Le prolifique Joann Sfar n’en est pas à sa première adaptation de BD : on sent avec Petit Vampire que son studio d’animation est une affaire qui roule, peut-être un peu trop proprement. On peut en effet regretter que sa frénésie graphique, son univers tout en esquisses chatoyantes et en hachures impressionnistes ne soit pas mieux rendu par l’animation. Ici, la direction artistique fait le choix d’une certaine convenance, sans doute pour ne pas effrayer les tous petits, qui sont la première cible de ce dessin-animé sans véritable surprise. On y trouve pourtant tout ce qu’il faut pour remplir le cahier des charges : monstres mignons, amitié inter-espèces, farandoles nocturnes et bateaux corsaires volants…
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Pourtant, assez bizarrement, si la sauce prend bien en bande-dessinée, ce Petit Vampire manque curieusement de liant et perd une partie de sa poésie en passant au grand écran. Aussi, et malgré les références dont Sfar s’encombre un peu inutilement pour achever de convaincre le cinéphile, Petit Vampire décevra peut-être quelques légitimes attentes d’esthètes – à une heure où les techniques mixtes d’animation permettent de réaliser des merveilles. On pourra toutefois y emmener sans crainte ses enfants – le spectacle reste assuré et ancré tout de même dans une belle mythologie personnelle, qui emprunte autant au panthéon judaïque qu’à l’indolence safranée du monde méditerranéen.
Petit Vampire de Joann Sfar avec les voix de Camille Cottin, Alex Lutz et Jean-Paul Rouve. 1h21. Sortie le 21 octobre.





