Sans conteste aucun, le XVe siècle est l’une des périodes les plus fascinantes de l’histoire nationale. Tout s’y joue peu ou prou, et c’est elle qui accouchera de l’État-nation français moderne, animé par l’esprit de la Renaissance et sur le point de dominer l’Europe. Peu de choses n’ont pas déjà été écrites à son sujet, mais le célèbre médiéviste Philippe Contamine réussit pourtant à lui porter un éclairage nouveau. Se soustrayant à l’essai d’histoire politique classique, il multiplie les points d’entrée dans d’érudits et dynamiques essais, ayant pour fil conducteur la perception qu’ont eue de Jeanne d’Arc ses contemporains et leurs descendants.
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Modernité de la Guerre de Cent ans, perception de l’histoire et du mythe johanniques, Jeanne jugée par un ecclésiastique ou par un juriste pro-anglais, rapport avec la noblesse, la chevalerie et les pouvoirs locaux, réception historiographique du XVe au XIXe siècle : le kaléidoscope johannique est des plus intéressants, bien que nécessairement rendu inégal par les subjectivités de chacun. Parmi d’autres, on retiendra un fort joli chapitre sur la Jeanne d’Arc séductrice, manipulatrice et diabolique peinte par William Shakespeare dans sa pièce Henry VI. Perfide Albion !

Éditions du Cerf, 384 p., 25€





