Formé dans les années 50 à la Nikkatsu où il réalise une flopée de séries B, Seijun Suzuki impose très vite un style expérimental et baroque qui culminera avec La Marque du Tueur, œuvre désormais culte mais qui lui vaudra d’être licencié par sa boîte de production. Sa faute : avoir commis une sorte de polar abstrait, contemplatif et presque muet. Suzuki revient en 1980 sur le devant de la scène grâce à un jeune producteur qui lui propose d’adapter un roman à succès se déroulant pendant l’ère Taisho (1912-1926).
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L’occasion pour Suzuki de réaliser non pas un mais trois films, à la beauté sidérante, qui rendront hommage à cette période de changement, où l’archipel semble sortir d’un rêve antique pour plonger dans une nouvelle fiction, celle du progrès. Suzuki s’y affranchit totalement de toute exigence narrative et sa trilogie répond à la logique du songe, de la juxtaposition et du collage. En véritable peintre, le cinéaste compose des plans à la beauté époustouflante et élabore des histoires absconses, héritées du récit de fantômes et de romances complexes avec des femmes spectrales. Exigeant, certainement, mais aussi stupéfiant et intemporel.
La Trilogie Taisho de Seijun Suzuki. Coffret de 3 DVD. Sortie le 1er décembre





