Vous attendiez-vous à ce qu’un professeur finisse un jour décapité pour un cours d’éducation civique en France ?
On pouvait s’attendre à des insultes, à des reproches, mais pas à une décapitation. Il y a souvent des conflits entrer les parents d’élèves et le corps enseignant, j’en ai été témoin. Mais j’avoue que je ne m’attendais pas à un meurtre.
Qu’est-ce qui a pu conduire un réfugié tchétchène de 18 ans à un tel acte ? A-t-il agi seul ou sous l’influence d’une communauté entière ?
Je ne peux rien affirmer avec certitude. Kouachi et Merah étaient-ils des loups solitaires ? Moi, je ne le crois pas. Anzorov a été formé à décapiter. Je ne pense pas qu’à 18 ans, on ait envie de tuer. Je pense qu’il était en contact avec le père avant même la polémique. Avec mon expérience du terrain, j’en suis même persuadée. Il y avait déjà un groupe formé. Ces gens se préparent. On envoie toujours le plus faible psychologiquement, le hmal comme ils disent. On garde vivant l’intellectuel. C’est une armée de réserve islamique dans le pays.
Cette situation évoque-t-elle l’Algérie des années 90 ?
C’est en effet copié-collé sur l’Algérie des années 90. Ils ont tué les intellectuels, les journalistes, etc. Ils ont voilé les petites filles. Sauf qu’en France, c’est encore plus dangereux car il n’y a pas un seul mouvement comme le FIS, mais une nébuleuse de mouvements islamistes. Quand vous coupez une tête, il en pousse une autre. Ce sont des personnes formées et organisées.
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J’ai connu Pantin et j’avais dénoncé dès 1999 des mouvements à Aubervilliers, quand je travaillais à la première « Maison des Parents » : j’avais vu qu’on changeait les gymnases en salles de prière. C’est une des premières villes où l’islamisme est entré.
Que pensez-vous de la dissolution d’une association comme le CCIF ?
Les dissoudre est inutile, car l’idéologie est déjà implantée. Ils ont semé des graines et en récoltent les fruits. Ça ne changera donc rien. Ces associations ont déjà fait beaucoup de dégâts. Le CCIF leur a aussi permis de gagner beaucoup, beaucoup d’argent. Il est grave qu’ils arrivent à traîner des gens devant les tribunaux, ce qui est mon cas avec l’affaire du café de Sevran. Ils ont des intellectuels, des médecins, des avocats, des personnes fortunées avec eux. Sans compter tous les supplétifs, les petites mains de l’islam politique.
Qu’avez-vous à dire sur ces élus locaux qui se réveillent en résistants de l’islamisation, mais ont pactisé pendant des décennies ?
Ils devraient être jugés. Comme François Pupponi, le maire de Sarcelles. En 2016, il m’avait dit ne pas être dérangé par les tables halals dans les cantines. Ils ont tous contribué par intérêt électoral à l’implantation de l’islam politique. Je trouve les citoyens français beaucoup plus courageux que leurs élus.
Propos recueillis par Gabriel Robin





