une coalition qui comprend des éléments assez extrêmes, certains acteurs peuvent se sentir autorisés à transgresser toutes les règles qu’une société un temps s’est données. » Ces « éléments assez extrêmes », ce sont Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, deux ministres du gouvernement Netanyahou. Et pas des moindres ! Le premier est ministre des Finances, le deuxième ministre de la Sécurité nationale. En 2023, Itamar Ben Gvir, alors ministre de la Sécurité nationale, à l’occasion d’une agression contre un groupe de chrétiens, avait déclaré que cracher sur des chrétiens n’était « pas une affaire criminelle » et ne « justifie pas une arrestation », même si elle est condamnable. Autrefois, le même Ben Gvir présentait ces crachats sur les chrétiens comme une « ancienne coutume juive » ! Avec son parti Force juive, il a prôné un État d’Israël réservé uniquement aux juifs, sans laisser de place à d’autres confessions.
L’agresseur de la religieuse Yona Schreiber n’est donc pas juste le fait d’un déséquilibré. Il appartient à cette mouvance idéologique, proche de Ben Gvir, qui estime, par exemple, qu’une croix ou un symbole religieux chrétien dans la vieille ville de Jérusalem est une idolâtrie qu’il faut abattre. On comprend et on partage l’inquiétude et l’indignation des chrétiens de Jérusalem.




